Partager l'article ! 6/ De la spécificité du Syndrome Post-Abus Sexuel (SPAS) par Victor Simon: Page 77 L'observation clinique et l'expérience développée au ...
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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Page 77
L'observation clinique et l'expérience développée au contact des personnes abusées m'ont permis de retrouver un certain nombre
de constantes dans les signes cliniques psychiques et physiques, qui ne sont pas toujours associés aux critères du PTSD.
Dans ce cas, je les intègre dans un cadre que je définis personnellement comme Syndrome Post abus Sexuel ou SPAS.
Ce SPAS pourrait être validé en raison de sa spécificité dans le cadre de l'aide aux victimes d'abus : cela éviterait au sujet
d'être exclu d'un cadre nosologique définissant une pathologie secondaire à l'agression subie, mais surtout d'être reconnu comme victime, d'être pris en charge sur le plan médical et
psychothérapique, faute de présenter tous les symptômes du PTSD.
L'abus sexuel et le SPAS qui en découle réalisent une expérience destructrice entraînant :
• un état de détresse chronique engendrée par le psycho-
traumatisme ;
• un état de
désagrégation mentale due à aux séquelles indélébiles de l'intrusion physique et psychique.
Ces manifestations restent gravées dans l'appareil psychique si une thérapie n'est pas mise en œuvre. C'est en ce sens que la
question de la « folie » nous est régulièrement posée par les patients. Nous pouvons les rassurer, sans arrière-pensée : il ne s'agit, en fait, que d'une désagrégation, un éclatement du puzzle
subtil qu'est l'appareil psychique. Les pièces du puzzle sont toutes présentes, il n'en manque aucune, certaines ont bougé, mais restent dans le cadre. Il faut donc, ensemble, réagréger ces
différentes pièces pour finir le puzzle et que l'image devienne harmonieuse.
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