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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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8 novembre 2000 3 08 /11 /novembre /2000 08:03
En dégageant la logique des systèmes semi-complexes d’alliance, fondés sur l’interdiction de redoubler les unions matrimoniales, Françoise Héritier n’apporte pas seulement une contribution de poids à l’élaboration d’une théorie générale de la parenté. Elle a aussi découvert un grand principe, formellement analogue au principe d’exclusion de Pauli – le principe de non-cumul de l’identique – , qui pourrait permettre à l’anthropologie future de réaliser une autre ambition du structuralisme : celle de dresser un répertoire des formes sociales structurellement stables, analogue à la table de Mendéleieff.
L.S.
Cet article a paru initialement dans En substances. Textes pour Françoise Héritier (sous la direction de J.-L. Jamard, E. Terray et M. Xanthakou), Fayard, 2000, p. 37-45. Nous remercions Lucien Scubla de nous l’avoir aimablement transmis et Margarita Xanthakou de nous avoir autorisés à le publier. C’est le premier article d’une série en hommage à Claude Lévi-Strauss.

 


Revenons encore une fois à la règle de non-redoublement de l’alliance. Elle s’accompagne de prohibitions sexuelles qui font apparaître un « inceste du deuxième type » (Héritier 1979a, 1994), consistant pour deux personnes apparentées à avoir des relations non pas entre elles, mais avec un(e) même partenaire. Cette forme d’inceste est d’ailleurs virtuellement présente dans la forme standard, entre une fille et sa mère, en cas d’inceste paternel, entre un fils et son père, en cas d’inceste maternel, sans qu’on puisse y voir une généralisation de la définition usuelle, puisque l’inceste frère-sœur n’y semble pas réductible. Quoi qu’il en soit, son étude apporte de nouvelles lumières sur la nature des relations incestueuses en général et celle de nombreux autres interdits (Héritier 1979a). En effet, les cérémonies de purification consécutives à ce type d’inceste, montrent que la souillure ne provient pas de la relation sexuelle elle-même mais d’un excès d’identité, dû au partage d’un même partenaire sexuel entre deux personnes qui sont déjà proches par la parenté. Ainsi, chez les Baulé, en cas de rapports sexuels d’un homme avec deux sœurs ou deux cousines utérines, on procède à un rite sacrificiel auquel prennent part les deux femmes, mais non le garçon (Héritier 1979a : 219) : car ce dernier n’est pas touché par le cumul d’identité qui frappe ses deux compagnes.

Comme c’est le même rituel de lustration qui sanctionne un inceste (au sens usuel) entre une cousine et un cousin utérins (ibid.), il en ressort que les deux formes d’inceste relèvent, en fait, du même principe : le principe de non-cumul de l’identique, dont Françoise Héritier montre par ailleurs qu’il régit beaucoup d’autres aspects de la vie sociale.


Autres billets sur De l'incste par Françoise Héritier, Boris Cyrulnik, Aldo Naouri,  Domnique Vrignaud & Margarita Xanthalou

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