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  • : Autofiction Inceste Résilience
  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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Retrouvez Auteure anonyme sur Hellocoton
20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 18:23

Fractal goutte détourée

Premier recueil : Le passé
Première partie :  Le bonheur

Troisième chapitre : Désirs

Deuxième paragraphe Désir d'enfant

Déclaration du père de Georg 

 


Que faisait son père à lui ? Un homme étrange, atteint de sclérose en plaques. Il restait assis dans un fauteuil roulant électrique, qui grésillait d’une manière rigolote lorsqu’il se déplaçait. Camille gardait une photo faite de lui au moment où il lui adressait un sourire complice. Monsieur entendait tout, suivait tout des yeux, en silence, et n’ouvrait pas la bouche. Ah si ! une fois, un matin du premier Noël passé à Kleinstadt, alors qu’en Allemagne, la radio diffuse des valses de Vienne et non, comme en France, les Dix Commandements. Camille aimait d’autant plus ces valses qu’à Boston, elle travaillait avec Ann, une petite-fille de Franz Lehár, qui l’emmenait au concert où elle avait découvert un morceau tellement présent : la valse Boston Wilde Rosen dont Ann lui avait délégué la traduction : Les Roses sauvages.

 

Flanqué de sa mère, Georg était en courses, la grand-mère on ne savait où, et Camille restait avec le père de Georg. D’humeur débonnaire, il s’adressait à elle et leur conversation décousue par la barrière de la langue, le faisait rire. Camille ne l’avait jamais vu qu’assis si bien qu’elle resta fort surprise lorsqu’il se lèva et, sur un air de valse, tendant les mains, en tournant dit :

« das Fräulein, es ist nötig du musst, dass Frau… »

Étrange qu’il lui offre de porter son nom de famille. Le mensonge initial était-il là ? Dans cette famille, comme dans la sienne, les rôles étaient mélangés. Quelle belle circonstance pour elle qui prétendait à changer de nom : rayer sur elle celui de son géniteur dans une volonté de le déposséder du privilège. Se reposant sur les gestes et propos du père de Georg, elle s’autorisait à croire à la solidité de son lien avec le fils. La valse touchant à sa fin, il se rassit en posant son index sur sa bouche.

Avec un immense sentiment de malaise, elle avait sa bénédiction. Pourquoi était-il absent dans la vie de Georg ? Ce dernier se conduisait comme s’il n’avait pas de père. Cette situation était absurde. Il faisait de son père un absent, mais ne souffrait pas de son absence. Dans une sorte de transcendance d’acquiescement, Georg ne parlait jamais de lui, et se comportait comme un enfant de veuve en faisant fi de la loi et se présentait comme un novateur ; il incarnait une force nouvelle de changement. Georg n’était qu’un usurpateur.


Autres billets écrits par E.T. Interdits ordinaires


Premier recueil – le passé

Premier recueil –
Seconde partie : Cours après moi
La plainte pour un viol par inceste
 Chapitre IV : Une larme trop tard
4ème partie : Georg, spectateur qui s'endort
 
Emission Médiations du 27 mars 1989
 Elle savait que son tuteur de résilience s’était défilé

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