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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 08:32

Mary Shelley par Cathy BernheimPage 86
Elle a dix-huit ans, ne l'oublions pas, quand elle conçoit son monstre.
Et presque le même âge quand elle a son premier enfant.
Comme les jeunes mères, elle est encore assez proche du bébé qu'elle était pour s'identifier à celui qu'elle vient de mettre au monde. L'échec de cette vie est son échec. La mort de la petite fille de onze jours la frappe un peu comme si c'était sa mort à elle. Dans une sorte de répétition morbide, elle y rejoue sa naissance, peut-être pour dire à Mary Wollstonecraft : et si, au bout de ces onze jours-là, 
c'était moi qui n'avais pas survécu ? Alors (ajoute la survivante en elle), on dirait que c'est un jeu, et je rêverais qu'en me frottant devant le feu, on me fait revivre. Prométhée n'est pas loin.
On peut aussi penser qu'elle décompte chaque heure de ces onze journées, pour séparer enfin dans son esprit le moment où elle a vu le jour de celui où Mary Wollstonecraft a fermé les yeux : afin que sa naissance soit à jamais distincte de la mort de sa mère.

Quand on relit Frankenstein à la lumière de la psychanalyse et des récentes théories d'observation des bébés (dont Brazelton, en France, est le vulgarisateur le plus connu), le monstre apparaît de toute évidence comme un bébé découvrant tour à tour chacun de ses cinq sens. Mais le créateur reste le créateur. Les interprétations mâtinées de psychodigest faisant de Victor Frankenstein et du monstre une seule et même personne passent à côté de quelque chose d'essentiel. Si le public pense aujourd'hui que le monstre s'appelle Frankenstein, ce n'est pas forcément qu'il confond le créateur et 'la créature: c'est aussi que, le monstre n'ayant pas de nom, il faut bien lui en donner un. 
Et dans nos société patriarcales, le fils de F rankenstein s'appelle Frankenstein.
Notons à ce propos que, très vite en Angleterre, les directeurs de théâtre qui mettaient à l'affiche une des nombreuses adaptations théâtrales de Frankenstein prirent l'habitude de laisser une ligne blanche face au nom de l'acteur qui incarnait le monstre. Apprenant cela, Mary Shelley commente avec satisfaction :
This nameless mode of naming the uneamable is rather good. 
(<< Cette absence de nom pour nommer l'innommable est plutôt bonne.»)

 


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Published by Cathy Berheim - dans Identité
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