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Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 18:03

Vigan-de-Delphine---Nuit.jpgPage 59

Dans les dîners et les soirées, il faisait rire et 
continuait de capter l'attention. La parole était l'expression de son pouvoir, de sa puissance. Georges avait le 
verbe haut, précis, académique. Il fustigeait chez les 
autres les accords malencontreux, les fautes de syntaxe, 
les approximations sémantiques. Georges maîtrisait la 
grammaire française à la perfection et n'ignorait aucun 
mot d'argot. Des relents d'amertume l'assaillaient parfois, au détour d'une soirée, d'une conversation ou d'un 
mauvais film, et bientôt se formerait dans sa gorge une 
boule de colère qui ne cesserait d'enfler.

Un jour qu'il regardait dans le vide depuis plusieurs 
minutes, étranger au bruit qui l'entourait, Lisbeth, 
inquiète, avait rejoint sa mère dans la cuisine.
– Ce n'est pas papa qui est là.
– Comment ça ?
– C'est un homme qui a mis un masque qui ressemble à papa. Mais j'en suis sûre: ce n'est pas lui.  
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Par Delphine de Vigan - Publié dans : Dissociation - Communauté : "Psychologie interdite"
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