Partager l'article ! Hemingway, la fiction d'une vie et les silences de l'écriture par Christophe Paradas: Mais encore ? Une œuvre unique. Une écriture démesu ...
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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Mais encore ? Une œuvre unique. Une
écriture démesurée, passionnante. Un style dans le vif du vivant. Une textualité qui décrirait tout. Sans taire l’indicible, si ce n’est par choix littéraire. Un style de la vie rêvée, au risque
de se rompre le cou (Baudelaire).
Avant tout : « être simplement un écrivain, et jugé comme tel » (E. H)…
Après tout, la vraie vie, c’est aussi la littérature. Quand les choses se mettent à parler, à entrer en vibrations, à s’associer. Invitations infinies à la lettre, aux mots et aux choses. Ceux, et ce que l’on aime, en phrasés. De même que la finalité de la vie, c’est de vivre. Au risque, qui vaut la peine, de se briser la nuque, et, à la fin, sans doute, de s’effondrer. A moins de perdre ses forces en route, d’abandonner ou de trahir ses choix ; ce pour quoi on est fait.
Pire encore, au risque en partie nécessaire de perdre toutes ses plus belles illusions : « La pire des morts, c’est la perte de l’essentiel, de ce qu’on cherche vraiment. Conséquence d’un choix ou du destin, abandonner ce qu’on fait (qui détermine ce qu’on est), c’est déjà être enterré. »
Ernest Hemingway
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