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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 13:32

Affiche Lionel l'enfant bleuUne exposition hors les murs du LaM, Lille Métropole musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut à l'Université Catholique de Lille du 14 avril au 21 juillet 2012.

Elle est organisée par le LaM et l'Université Catholique de Lille, en partenariat avec le Fonds Henry Bauchau.

Fiche d'aide à la visite

Après une première vitrine consacrée à la rencontre entre Lionel et Henry Bauchau, l'exposition est organisée sous forme de cinq ensembles évoquant les thèmes récurrents dans l'œuvre de Lionel : le Minotaure ; les labyrinthes ; dans les îles paradis ; les monstres ; le cosmos. 

La rencontre 

Lionel est le jeune adolescent perturbé dont s'est inspiré Henry Bauchau pour son livre L'enfant bleu, dans lequel on peut le reconnaître sous les traits d'Orion. Dans le roman, c'est l'enfant bleu, figure imaginaire et bienveillante, qui assume métaphoriquement pour Orion ce rôle de guide dans le dédale de l'hôpital. En 1975, Henry Bauchau entre à « La Grange Batelière », association de Réadaptation Psychopédagogique et Scolaire, à Paris.

Écrivain et psychanalyste, il pratiquait jusqu'alors la peinture en amateur mais-il ne trouve plus le temps de s'y consacrer. Dès lors c'est avec ses patients, en art-thérapie, qu'il pourra continuer à peindre. En 1976, il rencontre Lionel et le prend en charge au sein de l'institution.

Lionel s'exprime dans des textes dictés à Bauchau dans lesquels il raconte ses désirs, ses peurs, ou invente des histoires. Peu à peu, Bauchau l'oriente vers le dessin et lui fait visiter des expositions et des musées. Plusieurs dessins décrits dans L'enfant bleu sont ici présentés pour la première fois. Le visiteur peut ainsi confronter son regard à celui de l'écrivain, tout en découvrant l'œuvre de Lionel dans son devenir et sa globalité. 

Le Minotaure 

En 1977, Henry Bauchau raconte à Lionel le mythe de Thésée et du Minotaure, mi-homme, mi-bête. L'adolescent se met à illustrer l'histoire et à dicter des poèmes. Dans une tentative désespérée de lutter contre l'hybridation des êtres et des choses, Lionel s'identifie à Thésée et tue le monstre.

Les dessins du cahier du Minotaure forment la genèse de l'œuvre de Lionel. Celle qui suivra, plus avisée, sait qu'il ne faut pas tuer le Minotaure. Lionel ne revient plus sur ses pas, traverse les labyrinthes, crée les monstres, organise un univers vibrant de métamorphoses. Il éprouve une fascination pour la préhistoire et la part animale de l'homme qu'il cherche à retrouver.

Dans ce monde onirique, Lionel est enfin Dédale, l'artisan de génie. Dans l'œuvre de Lionel, le labyrinthe prend une place centrale qui trace le chemin capable de traverser les crises et tempêtes, mais aussi de les contenir. Comme dans le roman L'enfant bleu, c'est sous l'impulsion d'Henry Bauchau que Lionel place sa création naissante sous le signe du labyrinthe.

« Orion s'affole de plus en plus, moi aussi, c'est à ce moment que je me rappelle l'intérêt qu'il a manifesté pour des images de labyrinthes, que je lui ai montrées. Je crie presque : "Un labyrinthe, Orion, dessine un labyrinthe !" Ce mot semble l'atteindre de plein fouet. Il regarde le rectangle blanc du papier, le mot labyrinthe le travaille, le fascine. Il prend un gros crayon noir, écrit le mot : entrée à gauche, puis se met à tracer très vite des voies complexes qui vont vers le centre ou d'un côté à l'autre de son dessin. » Les labyrinthes ont tous une entrée mais aussi une sortie distincte, ils proposent un parcours long mais viable où flotte quelque chose de la traversée du miroir.

Dans les îles paradis 

Lionel aime la nature, et particulièrement la nature sauvage telle qu'on peut la trouver sur une île déserte. Avant la rencontre avec Henry Bauchau, Lionel imagine la première île Paradis en échappatoire à la banlieue parisienne où il vit, mais elle restera intérieure, secrète.

A partir de 1977, il invente l'île Paradis n° 2, découverte après une traversée de l'océan avec plusieurs amis. L'histoire est cette fois racontée à Henry Bauchau, chargé de retranscrire sa parole, sous forme de poèmes. Un ensemble de 68 dessins au stylo-feutre, au crayon de couleur ou à la gouache, illustrent la vie sur l'île, perdue mais hospitalière.

Bauchau note la date de réalisation de chaque dessin, dont l'ordre ne suit pas forcément la chronologie du récit. Par exemple, l'arrivé sur l'île est dessinée bien après les premiers dessins. Les îles, les gouffres, les arbres sont des thèmes que Lionel reprendra plus tard dans ses dessins.

Les monstres 

Pour Lionel, un démon hante Paris. Lorsqu'il se manifeste l'adolescent dit sentir une odeur particulière, recevoir des rayons qui le conduisent à une violence incontrôlable. Très puissant en région parisienne, le pouvoir du monstre décroît au fur et à mesure qu'on s'en éloigne.

Parfois Lionel arrive à contrôler le démon en s'inventant des alliés comme ces trois cents chevaux blancs qui le piétinent et le mordent. Il imagine aussi une crue de la Seine si rapide que le démon, qui ne sait pas nager, ne peut y échapper et se noie.

Plusieurs dessins donnent une image précise du démon de Paris, associé souvent à la tour Eiffel ou à la Seine. En 1981, Lionel peint un démon dictateur pour le défilé des Cent Bannières organisé par Ariane Mnouchkine en soutien aux artistes opprimés par la dictature en Argentine. Lionel prolonge ce déplacement en constituant peu à peu un véritable bestiaire de monstres fantastiques, moins directement dangereux, conjuguant férocité apparente et impuissance.

Le cosmos 

Dessin après dessin l'univers de Lionel se développe et se peuple de créatures d'allure gigantesque. Entre fascination pour l'astronomie et création d'une mythologie individuelle, il développe ses différents thèmes : monstres, labyrinthes, faune sauvage viennent habiter le cosmos.

Ces figures hésitent entre présence apaisante et forces maléfiques. Un univers fantastique, terrible, issu de notre époque prend forme, tels Affreux sida ou cette Folie humaine extraite de nos angoisses millénaristes d'une terre éventrée perdant son magma.

Des dizaines d'années séparent maintenant le démon de Paris d'Orion des monstres visionnaires et troublants d'un artiste tourné vers son époque. Le LaM présente simultanément, au sein de ses collections permanentes, les 33 dessins, gravures et sculpture réalisées par Lionel, entre 1980 et 1998, et récemment donnés par Henry Bauchau au musée.


Autres billets sur Lionel L'enfant bleu
Lionel, l'enfant bleu d'Henry Bauchau – l'expo Lille 1

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Published by E.T. Documentaliste - dans Arts thérapie
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