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  • : Autofiction Inceste Résilience
  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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Retrouvez Auteure anonyme sur Hellocoton
14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 00:30
Fractal goutte détouréePremier recueil : Le passé
Première partie :  Le bonheur
Chapitre I : Rencontre

3ème partie :
Révélation du passsé

Histoire de double
Camille, pour survivre aux viols, entretenait un double qui s’appelait Claude qui venait soulager Camille lorsque la détresse se faisait intolérable.
Elle avait eu une forte envie de courir mais n’avait pas pu bouger, il y avait la main plaquée sur sa bouche et ensuite, il y avait seulement le grand corps d’un homme qui s’étendait sur elle puis, elle devenait spectatrice inerte de cet homme lorsqu’il entrait dans la pièce . Alors Camille ne sentait plus rien ni physiquement ni dans sa tête.
 
Claude dont le prénom voulait dire la boiteuse, prenait alors la place de Camille qui conformément à son prénom, restait la maîtresse de cérémonie. Aidée par son instinct de conservation, en claudiquant, Claude conduisait Camille.
Comme l’Empereur Claudius, elle était devenue le « vilain petit canard » de la famille, celui qu'on préférait cacher aux yeux du public, surtout pour qu’elle ne parle pas. À dire vrai, elle s’était entraînée à se cacher toute seule.

Les sentiments, les impressions et les envies, les désirs et l’amour étaient réservés à Camille qui les étouffait sans cesse. Poussée par son Grand-père, cet été où Le Lys dans la vallée fut incontournable, balzacienne, élevée avec La lettre de Madame de Mortsauf, écrite durant son amitié avec le jeune Félix : « La politesse chère enfant consiste à paraître s’oublier pour les autres. », les viols aidant, elle ne pouvait prendre aucune décision. Elle était écartelée entre la grande dame qu’elle aurait voulu être et le poids du crime. Pas le droit de dire ; plus fort encore que l’interdit pas ordinaire : ça n’existe pas, tu n’existes pas.

L’âme de Camille flottait au-dessus de son corps. C’était Claude qui faisait ce qu’elle devait faire dans l’existence ordinaire. C’était Claude qui voudrait prétendre exister normalement. Elle était plus concise et elle débrouillait les situations. Elle savait faire semblant.
Parfois, elle arrivait à sauver Camille lors des examens qui restaient la preuve la plus flagrante de ses difficultés :

Camille se présentait à un examen d’anglais dont une des épreuves était celle du téléphone. Elle était rayonnante et sûre d’elle. Après être entrée dans cette salle exigüe au milieu de laquelle trônait un téléphone incrusté dans le bureau, elle s’asseyait dans le fauteuil, face à la porte. Elle descendait les épaules sur lesquelles commençaient à peser le grand corps invisible. Elle étouffait et décidait d’y aller. Elle décrochait et se présentait. Lorsqu’elle commençait à poser la première des questions qu’elle avait préparées, son interlocuteur se mettait à éternuer. Il s’excusait. Elle lui assurait : It doesn’t matter. Tout en tentant de donner réponse à la question que lui avait posé Camille, il éternuait de nouveau.

Était-ce un test de l’examen ? Elle n’allait quand même pas répondre God bless You!
Qu’est-ce que Dieu a à faire là-dedans ? Camille avait repris ses questions et au troisième éternuement s’était sentie agressée. Elle ne voyait rien et étouffait. Elle s’était éclipsée. Elle savait que le résultat serait : les règles culturelles n’ont pas été respectées et la structure du questionnaire aléatoire.

Claude avait pris la relève et avait fait le nécessaire pour obtenir l’examen. Elle donnait des : Yes! I agree with you ou I don’t agree with you, et isn’t it? ou aren’t you? et même au quatrième éternuement lançait : “God bless you!”

