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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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9 mars 2009 1 09 /03 /mars /2009 09:08

Cyrulnik Je me souvienspage 59
Hier soir, en revenant sur les traces du passé, j'ai fait exactement ce que je demande de ne pas faire.

Dans les théories de la résilience, on explique qu'il faut « faire quelque chose » de sa blessure, transformer le souvenir, remanier le passé, par un engagement philosophique, littéraire, religieux ou politique… de façon à maîtriser la représentation du passé.

Si l'on ne fait pas cela, le passé s'impose à nous, on laisse revenir la trace enfouie dans la mémoire. Mais si on la laisse revenir sans la maîtriser, c'est parfait pour déclencher les angoisses. En revivant les circonstances de mon arrestation, j'ai fait revenir la trace du passé sans la maîtriser, sans l'élaborer, sans beaucoup en parler. J'ai laissé revenir les conditions de l'arrestation et ça m'a fait passer une très vilaine nuit. En fait, dans mon enfance, j'ai certainement fait un travail de transformation de mes blessures et, par la suite, j'ai « fait quelque chose » de cette enfance fracassée. Ça m'a rendu complètement psychiatre et, très tôt, je me suis interrogé : « Quelle est cette manière d'établir des rapports entre les humains ? Il faut que je comprenne ce qui se passe dans la vie. »


C'est ainsi que je me
« Suis mis à lire, à rencontrer des gens, à poser des questions. On disait que j'étais bavard comme une pie. Effectivement, je questionnais tout le monde, j'interrogeais pour comprendre, j'interpellais mon entourage :

« Je voudrais que vous m'expliquiez comment de telles choses ont été possibles ! » 
Très tôt, j'ai eu cette « rage de comprendre », ce désir de m'engager psychologiquement, politiquement, humainement, pour essayer de limiter les dégâts et, bien sûr, comme tout le monde, pour empêcher que cela ne se reproduise. Et pourtant, ça se reproduit encore aujourd'hui.


Autres billets tirés du livre De chair et d'âme
2) Epistémologie de la ratatouille

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commentaires

Nina 18/07/2010 09:38



Moi, j'écris. L'écriture est rédemptrice, salvatrice et m'empêche de disjoncter.



E.T. Documentaliste 18/07/2010 09:54



Bonjour Nina !


Quelle merveille que les blogs : le billet à peine posté et voilà déjà votre commentaire.


Ça pour aujourd'hui, je suis bien d'accord avec vous.  C'est la grande question de l'étude que je suis en train de faire : l'autofiction permet-elle la
résilience ?


Ma leclture de ce matin de la page 59 de : Je me souviens, nous donne une réponse qui permet d'avoir plein d'espoir sur les bienfaits de l'écriture.
Il a un peu craqué Papa Cyrulnik sur ses angoisses et il nous laisse entendre aussi que le passé n'est pas à enfouir, mais à analyser. J'avais toujours l'impression
en le lisant qu'il faisait abstraction de l'histoire, mais là, il y participe enfin. Alors nous tous et nos multiples questions ? Quand aura-t-on des réponses ?


Bonne cueillette pour aujourd'hui dans les vôtres. Ça fait vraiment plaisir de savoir qu'on est une communauté à se questionner.



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