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11 mars 2006 6 11 /03 /mars /2006 18:42
Logo Psycho.textesIllel Kieser El Baz,  Psychothérapeute, Psychologue clinicien, Toulouse, France

Extraits de La transgression du tabou de l’inceste, un crime contre l’humanité, à paraître prochainement.
L’ignorance d’un fait de société, pour quelque raison que ce soit, rend le tissu social très perméable à toute sorte de rumeurs et de préjugés. Loin de ne toucher que les zones « populaires », ces rumeurs inondent aussi le monde de la raison et de la « réflexion ». Leur propagation est même une des conséquences les plus évidentes d’un savoir trop orienté, voire doctrinal. Souvenons-nous des rumeurs infectes qui se propagèrent au moment de la découverte du virus du SIDA. Il n’y eut pas que des moralistes d’un autre âge pour dire qu’il s’agissait de la « peste gay ». De même, autour de l’inceste, les préjugés populaires et scientifiques se côtoient. Certains ont été largement diffusés et faussement étayés par la théorie psychanalytique. Mais cette théorie est actuellement largement critiquée, surtout par des historiens, bien moins par les cliniciens eux-mêmes qui continuent de subir une influence très forte de la part des professions liées aux soins psychiques — psychiatres, psychologues cliniciens — éducateurs — depuis les universités jusque sur les lieux de travail, dans les équipes de soins ou d’accueil.

Recueillant des informations de-ci de-là l’étudiant curieux et soucieux d’objectivité pourra entendre l’énoncé de certains de ces préjugés. Peut-être alors découvrira-t-il, abasourdi, que nous ne savons pas grand-chose ni du côté de la victime, ni du côté du prédateur. Que les conditions d’insertion de ce crime dans l’arsenal pénal, ne sont pas très nettes. La France, par exemple ignore pénalement le crime d’inceste…

De quelques fausses vérités

Le risque pour les victimes de reproduire sur leurs propres enfants les faits dont elles ont été victimes : Faux ! Rien de scientifique ne permet d’avancer une telle contre vérité. Cette idée fausse, très répandue, alimente cependant la culpabilité des victimes devenues adultes et les rend très fragiles, une fois devenues parents à leur tour. Pour ces personnes, le poids du préjugé est aussi négateur que celui du passé. Il prive, en effet, la personne d’une écoute à l’endroit même où elle en aurait le plus besoin, sa société, sa culture.

Le psychologue ou le médecin doit-il intervenir s’il lui est donné de constater des faits qui relèvent du crime d’inceste ? Vrai et Faux à la fois ! La loi fait obligation de déclarer au juge tout fait de maltraitance car le clinicien peut être mis en cause pour « non assistance à personne en danger ». Il n’existe cependant pas de disposition spécifique qui distingue le crime d’inceste des autres crimes sexuels commis sur des enfants. Il faut en outre prouver que la victime n’était point consentante. (Même si cette contrainte tend à ne plus faire l’objet de la demande des juges, vu l’âge souvent précoce des victimes). De cette contrainte, dont le prédateur tire souvent profit, de nombreux non-lieux furent prononcés par la justice et, en retour, des médecins sanctionnés par leur corporation, des parents protecteurs attaqués en diffamation…

À l’inverse, dans le Nord de la France, deux médecins viennent d’être interdits d’exercice pour n’avoir pas déclaré des faits de maltraitance sur un enfant qui est décédé suite à ses blessures.
Une psychanalyse est-elle recommandée pour ces victimes devenues adultes ? Non, pas dans un premier temps ! Une cure analytique, même bien initiée peut « couvrir » les souffrances originelles et augmenter le sentiment d’insécurité qui habite la personne car l’angoisse primaire demeurera vivante. L’enjeu pour ces personnes est, d’abord, de retrouver le sentiment d’une véritable construction. Solidifier le Moi est primordial dans un premier temps. En substitution, nombreuses sont les associations de défense de l’enfance en danger qui s’entichent du concept de « résilience » dont le propagandiste enthousiaste est Boris Cyrulnik. Or, c’est là un phénomène de mode qui répond bien plus à une réaction émotionnelle aux carences des théories dominantes la psychanalyse par exemple — qu’à une véritable recherche de solutions thérapeutiques.

Autre préjugé répandu tant par les prédateurs que par des « théoriciens » : quelques victimes innocentes tireraient « un certain plaisir » de cette relation : c’est un fantasme de tordu dangereux et on s’étonne d’avoir encore à l’entendre.

