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Abandon

Dimanche 5 juin 2011 7 05 /06 /Juin /2011 08:28

 

Logo chroniques amnésiques et autres mémoires vives

Jusqu’à maintenant, c’était LeChum.

Et voilà que nous nous quittons, que je le quitte, mais qu’il veut, lui aussi, prendre la fuite, en douce. On ne se dit rien. On se devine et se comprend. Presque en silence, au moment où nos routes, comme on dit, se séparent, nous nous souhaitons bonne chance, à peu près sans reproche.

Nous faisons face à nos défis. Mais, sans se compter d'histoire, tout cela n’est qu’une triste défaite, et ça restera une défaite. D’impulsion, nous croyons faire un saut en arrière, un retrait stratégique, destiné à prolonger l’espoir de la vie éternelle, et de nous conserver intacts, encore capables de tout espérer et de tout recommencer. Une rupture, je crois, s’illusionne toujours du fantasme d’être féconde, et de faire renaître à une existence nouvelle. Mais en fait, une rupture se nourrit de tout ce qui empoisonne l’existence. Elle s’abreuve de toxines. Elle flirte avec la mort.

Pour lire lla suite de ce témoignage,  cliquez sur le logo de chroniques amnésiques juste au-dessus de l'extrait du billet.

Par RPL - Publié dans : Abandon - Communauté : Doux réveurs résiliants.
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 10:06
visuelCette affiche, que je trouve cette année très percutante, joue sur l'ambiguité du discours. Qui sera abandonné l'enfant ou le chien ?
Pour lire le billet, cliquez sur l'image.
Par vergibération - Publié dans : Abandon - Communauté : maltraitance de l'enfance
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 07:09
Logo de l'association canadienne pour la santé mentaleSource : LEMOINE, Laurence. Psychologies, Vol. 186, Mai 2000.
Travail, amis, amours : ils revendiquent haut et fort leur liberté. Comme beaucoup. Une attitude qui cache souvent une personnalité « abandonnique », terrorisée à l'idée d'être rejetée.
Indépendance. Marie n'a que ce mot à la bouche.
À 35 ans, elle vit seule, travaille seule.
Attachée de presse free lance, elle choisit ses horaires, ses clients. Pas question pour elle de laisser qui que ce soit lui dicter sa conduite ou définir ses obligations. Marie tient à être l'unique maître à bord. Elle ne veut rien devoir à personne. Disponible, chaleureuse, elle consacre du temps à ses amis, leur prodigue attention et réconfort, et met un point d'honneur à ne pas les ennuyer avec ses états d'âme.
De fait, ils apprécient sa joie de vivre, envient sa capacité à ne
pas transiger avec ses désirs, à affronter la solitude. Dans ses relations amoureuses comme ailleurs, Marie revendique haut et fort sa liberté. Elle met ses partenaires en garde. « Chacun sa vie, leur dit- elle. Ne me demande pas de renoncer à ce que je suis ni à ce que j'aime faire, et je ferai la même chose pour toi. » Marie s'efforce de n'être ni exclusive ni jalouse, et passe d'un partenaire à l'autre. Elle aimerait construire une famille, mais ne trouve pas « l'homme de sa vie ».
Ce qu'elle reproche à ses amoureux ? « Ils ne partagent pas les mêmes intérêts que moi. » Marie convient qu'elle ne s'est jamais suffisamment attachée à un homme pour « renoncer à son indépendance ». L'un après l'autre, elle les a quittés. Et ceux qui ont véritablement compté dans sa vie n'étaient « pas prêts à s'engager » : elle s'en est éloignée pour devancer l'inévitable rupture.
L'indépendance de Marie, c'est, au fond, l'histoire d'une impossible dépendance. Celle d'une apparente force destinée à masquer une grande vulnérabilité relationnelle.
Transformer un désir inconscient en une tendance consciente inverse, telle est la puissance de ce que la psychanalyse nomme la « formation réactionnelle ». Comme tout autre mécanisme de défense, celui-ci vise à épargner au sujet la prise de conscience de ses angoisses.
