Partager l'article ! 5/ Sandor Ferenczi a placé ses recherches sous le signe du traumatisme par Serge Tisseron: Page 22 Sandor Ferenczi Si Freud a placé ...
|
Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
|
Page 22
Sandor Ferenczi
Si Freud a placé l'ensemble de ses recherches sous le signe de la
sexualité, un autre psychanalyste qui lui était contemporain, Sandor
Ferenczi, a placé les siennes sous le signe du
traumatisme.
L'originalité de Ferenczi, s'agissant de la honte, est d'avoir ouvert deux voies nouvelles :
• d'une part le traumatisme – et donc la honte qui peut lui être liée – n'est pas seulement sexuel : il consiste dans l'apport massif de libido dans un psychisme mal préparé à y faire face, et peut donc être lié à la violence, à la maladie, à la mort
• et d'autre part, la honte éprouvée
est parfois celle d'un autre que le sujet a installé à l'intérieur de
lui.
Dans un article intitulé « Confusion des langues entre les adultes et
l'enfant » (1933, Psychanalyse 4), Ferenczi a introduit une approche de
la honte qui s'est révélée
particulièrement féconde. En cas d'agression, le
sujet agressé peut s'identifier à son agresseur.
Cela survient en particulier lors d'agressions sexuelles dont un enfant est la victime de la part d'un adulte. Or, il y a des séducteurs qui ont honte de leur conduite, et l'enfant séduit risque toujours de faire sienne cette honte.
En outre, il n'est pas rare que le séducteur, une fois consommée la séduction, fasse honte à l'enfant de ce qu'ils ont fait ensemble, lui reprochant d'avoir accepté ses avances séductrices ou même l'accusant d'avoir été l'initiateur de la séduction. Il injecte alors en quelque sorte sa propre honte à sa victime.
Autres billets sur le livre La Honte de Serge Tisseron
1/ Serge Tisseron – La Honte - Psychanalyse d'un lien
social
2/ Le rôle joué dans la honte par le passage du privé au public
3/ Au sujet de l'angoisse de honte & de
l'angoisse de culpabilité par H. M. Lynd
4/ Une attitude maternelle intrusive peut favoriser la mise en place
de réponses de honte
aux difficultés de l'environnement
6/ La personne "idéal du moi" dont la victime porte
la honte
Derniers Commentaires