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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 07:32

la musicothérapie Eidith Lecourt

Page 50

Il existe plusieurs centaines de techniques de psychothérapie dans le 
monde, inspirées de quelques grands courants théoriques. C'est à partir 
de ces derniers que nous allons situer les pratiques de musicothérapie, 
celles-ci étant elles-mêmes diversement influencées par ces courants.
Nous en présenterons cinq : la psychanalyse, le comportementalisme, le 
cognitivisme, l'humanisme, les thérapies systémiques.
• La démarche psychanalytique
Il ne s'agit pas seulement ici de la cure type, mais bien de l'ensemble 
des pratiques psychothérapiques réalisées par des psychanalystes.
C'est dans ce cadre que nous situons notre propre démarche, mais le 
plus grand nombre des musicothérapeutes n'appartiennent pas à ce 
courant, même si celui-ci se trouve particulièrement présent en France, 
dans l'ouest de l'Allemagne, au Brésil et en Argentine.
Les deux caractéristiques essentielles des pratiques psychanalytiques 
sont l'importance donnée aux processus inconscients, d'une part, à 
l'analyse de la relation thérapeutique (transfert et contre-transfert), 
d'autre part.
Musicothérapie et psychanalyse.

La place de la musicothérapie ici peut 
paraître paradoxale. En effet, la psychanalyse se fonde sur le discours 
verbal (et la branche lacanienne en a forcé l'exclusivité), tandis que l'approche musicothérapique se situe, elle, pour partie, dans le registre non 
verbal. Deux arguments peuvent être avancés :
– La découverte de l'inconscient a amené un certain nombre de 
psychanalystes, et Freud le premier, à s'interroger sur les œuvres 
d'art, dont la musique fait partie. Le concept de sublimation a été 
proposé par Freud pour rendre compte de cette utilisation particulière des ressources pulsionnelles et de la fonction économique, 
dans la psyché, de cette activité créatrice.
– Le discours verbal partage avec la musique sa dimension sensorielle sonore. Nous verrons comment la réflexion psychanalytique en musicothérapie peut apporter, par la recherche clinique sur le 
sonore, des ouvertures sur l'analyse des niveaux plus archaïques de 
l'organisation mentale et de ses failles. Elle peut aussi amener une 
compréhension nouvelle des fonctions de la pensée musicale dans 
l'organisation mentale.
Nous développerons, à propos de la « communication sonore », de la 
« musicothérapie analytique de groupe », l'intérêt et les particularités 
de cette orientation en musicothérapie.


• Le comportementalisme
Depuis les travaux de Watson, fondateur du béhaviourisme, le compor
tementalisme s'est répandu avec succès dans les pays anglo-saxons ; 
nous en héritons en France, actuellement, certaines pratiques dont 
l'ouvrage de Cottraux1 offre une vue d'ensemble (1979).
Le succès de ces pratiques tient, en grande partie, à leur simplicité, 
leur technicité, à la rapidité de leurs effets au contrôle permanent 
des résultats objectivés. Pour résumer, elles offrent : une sécurité 
maximale pour un minimum de coût personnel (entendons par là le 
degré d'implication et d'engagement demandé au patient).
Le thérapeute répond précisément à la demande exprimée du patient, 
dans le sens d'une intervention sur le comportement incriminé. Il est en 
quelque sorte au service du patient comme le commerçant à son client. 
Cette forme rajeunie du conditionnement ne semble pas indépendante 
des valeurs véhiculées par notre société de consommation.
Nous retiendrons deux principes fondamentaux de ces pratiques :
– À la suite de Pavlov et du modèle scientifique qu'il a produit dans le 
domaine comportemental est réel ce qui apparaît, ce qui est objec
tivable.
– L'intervention sur le comportement externe déclenche, par retour, 
une modification interne, sous la forme de prise de conscience, d'in
tériorisation.
Il apparaît ainsi que ce deuxième principe, resté le plus souvent en 
sourdine mais qui seul est vraiment mobilisateur pour le thérapeute, 
arrive en contradiction avec le premier, par son caractère justement non 
contrôlable, voire non démontrable.
Reconnaissons que si ce courant remporte un réel succès, c'est bien 
qu'inversement, pour un certain nombre de pratiques psychothérapiques, la place laissée à l'évaluation des résultats est parfois très 
succincte et trop exclusivement subjective.


Musicothérapie et comportementalisme.

Dans les pays anglo-saxons, 
la musique a été introduite dans les thérapies comportementales au 
titre de renforcement positif, ou sa privation à celui de renforcement 
négatif. Ainsi, Juliette Alvin, promotrice de la musicothérapie en Grande-Bretagne utilisait-elle ces techniques de conditionnement avec des 
enfants psychotiques, pratique toujours en cours.
En France, les premiers travaux de Jacques Jost, du Dr Jean Guilhot et de 
Marie-Aimée Guilhot proposaient, de la même façon, le déconditionne- 
ment des alcooliques ou la rééducation des couples à partir de renforce- 
ments musicaux et visuels. La méthode de musicothérapie individuelle 
par auditions musicales, instituée par Jacques Jost et encore utilisée 
aujourd'hui par certains musicothérapeutes, est elle-même basée sur 
les notions de déconditionnement et de reconditionnement. Mais l'importance donnée à la suggestion la rapproche également du courant 
cognitiviste que nous aborderons maintenant.


