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  • : Autofiction Inceste Résilience
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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 11:07
Fractal goutte détouréePremier recueil
Chapitre 4
Troisième partie
Emission "Médiations"

Elle regrettait de lui avoir dit que son père l’avait violée. On ne dit pas un si grand secret. En un sens, Georg l’avait trahi, n’avait rien compris et son abandon se révélait pire que le viol. La rupture se consommera lorsque, quatre ans après le dévoilement, il larguera le secret à sa mère. Non-assujetti au secret, il pouvait le larguer, mais il perdra aussi sa neutralité bienfaitrice envers Camille. En fait, celle-ci admettait une réflexion qu’elle avait entendue en réunion : « comme l’ont fait nos aînées, ne vaut-il pas mieux qu’ils ne le sachent pas et que nous, les violées, sachions ou tentions de nous convaincre que nous ne sommes pas des putains. » Le viol était un état de fait dont il s’avérait difficile de se défaire. Un mot latin : incestus qui se traduit par non chaste, impur, souillé, un mot collé, un mot qu’elle voulait impropre, mais qui la stigmatisait. Camille se répétait que la divulgation se paie un jour où l’autre. Que notre société puni ceux qui parlent et qu’il lui faudrait en passer par là. Partager le secret avec un grand amour était un espoir, une lumière ; le trahir et le remplacer par l’abandon, c’était la mort. Camille revoyait Georg affronter ses parents sur leur comportement pendant le troisième Reich, elle avait envie de lui dire de s’occuper de son comportement à lui parce qu’elle le projetait comme le mari aryen qui divorce de sa femme juive lorsque l’autorité le lui demande.

Le lendemain elle avait endossé le rôle de la victime solide devant six millions de spectateurs, mais elle savait que son tuteur de résilience s’était défilé et qu’elle devait faire avec les six millions et sans le tuteur. Elle prenait conscience de la trace plus menteuse. Elle n’était pas encore en mesure de vivre avec l’existence du viol, même si elle affirmait le contraire, mais elle ne serait plus obligée d’oublier. Cette émission avait eu lieu, elle était transcrite : Camille n’était plus une affabulatrice.

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