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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 10:49
 Logo-hommes-et-faits.jpgLe cas des maltraitances d'enfants
Méditations sur les mythes du temps présent
Mauvezin mars 2005

Définitions et présentation générale
Les défenseurs de la résilience nous disent ceci : Le mot « résilience » vient du latin rescindere, c’est-à-dire l’action d’annuler ou de résilier une convention, un acte.
Emprunté au terme resilire, il signifie aussi « ressauter » ou « sauter en arrière », « se retirer ».
Le mot « résilier » a pris dans le vocabulaire juridique le sens de « renoncer, se dédire ».
Selon B. Cyrulnick, « résilier un engagement signifie aussi ne plus être prisonnier d’un passé, se dégager. La résilience n’a rien à voir avec une prétendue invulnérabilité ou une qualité supérieure de certains mais avec la capacité de reprendre une vie humaine malgré la blessure, sans se fixer sur cette blessure. »
 
La résilience appartient au vocabulaire technique du traitement des métaux, elle désigne à l’origine, une qualité des matériaux qui tient à la fois de l’élasticité et de la fragilité, et qui se manifeste par leur capacité à retrouver leur état initial à la suite d’un choc ou d’une pression continue.

Dans le domaine de l’écologie, la résilience souligne, d’une part la capacité de récupération ou de régénération d’un organisme ou d’une population, et d’autre part, l’aptitude d’un écosystème à se remettre plus ou moins rapidement d’une catastrophe — inondation, sécheresse, etc. Les écosystèmes développent plusieurs mécanismes d’autorégulation et parviennent à surpasser les effets des désordres en rétablissant simplement et de manière progressive le stade initial de leur homéostasie écologique. Les écosystèmes subissent également de nombreux changements adaptatifs de nature créative qui transcendent les simples corrections apportées aux dommages subis.

Les anthropologues évoquent la possibilité pour certaines ethnies, sociétés, langues ou systèmes de croyances de conserver des traces de leur patrimoine malgré les vicissitudes du colonialisme et les pressions des groupes dominants.

Dans les domaines de la psychologie, de la victimologie et de la criminologie, le terme s’est imposé dans le traitement des situations à risque et en particulier celui des enfants vulnérables dont on cherche à solidifier les aptitudes à rétablir un équilibre émotionnel lorsqu’ils subissent des moments de stress ou des abus importants, par une meilleure compréhension du ressort psychologique.

En psychologie clinique, la résilience devient un concept plus complexe. La résilience est « l’aptitude des individus et des systèmes (les familles, les groupes et les collectivités) à vaincre l’adversité ou une situation de risque. Cette aptitude évolue avec le temps ; elle est renforcée par les facteurs de protection chez l’individu ou dans le système et le milieu ; elle contribue au maintien d’une bonne santé ou à l’amélioration de celle-ci. » (Mangham et al., 1995)[1]

En psychologie clinique, la résilience est la capacité à vivre, à réussir, à se développer en dépit de l’adversité. D’un point de vue psychique, il s’agit de la possibilité pour un individu de développer des mécanismes de résistance et de survie malgré les vicissitudes de l’existence, des circonstances difficiles, des malheurs, un choc traumatique ou un environnement défavorable, voire hostile. Sorte d’endurance face au stress post-traumatique, la résilience offre au sujet un sentiment de compétence, une ouverture différente sur lui-même et d’autres perspectives qu’un stress continu ou répétitif. Ce mécanisme psychologique restaure ainsi une certaine confiance en soi impliquant plus de sécurité intérieure et apporte de nouvelles possibilités d’épanouissement malgré les difficultés rencontrées, les traumatismes subis ou les risques d’abréactions désagréables.

Il est intéressant de noter que ce terme désigne la capacité intrinsèque des systèmes vivants à retrouver un état d’équilibre, soit leur état initial, soit un nouvel équilibre, qui leur permette de fonctionner après un désastre ou en présence d’un pression persistante. (Dans la médecine traditionnelle chinoise on connaissait déjà un processus identique…)

De manière plus transcendantale et convergente, pense la résilience comme « un processus diachronique et synchronique », c’est-à-dire « l’articulation des forces biologiques développementales avec le contexte social, pour créer une représentation de soi qui permet l’historisation du sujet ».[2]

A partir de son expérience traumatisante, le sujet résilient parvient à maintenir et dynamiser son économie psychique afin d’en conserver l’efficacité représentative. Ce processus est d’autant plus complexe qu’il dépend des données objectives du traumatisme réel (guerre, génocide, torture, viol, attentat, etc.) et des données subjectives du trauma psychique (effet d’après-coup, décompensation réactionnelle, effet et état de stress post-traumatique, etc.).[3]

Quelle que soit la nature du traumatisme, la résilience mobilise l’ensemble des processus psychiques et exige une dépense d’énergie considérable. Dans le traumatisme, dès lors qu’il existe une atteinte corporelle, une rupture entre somatique et psychique (état de sidération post-traumatique où la victime est absente de la scène), une effraction de la sensorialité (la stupeur, l’anesthésie de certaines zones agressées), en relation avec la qualité des processus d’attachement primaires (de type maternel), la résilience dépend aussi de la représentation du corps et sa construction. Ainsi, dans les cas d’agression sexuelle, l’identité sexuelle et les mouvements identificatoires sont gravement altérés et les processus originaires d’émergence de la psyché et d’inscription au corps endommagés.

Nous l’aurons compris, les lignes ci-dessus qui sont une compilation de nombreux articles dithyrambiques sur la résilience[5] nous laissent croire que le miracle existe. Il est alors d’autant plus gênant de passer à la critique de ces éloges. N’est-il pas question, le plus souvent, d’enfants en danger ? On a la vague sensation de briser un arbre de Noël, la veille de la fête… ou d’être un mistigri pissefroid.

[1] — Cité par Yves-Hiram Haesevoets « La résilience, un concept métaphorique contemporain », sur le site de Psychorelief, <http://www.psy.be /articles.php?article=75>
[2]— Cyrulnik B. (1991). La naissance du sens. Hachette littérature, 1991, Le vilain petit canard, Odile Jacob, 2001 et Parler d’amour au bord du gouffre, Odile Jacob, 2004.

[3] — Brissiaud P. Y. Surmonter ses blessures. De la maltraitance à la résilience, Retz, Paris, 2002.
[4] — Cyrulnik, 2003.
[5] – Je n’ai cité en référence que les articles les plus importants. Pour plus de détails, lire la présentation du concept faite sur ce site par Claudia Samson.


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