Partager l'article ! 4/ La psychose passagère, lors des viols par inceste, selon Ferenczi: p. 78 Dans « Principe de relation et néocatharsis », Ferenczi é ...
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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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p. 78
Dans « Principe de relation et néocatharsis », Ferenczi
écrivait que « parents et adultes peuvent en fait vraiment
aller très loin dans leur passion érotique pour les
enfants ( ... ) »1, et ce même texte
proposait des hypothèses sur la constitution de l'amnésie consécutive au
traumatisme en invoquant la constitution d'une « psychose passagère » comme première réaction à un choc.
La psychose
passagère se conçoit comme « une rupture avec la réalité, d'une part sous forme d'hallucination négative (perte de conscience ou évanouissement hystérique, vertige), d'autre part souvent sous la
forme d'une compensation hallucinatoire positive immédiate qui donne l'illusion du plaisir »2. Sous l'effet
du choc, il y aurait
« clivage psychotique d'une partie
de la personnalité » mais « cette partie clivée survit en
secret ( ... ) »3.
Car l'amnésie radicale n'est pas l'unique moyen de
tenter de se défendre de tels traumas, et l'un des apports essentiels de la
réflexion de Ferenczi est sa compréhension de l'ampleur des clivages qui se mettent en
place : l'enfant est clivé, il est « à la fois innocent et
coupable, et sa confiance dans le témoignage de
ses
propres sens est brisée »4. Ferenczi en vient à décrire
la nécessité d'une « autodestruction psychique » qui,
en tant que
facteur délivrant de l'angoisse, est préférée à la souffrance muette.
___________________________________
1. S. Ferenczi (1930), Principe de relaxation et néocatharsis,
in Psychanalyse /V (/927-/933), Payot, 1982, p. 93.
2. Ibid., p. 94.
3. Ibid.
4. S. Ferenczi (1933), Confusion de langues ... , op. cit., p. 131.
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