Quelle est donc cette angoisse que Marie cherche à fuir en préservant si farouchement son indépendance ? Une peur viscérale du rejet d'être démolie, si la confiance qu'elle accordait à un autre devait se solder par une trahison ou un abandon.
Marie ne veut compter que sur elle-même. Elle quitte ses partenaires avant qu'ils ne la quittent, et mieux, les choisit inconsciemment de telle sorte qu'elle ne peut s'attacher à eux et qu'elle s'assure l'initiative de la rupture. Elle manifeste ce que Claudette Rivest, psychanalyste québécoise, nomme l' « identité abandonnique ».
Tous concernés ?
À des degrés divers, nous sommes tous concernés par la crainte d'être abandonnés. Crainte qui nous poursuit depuis l'expérience fondatrice du premier attachement et de la première expérience de séparation.
Retour au début de la relation mère-enfant : « C'est à ce moment que l'individu apprend ce qu'il peut attendre d'un être humain, explique Claudette Rivest. Mais nous n'appréhendons pas tous, avec une inquiétude exagérée, les situations susceptibles de nous confronter au rejet, ou de nous enfermer dans des comportements qui questionnent inlassablement l'engagement. »
Les individus les plus profondément marqués par l'abandon sont ceux qui, dans leur petite enfance, ont été systématiquement privés de l'affection et de la présence de leurs parents. Plus que tout autre, un enfant réellement abandonné par sa mère – décédée, maltraitante ou ayant accouché sous X – éprouvera de grandes difficultés à accorder sa confiance aux personnes qui l'entourent, à croire en leur amour. « Cet abandon précoce laisse en eux une empreinte, une blessure affective mal cicatrisée, poursuit la psychanalyste. Et, dans leur vie d'adulte, elle leur fait craindre en permanence un nouvel abandon sans raisons objectives dans la réalité. »
Un sentiment d'insécurité et d'incomplétude qui peut se développer quand bien même la mère a été physiquement présente. « Ce qui assure, chez l'enfant, la couche profonde du sentiment d'identité et de sécurité n'est pas lié à la quantité de soins ou de nourriture, ni même aux démonstrations d'amour, explique encore Claudette Rivest. Cela tient plutôt à la qualité empathique des rapports maternants, c'est-à-dire de la capacité de la mère à comprendre et à combler les désirs narcissiques de son enfant. Ce qui rend l'enfant capable de s'aimer d'abord, pour aimer l'autre ensuite, c'est la certitude de la constance de l'amour maternel, de son approbation, de son admiration pour ce qu'il est réellement. »
Ainsi, la psychanalyste allemande Alice Miller a-t-elle montré comment des parents, pourtantanimés des meilleures intentions, pouvaient blesser le narcissisme de l'enfant en adoptant « pour son bien » des principes éducatifs répressifs. Ils interprètent ses besoins légitimes d'attention exclusive, ses sentiments de colère ou de détresse, comme l'expression de « caprices à combattre ». Ils s'interdisent de souligner ses succès pour « ne pas le rendre vaniteux ». Ils le soumettent à des exigences d'excellence (sous-entendu « Tu n'es jamais à la hauteur de nos attentes ») et ainsi ils fragilisent son identité.
L'insécurité affective est davantage reliée à un abandon symbolique qu'à un abandon réel.
« Comme je suis, on ne peut pas m'aimer, on ne peut que me rejeter », telle est l'intime conviction des personnes abandonniques. Un postulat, à l'oeuvre depuis l'enfance, qui continue de faire obstacle à leur épanouissement affectif.
Abandonné cherche abandonneur