• Le cognitivisime
Les thérapies cognitives se sont développées à partir du comportemen
talisme, en complément et/ou en opposition, selon les auteurs.
Il s'agit cette fois de tenir compte de certains aspects de la fameuse 
« boîte noire » (c'est-à-dire de ce qui se passe entre le stimulus et 
la réponse, ou, pour simplifier, la dimension subjective). en agissant 
directement sur elle sous la forme de suggestion et d'apprentissage.
La méthode Coué, à base d'autosuggestion (« tout va bien », se répète 
l'anxieux) est l'ancêtre de ces techniques. On apprend ainsi aux patients à modifier leur façon de penser, afin que cette modification se répercute 
à la fois sur leur comportement et sur leur fonctionnement psychique. 
C'est le cas, par exemple, des programmations neuro-Iinguistiques 
(PNL) qui se sont développées ces dernières années.
Il s'agit d'un réapprentissage et ces techniques se trouvent souvent 
associées avec un programme comportementaliste.


Musicothérapie et cognitivisme.

En musicothérapie, le courant cogni- 
tif s'est développé en utilisant l'écoute musicale comme support pour 
amener une modification des représentations. Ainsi, la technique 
GIM (Guided Imagery with Music), imagerie guidée par la musique de 
H.L. Bonny, méthode largement utilisée aux États-Unis, propose des 
programmes musicaux pour induire et explorer des états de conscience 
proches du rêve. Cette méthode ajoute une programmation musicale 
précise à une pratique connue en France de longue date, le « rêve éveillé 
dirigé » de Desoille, également inspiré de l'approche analytique de 
Jung.


• Les thérapies familiales systémiques
Bien qu'ayant peu d'influence sur la musicothérapie, ces thérapies sont 
suffisamment répandues pour que nous en disions quelques mots. Elles 
ont un point commun avec les précédentes: leur appui sur la cogni
tion.
Plus précisément, les thérapies systémiques portent le projecteur sur 
la logique du discours pour dénoncer les contradictions et les paradoxes (notamment entre le discours verbal et les attitudes et intona- 
tions appartenant au non verbal). Paradoxes que le thérapeute utilise 
lui-même pour les pousser à l'absurde et entraîner ainsi le patient, à la 
faveur de l'effet de rupture du discours, dans un changement de niveau 
de communication. Ces thérapies considèrent les relations non pas 
prises isolément, mais comme faisant partie d'un système plus global 
dont elles dépendent (par exemple, la relation entre la mère et un de ses 
enfants est dépendante de tout le système familial).
Les thérapies familiales se sont, depuis, généralisées également dans le 
courant psychanalytique.

Musicothérapie et thérapie familiale.

Nous avons proposé une méthode 
de musicothérapie familiale dans laquelle toute la famille est invitée à 
improviser sur du matériel sonore, instrumental, simple d'accès. Ces 
improvisations permettent de mettre en évidence les modalités rela- 
tionnelles à un niveau moins contrôlé que celui de la parole, facilitant 
ainsi la prise de conscience d'éléments inconscients.


Les psychothérapies dites humanistes
On peut dire que cette orientation s'oppose à chacune et à l'ensemble 
des précédentes.
Non dépourvues d'un certain rousseauisme, elles se fondent sur 
une conception de l'idéal humain où la dimension spirituelle est 
prévalente.
Particulièrement développées àux États-Unis à partir des travaux d'Abra
ham Maslow et de Carl Rogers, les psychothérapies humanistes n'ont 
fait leur apparition en France qu'au cours de ces dernières années.
Musicothérapie et psychothérapie humaniste. On comprend que 
si la musique a pris place dans les thérapies comportementales, par 
commodité pourrait-on dire (dans le sens où elle constitue un « renfor
cement » positif d'un emploi facile), l'accueil que lui réservent les théra- 
pies humanistes est sans commune mesure. La musique y retrouve ses 
« lettres de noblesse » de l'Antiquité. L'harmonie musicale, allégorie de 
l'Harmonie universelle, du cosmos (
« harmonie des sphères »), redevient 
le but ultime de toute thérapie.
Carole et Clive Robbins (États-Unis et Grande-Bretagne), représentent le 
plus clairement ce courant de pensée en musicothérapie.
La musique constitue une voie royale vers les expériences paroxystiques 
de transe, d'extase, expériences qui, dans ce contexte, prennent une 
valeur de réalisation de soi, et peuvent donc bien représenter l'objectif 
thérapeutique.

1. Cottraux J., Les thérapies camportementales, Paris, Masson, 1979.

 


Autres billets sur le livre d'Edith Lecourt La musicothérapie

1/ La musicothérapie d'Edith Lecourt

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Published by Edith Lecourt - dans Arts thérapie
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commentaires

musicothérapie 20/03/2012 15:35


Bonjour,


Si la technique de GIM a connu un succès fou ces dernières années c'est parce qu'elle est associée à la musicothérapie. En effet, la musicothérapie permet de soigner, soutenir ou rééduquer des
personnes ayant des difficultés comportementales, relationnelles ou de communication.
Elle s'adresse autant à des patients présentant des troubles psychoaffectifs, sensoriels, psychologiques que physiques.
La musicothérapie est particulièrement indiquée dans les traitements contre la maladie d'Alzheimer ou la maladie de Parkinson.

bol chantant 11/09/2011 19:26



Très intéressant comme article.



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