Partager l'article ! 1/ De l'indifférence morale par Guy Karl: Recherche et pratique de la philosophie comme thérapie existentielle et de la poésie comm ...
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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Recherche et pratique de la philosophie comme thérapie existentielle et de la poésie comme création dans l'ordre du langage
Le blog de Guy Karl : Le Jardin philosophe
17 août 2010
Dans le vaste champ de la morale on peut distinguer quatre domaines : l'interdit, l'obligatoire, le recommandable, l'indifférent.
La pratique de l'inceste est interdite.
Le respect de l'autorité est obligatoire.
Rendre un service est recommandé, mais non obligatoire.
Aller en vacances ou rester chez soi est indifférent.
Je constate que le Droit Positif inscrit en toutes lettres les interdits fondamentaux dans le code civil, réprime les transgressions, et dès lors je ne vois pas pourquoi il faudrait en faire des interdits moraux.
De même pour les obligations : si je n'élève pas mes enfants je serai poursuivi par la justice.
On peut estimer que le droit positif a, en quelque sorte, absorbé et codifié le droit naturel, la morale conventionnelle, et qu'il est dès lors superfétatoire de s'interroger plus avant sur les impératifs moraux. Inutile d'en rajouter et de créer des névroses artificielles sur le thème de la responsabilité et de la culpabilité.
Sur ce point il faut, et il suffit de se ranger à la norme commune, puisqu'après tout il faut bien des régles pour rendre possible la vie sociale.
Sauf monstruosité institutionnelle – lois scélérates, cryptofascisme, perversion généralisée des pouvoirs – on peut s'en remettre au droit pour gérer la vie civile. Dans un cas d'extrême danger pour la liberté le problème devient politique, et sa solution ne peut être que politique.
Le recommandable n'est pas l'obligatoire.
J'ai été invité à souper, il est de bon ton de rendre l'invitation. Si je me dérobe il ne m'en coûtera rien, si ce n'est un embarras psychologique, et encore ! Ce ne devient un problème moral que si j'en fais de moi-même un cas d'école, et que je mêle la culpabilité à la simple urbanité. En fait, ce ne devrait pas être un problème : simple accord de moi à moi, calcul des plaisirs et des déplaisirs.
Quant à l'indifférent il ne relève que des choix privés, et ne concerne nul autre que moi et mes proches.
Au total la morale n'intervient guère dans nos conduites, et ne devrait en rien polluer nos existences. Tantôt c'est le droit qui prescrit ou interdit, tantôt nos choix relèvent de la liberté privée, essentiellement psychologique.
Mais nous nous croyons de mille et une manière contraints par la convention, le bien faire, nous infligeant d'inutiles et pesantes obligations destinées à calmer une angoisse surmoïque récurrente.
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