L’inceste est-il inscrit chez l’enfant comme fantasme, comme désir inconscient ? Faux ! Et je mets quiconque au défi de porter un témoignage d’un tel type pour un enfant de moins de sept ans à la connaissance de la communauté scientifique. Il faut insister sur un fait incontournable : l’enfant, jusqu’à 6 ou 7 ans n’exprime pas sa libido de la même manière que l’adulte qui, lui, a la possibilité consciente de la réduire au seul niveau génital. Nous verrons plus loin ce à quoi renvoient les fantasmes et les rêves de l’adulte. Cela nous conduira sans doute à cheminer à la place du prédateur. Un tel avis découle de la conception dite de « l’enfant pervers polymorphe » dont Freud avait fait un des points importants de sa théorie. C’est ensuite de cette conception que naquit le « Complexe d’Œdipe » qui demeure une sorte de grand mythe fondateur de la psychanalyse. La valeur scientifique de ces élaborations fait maintenant l’objet de nombreux débats au sein des groupes et écoles psychanalytiques.

L’inceste s’expliquerait-il par les mythes ? Pas plus que le cannibalisme, les sacrifices humains, la zoophilie, etc. Et ce n’est pas parce que ces faits criminels se révèlent à nous en très grand nombre qu’ils se justifient au regard de la civilisation.

Nous faisons trop souvent référence aux mythes antiques, grecs de surcroît, ceci en vertu d’un préjugé tenace selon lequel nous reconnaissons en cette civilisation l’ancêtre de la nôtre. Ce que les historiens démentent chaque jour. Et nous oublions ainsi que les seuls mythes qui pourraient avoir une quelconque indication sur la manière dont nous abordons les problèmes et les défis spécifiques à ce moment particulier que l’Histoire traverse sont ceux que nous créons chaque jour. Or, il faut beaucoup de distance pour les discerner. L’œil ne voit pas ce qui est en lui ! Il faudrait entendre les historiens et anthropologues d’autres cultures pour pouvoir prétendre que nous abordons quelque peu nos propres mythes. Or, nos prétentions à l’universalité, notre ethnocentrisme nous privent de ce premier moyen d’y voir un peu plus clair en nous, en nos sociétés.
Ainsi le recours aux mythes qui se fait sans prudence peut devenir un moyen d’échapper aux questions fondamentales posées par l’existence de l’inceste dans une société qui semble le tolérer comme un fléau ordinaire.
Je reviendrai sur ce point de façon plus détaillée pour montrer combien cette double dérive est grave.
Première dérive pour une société qui se réveille avec la gueule de bois en constatant les ravages du « Mal ». 

Deuxième dérive pour ceux qui laisseraient accroire que cela trouve une source quelque part !
Depuis de longs temps déjà, la transgression du tabou de l’inceste se cherche des justifications et chaque culture en sécrète de nouvelles. Il est probable que, bientôt, l’éthologie viendra au secours de ces dérives car, c’est un fait connu, les animaux, se fichent de ce tabou. On ne dira cependant pas toujours de quels animaux il s’agit, ni dans quelles circonstances cela se produit. Et ce recours à la nature, par animaux interposés n’est pas innocent. Pour justifier l’existence du mal, la conscience, instrument privilégié du rationalisme, cherche la caution de dame nature. Une autre manière bien paradoxale de démontrer une sorte de dérive infantile de nos valeurs. Nous pourrions, à l’extrême expliquer nos conduites extrêmes par la sauvagerie et la cruauté animales. La science donne des ailes mais l’éthologie ne peut que nous renseigner sur la dynamique instinctuelle. Or, au plan éthique, nous n’avons pas à fonder les conduites humaines, individuelles ou sociales, sur la nature mais à les orienter selon une exigence d’humanisation qui intègre et transcende les données biologiques. D’autre part, tout projet d’évolution morale doit prendre en compte les exigences minimales de dignité humaine, individuellement ou en groupe. En particulier, le souci moral d’une société doit pouvoir répondre à la nécessité d’assurer à nos enfants la sécurité affective ainsi que des propositions culturelles, philosophiques et éthiques qui leur permettent d’acquérir suffisamment de maturité pour faire leur propre choix.

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Published by Illel Kieser El Baz - dans Etudes & recherche sur l'inceste
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