Partager l'article ! 21 février 1986 – deuxième lettre des Interdits ordinaires et Georg parle d'argent: Le 22/07/07 20:33, « Georg… » &l ...
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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Le 22/07/07 20:33, « Georg… » <georg@….de> a écrit :
> Ma chère Camille
> tu m'écris : il manquait des lettres dans le livre. Mon relecteur les veut. J'étais incapable de les relire. Je t'envoie celle-là insérée dans mon livre parce que je ne comprends toujours pas ce qui s'est passé entre nous…"
> Je ne veux pas que tu cite mes lettres ou mon nom dans ton livre ou quoi que soit que fasse référence a mon identité.
> J'ai un droit a ma vie privée. Et malgré le grand amour qui nous a lié dans le passée (et que je n'ai pas oublié) j'avais et j'ai le droit a choisir une autre vie. Excuse moi le Français très mauvais, mais je croix que tu me comprends au moins par rapport a ce désir.
> Georg.
Freud évoque le rôle joué dans la honte par le passage du privé au public. « un auto-reproche se transforme en honte si quelqu'un d'autre vient à l'entendre ».
Kleinstadt, 21 février 1986
Chérie,
Voilà la seconde lettre que j’écris encore avant d’avoir envoyé la première, parce qu’il y a déjà des nouvelles : ce matin, j’ai prénoté nos vols en Amérique.
(Évidemment, j’ai prénoté à ton nom.)
Je ne peux pas envoyer le ticket parce qu’il faut payer le ticket dans l’avion. Ça c’est People’s Express, you know, it’s just like the ratp. Le prix pour un voyage est de cent quatre-vingt-huit dollars, et, effectivement, il faut payer en dollars. À ce point là, je te fais une proposition : où tu me donnes ton numéro de compte (de la banque) ou plus simplement, je t’envoie deux billets de cent dollars (ou plus si tu as besoin) dans la prochaine lettre.
Que puis-je dire encore ?
Camille, je t’aime. Et je ne sens aucune sentimentalité ou passion quand je dis ça. C’est justement que je veux essayer de vivre avec toi, je pense à toi avec prudence, avec patience, avec décision et avec amour.
Georg
Autres lettres des Interdits ordinaires
20 février 1986 – La première lettre
23 février 1986 – Va trouver les
Français où le destin t’appelle
11 mars 1986 – Tu verras, on peut très bien vivre ensemble
ici
12 juin 1986 – Boston, lettre manuscrite de
Camille
Août 1989 – Il n’y a plus de nous dans ce qu’il dit, il
y a je et il y a tu
6 décembre 1990 — "C’était trop
pour moi et c’est toujours trop"
20 février 1990 – Tortionnaire !
28 juillet 1991 — Lettre syndrome d'anniversaire
27 juillet 2005 – Renouer des liens – syndrome
d'anniversaire
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