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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Page 33
Ne pas se laisser abuser... par les mots !
La notion d'abus, dans le contexte présent, est habituelle mais peu rigoureuse si l'on veut bien se rappeler que selon la
définition courante, celle des dictionnaires, l'abus qualifie un excès, une exagération dangereuse. Ici, on n'est pas dans ce registre. Il n'existe pas de limite à partir de laquelle ce type de
rapport envers un enfant deviendrait excessif, on est dans la transgression dès l'abord. L'usage du mot « abus » résulte sans doute de la traduction de l'anglais
abuse, qui correspond à cette réalité et est donc un « faux ami ». Quoi qu'il en soit, le terme est malencontreusement utilisé en langue française, dans la définition de l'Observatoire de
l'Action Sociale Décentralisée (ODAS) par exemple :
« L'enfant maltraité est celui qui est victime de violences physiques, cruauté mentale, abus sexuels, négligences lourdes,
ayant des conséquences graves sur son développement physique et psychologique. »
La substitution du mot « abus » par agression ou atteinte sexuelle serait plus appropriée et en parfaite
conformité avec les dispositions du Code pénal.
Dans le même ordre d'idées, il faudrait éviter l'expression « se faire violer » au profit « d'être
violée » pour bien signifier que le viol est commis sur une victime non consentante, livrée sans défense à un criminel dominateur ; bannir l'expression médiatique « tournante » qui
banalise le crime de viol collectif en en faisant une sorte de jeu (les jeunes ne s'y trompent pas lorsqu'ils parlent de « plan pétasse ») ; et surveiller son vocabulaire lorsque l'on parle de
viol ou d'agression sexuelle, car le langage entretient le déni ou banalise le crime au profit des agresseurs qui parlent d'erreur, de dérapage, d'incompréhension, etc.
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