Partager l'article ! La desistance (sortie de la délinquance et de la criminalité) par Jacques Lecomte: © Jacques Lecomte La désistance dési ...
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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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© Jacques Lecomte
La désistance désigne l’arrêt d’un parcours de délinquance ou de criminalité. De fait, l’un des constats les mieux établis en criminologie est que la plupart des délinquants sortent finalement de ce parcours déviant. Avec l’âge, la grande majorité des jeunes hommes découvre d’autres sources de satisfaction : un travail, une petite amie (qui devient parfois leur épouse), voire la naissance d’un enfant et l’achat d’un logement.
IL N’Y A PAS DE DETERMINISME ABSOLU
L’une des plus importantes recherches sur la désistance a été réalisée par John Laub et Robert Sampson, respectivement criminologue et sociologue (2).
En 1986, ils découvrent par hasard, dans la cave de la Harvard Law School, les soixante cartons d’archives poussiéreuses d’une étude classique sur la délinquance juvénile, menée à partir des années 1940 par Sheldon et Eleanor Glueck (3). Cette étude concernait cinq cents jeunes délinquants de 10 à 17 ans et cinq cents non délinquants aux caractéristiques identiques en ce qui concerne l’âge, le groupe ethnique, le QI et le milieu familial (à faible revenu). Des données très riches avaient alors été recueillies sur ces mille garçons à trois moments : à 14 ans, 25 ans et 32 ans. Sampson et Laub vont reprendre ces données et en tirer de multiples constats, en particulier sur la désistance (sortie de la délinquance et de la criminalité).
(2) Laub, J. H., & Sampson, R. J. (2003). Shared beginnings, divergent lives : Delinquent boys to age 70. Cambridge, MA : Harvard University Press, p. 86.
(3) Glueck, S. & Glueck, E. (1930). 500 Criminal Careers. New York, A.A. Knopf.
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