Enfant, ses deux personnalités l’aidaient à vivre ses drames. Présentes alternativement, Camille et Claude avaient des soucis de mémoire : l’une avait vécu un événement, pas l’autre, et comme chacune assumait des tâches distinctes, le souvenir d’un fait appartenait souvent à celle qui justement était absente.

Camille avait enfilé sa chemise de nuit préférée. Elle était rose. La couleur lui était un peu égale car elle était très douce, dans un nylon fort agréable bien que nylon ; la chemise était longue et c'était enfin un vêtement de presque grande personne. Après de nombreuses parties d’osselets sur le tapis de sa chambre, Camille avait renvoyé ses sœurs dans les leurs. Elle en avait la charge, leurs parents étaient sortis. Elle dormait quand la grande ombre s’était présentée là au pied de son lit, avant de s’allonger sur elle. Il faisait noir. Camille s’était débattue et avait disparue.

On frappait à la porte, Camille était endolorie ; nue elle s’était drapée dans la couverture pour aller ouvrir à sa mère qui lui demandait si tout allait bien. Sa mère lui demandait pourquoi elle ne portait plus sa chemise. Camille disait qu’elle n’en savait rien et sa mère la traitait de cochon. Elle essayait d’expliquer qu’elle adorait cette chemise et n’avait aucune raison de l'avoir enlevée. Bien sûr, ça aurait été le bon moment pour le lui dire, mais elle n‘avait pas pu.

En se recouchant, elle avait retrouvé sa chemise de nuit souillée de sang et avait demandé à Claude ce qui s’était passé.
– Vous vous êtes battus, tu l’as griffé au visage.
– Et comment la porte s’est-elle fermée ?
– Je l’ai mis dehors, j'ai fermé la porte à clef et je l'ai laissé gémir derrière.
____________________________
La lettre de Madame de Mortsauf

Premier recueilSeconde partie : Cours après moi

Autres billets autobiographiques sur la dissociation
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commentaires

B


Je te laisse un petit gribouillis pour la forme...


J'ai repris les pages sur le double dans la première version, ce qui m'a permis de me rendre compte que tu as vraiment tout changé.


C'est à l'évidence plus clair, et plus concis- parfois presque trop, vu l'importance de ce dédoublement.


Donc je me contenterai seulement de "stylistique", comme tu dis... Je trouve qu'il y a une mauvaise concordance des temps dans l'histoire du téléphone - l'imparfait partout ne convient pas. Après
tout, ça ne s'est ptroduit qu'une fois. Et puis, l'histoire arrive un peu comme un cheveu sur la soupe (si je puis dire!!!).


Un détail, sur la chemise de nuit, peut-être un bon exemple de ce que je veux dire quand je prétends qu'il faut "élaguer" : Camille avait enfilé sa chemise de nuit préférée - en nylon rose. Elle
en aimait surtout la douceur. Une chemise de presque grande personne.


Je trouve que dans la suite, l'élipse est très bien venue, renforçant le le propos et créant l'émotion.


Bon, tu sais, je ne suis pas du tout à mon aise dans ce rôle...


 



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E


Pardon pour t'avoir imposé ce rôle. Promis, je ne recommencerais pas, mais c'est quand même la seule fois où tu m'as dit quelque chose de très concret sur ce que
j'écris


Tu m'as parlé du dernier livre de Camille Laurens : Romance nerveuse, j'aurais voulu parler dissociation et comment l'écrire avec toi.


http://resilience-autofiction.over-blog.fr/article-2-dissociation-dans-romance-nerveuse-de-camille-laurens-50865811.html


Je te remercie et t'embrasse.



L

bonsoir et bienvenue dans ma communauté " forum libre expression "
merci de ton choix - de ta confiance et de quelques publications dans la communauté -
je ne demande pas l'exclusivité dans ma communauté - mais je viens de supprimer des dizaines de blogs qui n'ont jamais publié aucun article -
mon article -  petit ménage sur mon blog -

bonne continuation
bien amicalement   lady marianne


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E

Merci Lady Marianne


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