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  • : Autofiction Inceste Résilience
  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 08:50
En effet, de quoi se plaignent les résilients, quand, un jour, ils se plaignent ?
De ne pas avoir de retour. Ils disent « Ce n'est pas que j'attendais quelque chose en échange : quand je donne, cela m'est naturel et je ne vois pas comment je pourrais ne pas aider un ami qui a du souci. Mais, au bout du compte, moi j'aide tout le monde et, quand moi, j'ai un souci, je me retrouve seul. Cela me donne un profond sentiment de vide, comme si je m'étais vidé auprès des autres, et que l'on ne me donne rien quand, à moi, j'en ai besoin. »
A ce moment-là, la dépression guette, ou, parfois, la fragilisation psychosomatique. Le système s'effondre, mais peut reprendre comme avant, pour peu que le résilient retrouve son mode de fonctionnement habituel.
Cette identification à la souffrance de l'autre que l'on soigne pour soigner sa propre souffrance oubliée, c'est un mécanisme qui est à double-tranchant : effet bénéfique intégrateur évident, mais aussi, oubli d'un égoïsme naturel qu'on va perdre dans l'autre. Ce mécanisme est à l'oeuvre dans bien des acceptations de maltraitance. Et on comprend pourquoi certaines personnes marquées par une violence parentale, et qui s'en sont très bien sorties, vont un jour accepter une violence conjugale pour la raison que le mari violent, au fond, souffre...
Je laisse de côté la question, pourtant importante aussi, du sentiment de culpabilité. Freud dans "Totem et Tabou" a brièvement évoqué cette question du sentiment de culpabilité inconscient, qui serait l'introjection d'une culpabilité parentale non reconnue chez les parents. C'est vrai que les résilients donnent parfois l'impression de passer leur vie à racheter des fautes qu'ils n'ont pas commises, pardonnant à l'autre et lui trouvant toutes sortes d'excuses, tout en corrigeant, du mieux qu'ils peuvent, les conséquences pour celui-ci de ses conduites fautives.
Pour en revenir à ce mécanisme de la projection dans l'autre de son propre égoïsme, dans une sorte d'oubli de soi-même, je considère que c'est le noyau de la souffrance réelle, et profonde, de nombre de résilients qui semblent pourtant avoir tout à fait réussi leur vie.
Comme le décrit Alice Miller dans « Le drame de l'enfant doué », ces enfants doués qui cherchent par leur activité psychique à donner un sens au chaos dans lequel ils vivent, deviendront des adultes qui peuvent être sujets à la dépression, en particulier, la dépression devant le succès. Ils ne savent pas qu'ils recherchent l'approbation de leur mère, mais, en réussissant, ils ressentent comme un vide, qui est celui qu'ils ont vécu enfants.
De même, s'ils se sentent en difficulté, au lieu de demander de l'aide comme il semblerait judicieux de le faire, ils vont en donner à quelqu'un, en pensant que celui-ci en a davantage besoin qu'eux. Ils reproduisent là cette translation de leur douleur qui les a sauvés plus jeunes. A part que donner quand on est déprimé, cela coute beaucoup. Et, pour peu que celui qui est aidé ne donne en retour ni reconnaissance, ni affection, le vide peut finir par devenir vertigineux.
Cette défense infantile, qui fut un facteur d'évolution très positif, finit par se retourner contre le résilient. Quand, lors d'un travail  psychothérapeutique, il essaie de se défaire de cette contrainte à l'aide d'autrui, tentant d'assouplir un peu cette défense, il se rend compte que, souvent, il n'y parvient pas. Le travail de réappropriation d'un égoïsme légitime, et l'acceptation de la position de demande d'aide, va se faire au travers de phases où la souffrance et la colère impuissante initiales devront être retraversées.
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