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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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9 septembre 1999 4 09 /09 /septembre /1999 09:21
N° 1818 – semaLogo Nouvel Obs.comine du jeudi 9 septembre 1999
Par Françoise Giroud
A voir Christine Angot défendre son « Inceste » avec sa hargne et son désir éperdu de reconnaissance, on ne pouvait qu'être ému

Cinq cents romans cette semaine dans les librairies… Cela ressemble à un suicide collectif comme ceux qui se produisent dans certaines espèces animales lorsqu'elles prolifèrent excessivement. Jean-Marie Laclavetine, éditeur chez Gallimard (qui reçoit 6000 manuscrits par an), publie à ce sujet un roman tragique et drôle, « Première Ligne », où il raconte les déboires de ces écriveurs qu'il serait charitable de décourager. Entreprise vaine. Ecrire est une souffrance, mais aussi une drogue dure dont il se dit lui-même intoxiqué. Laclavetine parlait, chez Pivot, devant trois romancières qui ne sont pas trop à plaindre. Amélie Nothomb, qui réussit son ouvrage de l'année (« Stupeur et tremblements »), Michèle Gazier (« le Merle bleu »), plume sensible qui a son public, Christine Angot, enfin, qui a volé dans les plumes de Laclavetine : « Votre livre est insupportable ! » On a cru comprendre qu'il lui a refusé autrefois un manuscrit. A tort peut-être car elle pourrait, avec «l 'Inceste », faire un succès. Manifestement, elle ne va pas bien dans sa tête. Mais qui va bien ? Un problème ne se pose que lorsqu'on se donne, avec ce mal-être, pour le romancier de la modernité alors que les autres, tous les autres, englués dans le parler faux, n'écrivent que de la merde. Remarquez que cela, ils le pensent tous les uns des autres, mais ça ne se dit pas. Elle le dit. Angot a une vertu qui la démarque de la majorité de ses confrères : elle ne fabrique pas. Avec son homosexualité malheureuse, son faux sida et sa moitié d'inceste, ce n'est pas une grande érotique, oh non ! mais elle est traversée par quelque chose qui perce de part en part son corps troué, la laissant gémissante, quelque chose qui est étranger à l'habituel discours sur soi, qui a sa musique, sa syntaxe. Pour elle, la littérature, c'est ça:  inventer un langage pour explorer sous la lumière crue ses latrines. Bien qu'elle soit du genre hargneux, son désir éperdu de reconnaissance la rendait presque émouvante.
Aussi nombreux que les écriveurs sont les jeunes gens qui veulent s'exprimer par le film. Personne ne rêve de travailler pour la télévision, cela va de soi, c'est l'épicerie, mais le cinéma a conservé toute sa magie. Celle-ci apparaissait très forte dans le film réalisé sur Stanley Kubrick, à propos de la sortie de « Eyes Wide Shut » (Canal+).
A travers ses méthodes de travail, sa cruauté, son mépris des acteurs, on découvrait une volonté de puissance, un exercice du pouvoir absolu jusque sur les meilleurs techniciens humiliés quilui valut ce jugement de Kirk Douglas : quelqu'un qui a du talent n'est pas forcément quelqu'un de bien. Bien, Kubrick ne l'était sûrement pas. Mais les metteurs en scène dits grands brillent par autre chose:  ce pouvoir qu'ils ont sur les personnes pour les broyer, les réduire en image. Des images qui porteront toujours leur marque à eux. Un métier dont on comprend qu'il continue à fasciner.
« 19h, dimanche ». La première partie a fait craindre le pire : le superficiel, le zapping, l'agitation stérile, le détestable de la télévision. Et puis la machine s'est calmée, les sujets se sont ordonnés, bien traités, sur une bonne longueur. Pas très correct, cependant, d'accuser Bernard Kouchner, qui endure le pire, de chercher la publicité quand on lui met une caméra sous le nez. Que doit-il faire ? Tourner le dos ? En face de DSK, Ruth Elkrief a eu le ton qu'il faut pour plaire et qu'elle a toujours su maîtriser : l'agression exquise et vous allez voir ce que je lui balance avec le sourire. On voit, et on est très content que le Puissant sur la sellette soit un peu déstabilisé par de vraies questions, celles qu'on se pose. Bref, de bons débuts.

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Published by Françoise Giroud - dans Presse
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