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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 20:19
Logo-Golias.fr.jpgRembrandt : Le retour de l’enfant prodigue
Par GAUTHIER PAUL
Dans le monde chrétien « pardon » est un mot souvent employé à temps et à contretemps, qui a perdu beaucoup de sa puissance d’évocation : celle d’un retournement, d’une « conversion » qui remet face à face, dans une démarche de demande et de don, la victime et celui qui l’a blessée. Tout se joue alors dans un face-à-face sans concession qui n’a plus rien à voir avec la réalité sirupeuse si souvent accolée à ce vocable lourd de sens.
L’enfant prodigue : une histoire racontée il y a deux millénaires, pleine de bruit et de fureur, qui oppose un père à ses deux enfants : celui qui veut mener sa vie à grandes guides et l’enfant sage, à la carrière toute tracée dans le domaine familial ! Une histoire sans âge car toujours actuelle dans son commencement comme dans sa fin. Et c’est cette fin que nous restitue avec puissance celui dont la vie fut ponctuée de temps heureux et de déchirements de toutes natures. Dans la recherche de cette lumière illuminant tant de visages parsemant son oeuvre peinte, il est permis de se demander s’il n’y avait pas une quête pathétique d’un bonheur insaisissable. L’instant évoqué dans ce détail du Retour de l’enfant prodigue, cette parabole inoubliable, une des plus présentes dans nos mémoires, est celui où le fils revient vers ce père à qui il a fait violence en réclamant cette part d’héritage maintenant dilapidée. Il n’attend rien de cet homme profondément blessé qui ne savait plus, au fil du temps, si cet enfant perdu était encore vivant. Il ne demande rien de plus, après l’aveu de sa détresse, que ce qui pourrait être accordé au premier venu. C’est alors que les mains de ce père renié, et à nouveau reconnu, se posent sur les épaules de ce fils perdu désormais retrouvé. Elles sont accueil et consécration, une forme d’adoubement. Celui qui est de retour au foyer familial a retrouvé sa place en se jetant contre son père ; celui-ci, avec cette sagesse née de cet amour retrouvé, a trouvé instinctivement le geste qui s’imposait. Ce n’est pas dans l’immédiat que peut avoir lieu ce face-à-face, cette rencontre des visages déjà inscrite dans l’attitude de ces deux êtres qui ouvrent une nouvelle page de leur relation. Rien n’est oublié, mais parce qu’il y a eu aveu et rejet absolu de cette violence faite au père, le pardon imploré peut désormais être accordé. Un espace vient de s’ouvrir pour qu’au-delà des mots s’instaure ce dialogue, consécration du pardon.
Si cette scène nous bouleverse, plus encore que nous acceptons de le reconnaître, c’est qu’elle touche à l’essentiel. Un essentiel éloigné de ces poncifs qui ont cours dans certains milieux pétris sans doute de bonne volonté mais ignorants des réalités de l’existence, du sens des mots et de l’exigence de vérité. Cette démarche, peinte par Rembrandt, va bien au-delà d’un simple échange de propos précédant une vague amnistie (un mot si proche d’amnésie !).
Il y a vingt ans à Lyon, parce qu’un des derniers témoins au procès Barbie était un religieux déporté par cet homme, de bonnes âmes avaient parlé de pardon. C’est alors qu’une mise au point, radicale, avait été réalisée (heureusement) par un des avocats des familles des « enfants d’Izieux ». Il avait tout simplement rappelé quelques éléments essentiels : pour que l’on puisse parler de pardon entre victime et agresseur (ou bourreau), il fallait que celui-ci reconnaisse les faits, qu’il s’engage formellement à ne pas récidiver et, si possible, à réparer les conséquences de sa faute. En l’occurrence, dans le cadre de ce procès, parler de pardon était d’une absurdité totale car celui qui était jugé s’obstinait à nier les faits !

A la lumière de ce rappel, ce détail du tableau de Rembrandt acquiert une valeur symbolique irremplaçable.

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Published by Paul Gauthier - dans Pardon
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commentaires

Maritée 12/02/2010 21:22


Que cet article est donc vrai! J'ai longtemps cherché à ce que celui qui a abusé de moi avoue les faits et s'il l'avait fait, avait
dit qu'il était désolé et s'était proposé de réparer, je lui aurais pardonné.
Car c'était mon père et je l'aimais! Mais sans aveux, le pardon ressemble à une re-victimisation. Tenir les actes et les conséquences encore sous silence.
Bel article! Maritée, Québec, Canada


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