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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Cette réflexion sur le viol se heurte
constamment à l'impuissance de la logique dans ce type de création artistique extatique dont le tableau de Magritte, Le Viol, constitue l'excellente métaphore. Il choque nos sensibilités
en transformant en visage le corps d'une femme. « Dans ce tableau, dit Magritte, un visage de femme est constitué par les détails essentiels du corps. Les seins sont devenus des
yeux, le nez est figuré par le nombril et les organes sexuels remplacent la bouche » (Écrits complets, 144). Non seulement la logique se voit violée dans ce tableau, mais le
corps de la femme se trouve transposé dans une autre réalité où la met le viol, la réalité de cet état en dehors de l'humain, le fruit du dérèglement de tous les sens où plus aucune partie du
corps ne reste vraiment à sa place.
Autres billets sur le livre de Rennie Yotova
III/ Fantasmes de viol dans la littérature
IV/ Fantasmes dans Le Voyeur d'Alain Robbe-Grillet
V/ Que devient un corps violé ?
*/ Le pardon
***/ Viol et violence à travers Virginie Despentes
****/ Métaphorique du viol chez Robbe-Grillet en l'associant à l'acte de l'écriture
***** L'écriture peut donner un sens au viol par Rennie Yotova
Vivre
après l'insceste – Haïr ou pardonner ?
L'enfant ne peut pas penser que l'instituteur, le médecin ou le juge sont des indicateurs de repères sociaux qui le concernent. L'adulte tiers, celui qui n'est ni papa ni maman, n'existe pas avec assez d'intensité dans le psychisme de l'enfant. La comparaison avec un pays totalitaire où règne un tyran arbitraire et égocentrique est parlante : celui qui y vit ne peut pas penser qu'il y a un salut en dehors, qu'il a un moyen d'échapper à la tyrannie. Le monde mental que constitue la famille évoque à une petite échelle la situation d'un citoyen dans un pays totalitaire. Comme lui, l'enfant se sent prisonnier, il est enfermé dans un système clos.
…/…
Deuxième élément, plus subtil que la violence, c'est la menace que distille le père, c'est une ambiance menaçante, une tension : l'enfant étant un être en devenir, son psychisme étant fragile, comment va-t-il réagir face à des menaces voilées ? Beaucoup d'enfants disent : « Je ne savais pas trop ce que je risquais. » La menace n'étant pas nommée, n'étant pas identifiée, l'enfant ne peut l'imaginer que redoutable : « Si je ne m'exécute pas, si je ne me laisse pas faire, si je parle, je vais subir un châtiment. » Cette menace indéterminée laisse le psychisme de l'enfant dans un état totalement démuni, car la violence potentielle est plus terrible que la violence physique elle-même.
Voir aussi les billets concernant le livre de Roland Coutanceau :
1/ Vivre après l'inceste Haïr ou pardonner
2/ Peut-on pardonner ?
3/ Un silence difficile à rompre
4/ Désordres relationnels et sexuels
5/ Le père incestueux
*/ L'enfant investi d'une sorte de mission
6/Les milieux sociaux et culturels
7/ Quelques conséquences sur les survivantes
8/ Le dévoilement
L'une des règles des familles dysfonctionnelles, l'interdiction d'éprouver, empêche l'enfant intérieur de simplement
savoir ce qu'il ressent. Dans ces mêmes familles, une autre règle, celle du silence, prohibe l'expression des émotions. Dans certains cas, cela signifie que certaines émotions seulement peuvent
être exprimées, car la règle du silence varie d'une famille à l'autre. Dans ma famille toutes les émotions étaient proscrites, excepté la culpabilité. Les émotions étaient vues comme des signes
de faiblesse. Combien de fois ne m'a-t-on pas répété : « Ne sois pas si émotif ! » Sous cet aspect, ma famille n'était nullement différente des millions de familles occidentales qui véhiculent le
résultat de trois siècles de « rationalisme ». Le rationalisme considérant la raison comme la faculté suprême, le fait d'être raisonnable est l'essence de notre humanité, alors que se montrer
émotif n'est rien moins qu'humain. En matière d'émotions, la règle appliquée dans la plupart des familles occidentales procède du refoulement et de l'humiliation.Autres billets par Gérard Lopez :
Date de sortie cinéma : 2 mars 1983
Film déjà disponible en DVD depuis le : 1
février 2008
Film déjà disponible en Blu-ray depuis le :
23 septembre 2008
Réalisé par Ted Kotcheff
Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy, plus
Titre original : First Blood
Interdit aux moins de 12 ans
Long-métrage américain
Genre : Action
Durée : 01h37min
Année de production : 1982

Synopsis : John Rambo est un héros de la Guerre du Vietnam errant de ville en ville à la recherche
de ses anciens compagnons d'armes.
Alors qu'il s'apprête à traverser une petite ville pour s'y restaurer, le Shérif Will Teasle l'arrête pour vagabondage. Emprisonné et maltraité par des policiers abusifs, Rambo devient fou
furieux et s'enfuit dans les bois après avoir blessé de nombreux agents.
Traqué comme une bête, l'ex-soldat est contraint de tuer un policier en légitime défense. Dès lors, la police locale et la garde nationale déploient des moyens considérables pour retrouver le
fugitif. Le Colonel Trautman, son mentor, intervient et essaie de dissuader les deux camps de s'entre-tuer pendant que Rambo, acculé et blessé, rentre en guerre contre les autorités.
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