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11 mars 2000 6 11 /03 /mars /2000 09:10

Vanistendael Le bonheurPage 86
Notons au passage que Jacques considère que divers éléments essentiels lui ont permis de parvenir à un équilibre personnel à l'âge adulte, en particulier la découverte de l'amitié et le fait d'avoir pardonné à son père. « Je fais, dit-il, une nette distinction entre les actes et la personne. Certains des actes de mon père ont été inhumains, mais lui reste un être humain, et je peux essayer de le comprendre, malgré tout. »

Il existe de nombreux témoignages d'individus résilients qui ont vécu une expérience similaire. D'ailleurs, plusieurs études ont montré que nombre de parents qui ne reproduisent pas la violence subie dans leur enfance ont pardonné à leurs parents, sans les idéaliser pour autant 21.
Le pardon a cependant parfois mauvaise réputation, essentiellement en raison d'une compréhension fausse de ce qu'il représente. Tout d'abord, on assimile souvent le pardon à de la faiblesse, voire à l'acceptation résignée du mal commis, ce qui laisse l'autre libre de commettre d'autres méfaits.

De plus, certaines personnes souhaiteraient pardonner à leur agresseur, mais disent qu'elles n'y parviennent pas. Cela procède d'une confusion entre deux composantes successives du pardon. Il y a en effet tout d'abord le pardon « intellectuel », qui constitue le véritable acte de pardon. C'est une décision guidée par la volonté et éclairée par la réflexion, qui exprime la volonté de briser le cycle de la violence. Puis il y a le pardon émotionnel, c'est-à-dire la disparition des sentiments d'amertume, qui, lui, ne dépend pas de la volonté de la personne et peut prendre beaucoup plus de temps. Une personne peut donc très bien avoir pardonné alors même qu'il lui faudra encore beaucoup de temps avant que ces sentiments ne soient apaisés.
Mais l'erreur la plus significative – et la plus fréquente ? – est probablement de croire que pardonner signifie oublier, effacer ce qui s'est produit, repartir de zéro comme si rien n'avait eu lieu.

Or, l'oubli de certains traumatismes est impossible ; ou alors, lorsqu'il se produit, c'est sous l'effet d'un déni qui, s'il dure trop longtemps, peut se révéler plus pathogène que la confrontation à la réalité.

De plus, nous venons de voir qu'avoir une pleine conscience de la violence subie dans l'enfance aide à ne pas la reproduire. Une leçon essentielle que nous enseigne l'expérience des personnes résilientes est précisément qu'on ne revient jamais en arrière. Le méfait laisse dans l'histoire personnelle une trace indélébile, mais c'est à partir de cette trace qu'il faut tenter de reconstruire du nouveau. Ainsi, de même que la résilience, « le pardon est plus un acte qui invente un avenir qu'un acte qui efface le passé 22 ».


21. M. Main et R. Goldwyn, «Predicting rejection of her infant from mother's 
representation of her own experience: implications for the abused-abusing interge- 
nerational cycle », op. cit., p. 215. B. Egeland, D. Jacobvitz et A. Sroufe, «Breaking 
the cycle of abuse », op. cit., p. 1087.
22. A. Houziaux, « Le pardon peut-il guérir ? », Réforme, 3 décembre 1994.


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