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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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11 mars 1986 2 11 /03 /mars /1986 06:06

Fractal goutte détourée

Le 22/07/07 20:33, « Georg… » <georg@….de> a écrit :

> Ma chère Camille

> tu m'écris : il manquait des lettres dans le livre. Mon relecteur les veut. J'étais incapable de les relire. Je t'envoie celle-là insérée dans mon livre parce que je ne comprends toujours pas ce qui s'est  passé entre nous…"

> Je ne veux pas que tu cite mes lettres ou mon nom dans ton livre ou quoi que soit que fasse référence a mon identité.

> J'ai un droit a ma vie privée. Et malgré le grand amour qui nous a lié dans le passée (et que je n'ai pas oublié) j'avais et j'ai le droit a choisir une autre vie. Excuse moi le Français très mauvais, mais je croix que tu me comprends au moins par rapport a ce désir.

> Georg.

 


Freud évoque le rôle joué dans la honte par le passage du privé au public. « un auto-reproche se transforme en honte si quelqu'un d'autre vient à l'entendre ».


 

Boston, 11 mars 1986

Ma chère Camille,

Je t’écris après ma première journée de travail à Boston. Il est minuit maintenant et je suis rentré il y a une demi-heure de ma première visite de la ville. Même si je suis tout au début de mon séjour il y a un nombre infini de nouvelles expériences que j’ai faites en si peu de temps.

J’ai eu des discussions intensives avec tous les membres du Projet et je connais très bien maintenant ce que je dois faire. Je suis très content d’avoir découvert que ce que je dois faire correspond entièrement à ce que je veux faire. C’est un sentiment complètement nouveau pour moi de pouvoir faire toute la journée ce que j’ai envie de faire et de recevoir pour cela la reconnaissance officielle et les sous. Il n’est quand même pas tout à fait clair quant à savoir si ça va rester comme cela.

Mais voyons !

Quant à l’Amérique, il faut dire que Boston est certainement une des plus belles villes d’Amérique et un des centres intellectuels, non, le centre intellectuel du pays, mais l’échelle est relative. Je n’aime pas l’Amérique et je ne l’aimerai jamais. Je suis très conscient que je ne suis pas ici pour étudier la culture américaine, mais pour chercher mes fortunes professionnelles. Et quant à ça, j’ai l’impression que je suis vraiment dans une position excellente ici. Tout le monde, tout le monde ça veut dire, dans mon champ : l’histoire des sciences, vient à Boston. De ce fait aussi, il y a plein de gens très intéressants ici et je crois même que j’ai trouvé, dans ces premiers jours, de nouveaux amis ici.

Sans l’espérance de te voir dans quelques jours (disons) je serais très malheureux. C’est bizarre, j’ai tellement besoin de toi et en même temps mon amour me donne la force et la patience de t’attendre sans souffrir. Toutes les choses que je fais, je les fais avec la conscience de les faire pour toi aussi. Tu verras, on peut très bien vivre ensemble ici.

J’aurai très envie de t’en dire plus à propos du Projet Einstein, parce qu’il y a aussi des aspects qui sont très touchants d’un point de vue humain, mais je suis trop fatigué maintenant. C’est vraiment un Nouveau Monde qui s’ouvre devant mes yeux maintenant et il y a beaucoup d’expériences et impressions profondes que je veux partager avec toi.

Dans le peu de temps libre qu’il me reste, je lis, avec un extrême plaisir : Émilie, Émilie. C’est un très beau livre, et j’ai découvert un épisode dans la vie de Madame du Châtelet qui est très intéressant pour l’histoire des sciences et qui est brièvement mentionné dans le livre, mais qu’il faut encore explorer : voilà, mon prochain séjour à Paris sera un séjour de recherche sur Émilie Émilie.

Dans ma tête fatiguée, il m’est resté une seule pensée : je t’aime.

Georg.


Autres lettres des Interdits ordinaires

20 février 1986 – La première lettre
23 février 1986 – Va trouver les Français où le destin t’appelle 
12 juin 1986 – Boston, lettre manuscrite de Camille Août 1989 – Il n’y a plus de nous dans ce qu’il dit, il y a je et il y a tu
6 décembre 1990  — "C’était trop pour moi et c’est toujours trop"
20 février 1990 – Tortionnaire !
28 juillet 1991 — Lettre syndrome d'anniversaire
27 juillet 2005 – Renouer des liens – syndrome d'anniversaire

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Published by E.T. Documentaliste - dans Lettres des Interdits ordinaires
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