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  • : Autofiction Inceste Résilience
  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 12:00
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Certains réussissent à surmonter leur peur des parents tout-puissants et menaçants en leur écrivant des lettres qu'ils n'enverront jamais. Ils peuvent ainsi, sans l'ombre d'une censure, donner la parole au petit enfant qu'ils furent, et, au fil de la plume, laisser émerger et ressentir, pour la première fois, l'amère déception, la colère impuissante, la véhémente indignation et enfin l'infini chagrin qui, depuis des décennies, étaient condamnés au silence. Une confrontation avec les parents ne peut remplacer cet événement.

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Comment dire ma souffrance à mes parents?

Je vous conseille de n'essayer à aucun prix de parler à vos parents. Votre corps vous met en garde, à juste titre, contre cette démarche. On ne peut attendre de gens qui n'avaient aucune pitié pour leur enfant qu'ils se montrent plus humains et plus intelligents avec l'âge. À quatre-vingt-dix ans, votre père manifeste encore sa méchanceté sans vergogne. Votre corps ne veut pas de cette sorte d'entretiens et cherche à vous protéger de nouvelles blessures. Il a raison. Prenez ses messages au sérieux.

Dans votre enfance, il ne s'est trouvé personne pour voir l'étendue de vos souffrances. Votre corps a donc développé ce syndrome pour qu'on y accorde de l'attention, mais cela non plus n'a servi à rien. À présent vous souhaitez, et c'est fort compréhensible, coucher tout cela sur le papier, afin que vos parents – enfin, enfin – posent sur vous leur regard. Mais ils ne le feront point. Tout, ce que vous écrivez en atteste : ils n'ont rien compris. En revanche, vous pourriez écrire à la petite fille que vous étiez, et maintenant vous montrer pour elle ce « témoin secourable» qui lui a si cruellement fait défaut. Écrivez-lui tout ce dont vous vous souvenez, en disant combien c'était terrible, et demandez-lui ce qu'elle ressentait lorsque, après avoir reçu une raclée, elle devait présenter ses excuses. Dépeignez dans ce dialogue toute l'énormité de ces brutalités, laissez éclater votre colère et' autorisez-vous à éprouver de l'horreur devant des comportements inhumains. Il se peut que l'afflux des émotions entraîne une aggravation temporaire de vos troubles, mais, très probablement, ils disparaîtront avec le temps, du moment que vous exprimerez en mots votre indignation et poursuivrez le dialogue avec la fillette. Quand cette enfant aura trouvé en vous quelqu'un à qui parler, elle n'aura plus besoin de recourir au langage des symptômes corporels, elle pourra utiliser des mots, que vous serez seule à entendre, parce que vous voulez les entendre et prêtez l'oreille.

(2 août 2006)



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2/ Pardon nocif
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*/ Virginia Woolf par Alice Miller
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