Partager l'article ! 2/ Autofiction, dans "Je suis debout" de Chérif Delay: Page 14 Alors, ce livre, ce film qui se tourne parallèlement me permettent ...
|
Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
|
Alors, ce livre, ce film qui se tourne parallèlement me permettent de remettre de l'ordre dans cette exubérance insupportable.
Parfois, les souvenirs se chevauchent, les dates s'estompent. Jamais les faits. Écrire pour survivre ? Non, j'ai survécu sans le faire, mais si mal.
Écrire pour avoir un passé, même s'il n'est pas simple. Écrire pour ne plus être ce passé.
En permanence. Je n'ai que 21 ans mais je trimbale des valises aussi lourdes que trois siècles. Quand j'y pense froidement, je sais que la vie est devant moi.
Mais mon corps et mon âme me tirent sans arrêt en arrière. Alors j'écris pour pouvoir poser ce livre à côté de mon lit et me dire :
– Ta vie est là, désormais tu peux dormir…
Autres billets sur le livre Je suis debout de
Chérif Delay
1/ Outreau
– Je suis debout par Chérif Delay
3/ La responsabilité du
suicide de l'un des acquittés d'Outreau
4/ La suite, je l'ai vécue comme
pendant les viols. Dissosié. J'étais à la barre, mais totalement absent
5/ C'était
plus fort que moi, je ne
pouvais m'empêcher de chercher à détruire la famille
d'accueil qui m'offrait ce que je n'avais jamais connu par Chérif Delay
Derniers Commentaires