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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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Retrouvez Auteure anonyme sur Hellocoton
4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 07:52
Logo-Larousse.fr.jpgC’est en 1977 que Serge Doubrovsky invente le mot autofiction pour désigner sa propre pratique initiée dans Fils (Galilée, 1977), qu’il vient alors de publier. Dans son prière d’insérer, il note, afin de définir son travail et de le distinguer de la traditionnelle autobiographie, qu’il s’agit d’une « Fiction, d'événements et de faits strictement réels ; si l'on veut, autofiction, d'avoir confié le langage d'une aventure à l'aventure du langage, hors sagesse et hors syntaxe du roman, traditionnel ou nouveau. » Par opposition, il évoque l’autobiographie comme « un privilège réservé aux importants de ce monde, au soir de leur vie, et dans un beau style ».

L’autofiction se caractérise par la présence d’un pacte autobiographique, défini par Philippe Lejeune en 1975 qui impose « l’homonymat » entre l’auteur, le narrateur et le personnage et d’un pacte romanesque dans la mesure où ces textes se voient estampillés « roman » sur la première de couverture. Il s’agit donc d’un pacte contradictoire, que Serge Doubrovsky résume à travers différentes formules telles que « Ma fiction n’est jamais du roman. J’imagine mon existence » ou encore « Si j’essaie de me remémorer, je m’invente ». En fait, ce que met à jour l’autofiction, c’est l’impossibilité de l’autobiographie. En effet, depuis l’avènement de la psychanalyse, il parait illusoire de vouloir se dire, se « capter » dans la mesure où le moi est insaisissable, multiple, fragmenté. L’écriture de soi devient dès lors une entreprise incertaine sur laquelle pèsent les légitimes soupçons du lecteur.

Si l’autofiction existe avant que Serge Doubrovsky n’invente le néologisme (chez Colette ou Céline par exemple), le genre se développe de manière spectaculaire, en France principalement, au début des années 80. Participant d’un retour du sujet consécutif de la fin des avant-gardes, l’autofiction rassemble des écrivains aussi différents que Serge Doubrovsky, Hervé Guibert, Guillaume Dustan, Christine Angot, Camille Laurens, Chloé Delaume, Christophe Donner ou Patrick Modiano, pour n’en citer que quelques-uns.

Depuis le début des années 2000, l’autofiction souffre d’une mauvaise presse. Le terme, employé de manière approximative, s’est vulgarisé et est désormais utilisé pour désigner – à tort – un ensemble de textes dans lesquels les auteurs se livrent à des confessions et des aveux relevant davantage du sensationnel que d’un véritable travail sur soi, sur la mémoire, l’identité... De son côté, la critique universitaire cherche à cerner et à définir les frontières de ce nouvel objet littéraire parfois problématique comme le démontrent les nombreuses publications récentes (voir bibliographie). Au-delà du phénomène de mode – et l’exportation du terme à l’étranger en témoigne – l’autofiction semble être devenue la forme postmoderne du questionnement du sujet, de son identité, de son intimité, de son intériorité.

Arnaud Genon

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