Partager l'article ! 11/ L'individu transforme et assimile ses souvenirs douloureux, en même temps qu'il se construit sa personnalité par Jorge Semprun: Page 172 ...
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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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« Je n'ai pas voulu dire autre chose que ceci : c'est que la littérature est possible seulement au terme d'une première ascèse
et comme résultat de cet exercice par quoi l'individu transforme et assimile ses souvenirs douloureux, en même temps qu'il se construit sa personnalité... »
Je m'enfonce dans le silence, dans l'épuisement du désir de Vivre.
– Vous êtes revenu il y a trois mois, poursuit-elle. Jamais vous ne m'avez dit un mot de Buchenwald. Du moins directement. C'est
étrange, exceptionnel même ... Je connais d'autres résistants revenus de déportation... Ils sont tous saisis par un véritable vertige de communication ... De tentative de communication, en tout
cas ... Un délire verbal du témoignage... Vous, c'est le silence le plus lisse...
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