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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Jusqu’à maintenant, c’était LeChum.
Et voilà que nous nous quittons, que je le quitte, mais qu’il veut, lui aussi, prendre la fuite, en douce. On ne se dit rien. On se devine et se comprend. Presque en silence, au moment où nos routes, comme on dit, se séparent, nous nous souhaitons bonne chance, à peu près sans reproche.
Nous faisons face à nos défis. Mais, sans se compter d'histoire, tout cela n’est qu’une triste défaite, et ça restera une défaite. D’impulsion, nous croyons faire un saut en arrière, un retrait stratégique, destiné à prolonger l’espoir de la vie éternelle, et de nous conserver intacts, encore capables de tout espérer et de tout recommencer. Une rupture, je crois, s’illusionne toujours du fantasme d’être féconde, et de faire renaître à une existence nouvelle. Mais en fait, une rupture se nourrit de tout ce qui empoisonne l’existence. Elle s’abreuve de toxines. Elle flirte avec la mort.
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Cette affiche, que je trouve cette année très percutante, joue sur l'ambiguité du
discours. Qui sera abandonné l'enfant ou le chien ?
Val repart, mais la séparation cette fois sera de courte durée, puisque le 21 octobre j'irai le rejoindre à Delhi, d'où après une semaine nous partirons pour Bangalore. Toi pendant ce temps-là tu dormiras chez Birgitta dans le lit d'Aksel, toujours en Chine. J'ai hâte d'être là-bas, dans cette ville où une fois j'ai gagné sur ma peur du vide. Aujourd'hui je dois en vaincre une autre, mais c'est toujours de vide qu'il s'agit et lequel !
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Car le moment de l'affrontement viendrait, j'en étais convaincue. La machine était trop bien lancée pour qu'il n'advînt pas.
C'est alors que l'on verrait les amants des chambres, ceux qui au premier regard avaient fait scintiller tout l'amour du monde et avec lui tout l'espoir d'aimer et de s'aimer sans jamais être joués ! se jeter l'un sur l'autre aveuglément, dans le seul but que l'un disparaisse, puisqu'il faisait de l'ombre à l'autre, qu'il entravait sa marche et les mots cingleraient comme des coups de fouet, de cymbales, le glas d'un grand amour que le temps avait ramené à un amour tout court. Qu'est-ce donc qu'un amour tout court ? vas-tu te demander. C'est le seul que l'homme soit capable de vivre, avec ce qu'il comprend d'ivresses, de doutes, de lâchetés, de beauté, de sacrifices, de joies immenses, de renoncements et de chagrins. C'est cela un amour tout court. Tu en feras l'expérience.
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8/ La peur de l'abandon après une enfance violée
9/
Rêve d'inceste
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12 / Avec les viols par inceste, les échecs scolaires
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14/ Un
corps que je ne connais pas
15/ "Reconstruction", de Jeanne
Cordelier : la deuxième vie de Jeanne Cordelier par Fabienne Dumontet
Alors je me relève, reprends une bière et recommence à écrire jusqu'à n'en plus pouvoir. Est-ce bien, est-ce mal ? Ça m'est égal. Et déjà faut-il se poser la question… dans ce temps que les absences de ton père pulvérisent, je vis comme entre parenthèses. J'ai établi une règle: aucune communication, sauf en cas d'accident. On ne viole pas l'espace de l'autre sous prétexte de mariage. C'est aussi une façon de me protéger. La femme amoureuse que je suis ne souffrirait pas, en effet, que le son de la voix aimée, et ce quelles qu'en soient les raisons, soit ne serait-ce qu'une seconde en inharmonie avec la sienne. Si cela survenait, le doute tel un démon s'engouffrerait alors dans mon esprit et je resterais là torturée, pantelante, les bras autour du ventre et saignant au-dedans en attendant qu'on me rappelle… Non, non pas moi. Moi, je cloisonne. Ce qui n'est pas toujours facile, je l'admets. Pour l'instant je tiens bon, on verra bien avec le temps.
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C'est une vie bien particulière que nous menons là, qui a ses bons et ses mauvais côtés! Parmi les bons, l'un d'eux est que cela nous permet d'entretenir notre passion. L'absence, tu l'éprouveras, exacerbe le désir de l'autre. Pour ce qui est des mauvais, le pire de tous, c'est quand je vais rejoindre Val dans un pays où il m'a précédée de quelques jours ou de quelques semaines, n'importe, le sentiment est le même. Sitôt descendue d'avion, je me sens comme une intruse dans le monde de ses habitudes sans moi. Un monde de séduction où la légitime n'est pas la bienvenue. Dois-je m'excuser d'être sa femme auprès des nuées de cantharides éblouies qui lui tournent autour ? Parfois il m'arrive de penser de ne plus aller le rejoindre quand il part avant moi, mais ma passion pour lui, pour le voyage aussi, me pousse à courir le monde, en sa compagnie. Un jour pourtant, il faudrait bien sortir de l'envoûtement, mais comment ? Et pourquoi ? Puisque sans lui la vie perdrait son sel. Chaque extase a son coût.
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