Tout se passe en effet comme si l'abandonné(e) se mettait en situation de revivre, dans ses relations amoureuses, amicales ou professionnelles, le scénario de l'abandon initial. « Toutes les petites amies que j'ai eues ont fini par me quitter, raconte Bruno. Dès que je suis en couple, je deviens apathique, susceptible, paranoïaque. Je les accable de reproches, je leur en veux de ne pas savoir me consoler d'un chagrin sur lequel je n'arrive pas à mettre de mots. Il me semble par moments que, malgré moi, je fais tout pour les faire fuir, comme pour me prouver que je ne suis pas digne de leur amour. J'ai beau être lucide quant au fait que je provoque ces ruptures à répétition, je n'arrive pas à enrayer le processus. »  Le cas de Sylvie est similaire : « J'ai le don particulièrement morbide de ne m'intéresser qu'aux hommes qui ne veulent pas de moi. Parfois, j'ai l'impression d'avoir un radar pour dénicher ceux qui me feront le plus souffrir. Je deviens pathétique, je m'accroche à leurs basques, je les supplie de m'expliquer pourquoi ils ne veulent pas de moi. » Dans un autre registre, Étienne se prémunit contre le rejet tant redouté en évitant de s'engager dans les projets qui lui tiennent à coeur. Lui qui rêve de devenir comédien arrive toujours en retard aux castings. Lorsqu'on lui propose un petit rôle, il trouve toujours moyen de se défiler. En se mettant lui-même en échec, Étienne s'évite l'exposition à d'insupportables critiques. Il vit de petits boulots sans rapport avec sa formation et justifie sa difficulté à percer dans le métier en avançant que le secteur est bouché.
Chacun à leur manière, Bruno, Sylvie et Étienne jouent inlassablement la répétition du rejet.
Claudette Rivest explique ce processus de répétition ainsi : « Le traumatisme de l'abandon survient de manière tellement précoce que la souffrance n'a pas pu être pensée. Jung appelle "complexes" ces contenus psychiques à forte tonalité affective qui échappent en grande partie à la conscience du sujet. Ces complexes inconscients se manifestent de manière autonome dans notre vie. Le refoulé ressurgit dans une mise en acte, comme une tentative de mettre en lumière ce qui a manqué, puisque ce qui a manqué reste de l'ordre de l'indicible. » Poursuivant ce même raisonnement, le psychothérapeute Guy Corneau affirme qu'une situation non résolue agit comme un aimant qui attire à lui les éléments qui lui correspondent. Pour caricaturer, nous pourrions dire que [Bruno, Sylvie ou Étienne] ont sur leur tableau de bord un petit clignotant qui émet le message suivant : "Abandonné(e) cherche abandonneur pour renouer avec situation ancienne et faire exploser noeuds émotifs. Persévérants s'abstenir »
Renouer avec la tendresse
Si l'empreinte laissée par l'abandon initial est ineffaçable, aider le sujet abandonnique peut toutefois l'aider à panser ses blessures. Comme pour toute problématique héritée de temps archaïques (c'est-à-dire la période des premiers mois de la vie), la démarche thérapeutique est sans doute le meilleur moyen de lever les blocages qui, telle une rayure sur un disque, empêchent le fil de la vie affective de se dérouler harmonieusement.
« Mais la meilleure des thérapies est, pour l'abandonné, de s'attacher à des gens capables de l'aimer et de lui réapprendre la tendresse », conclut Claudette Rivest. Difficile quand, comme Sylvie, on ne sait s'entourer que de gens qui nous repoussent.
Croyez-moi, objecte la psychothérapeute, chacun de nous, en son for intérieur, sait faire la différence entre ceux dont nous voudrions être aimés et ceux qui nous aiment réellement. »
__________
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Par Laurence Lemoine - Publié dans : Abandon - Communauté : abus sexuels et conséqences
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 19:35

Jeanne Cordelier ReconstructionPage 157

Val repart, mais la séparation cette fois sera de courte durée, puisque le 21 octobre j'irai le rejoindre à Delhi, d'où après une semaine nous partirons pour Bangalore. Toi pendant ce temps-là tu dormiras chez Birgitta dans le lit d'Aksel, toujours en Chine. J'ai hâte d'être là-bas, dans cette ville où une fois j'ai gagné sur ma peur du vide. Aujourd'hui je dois en vaincre une autre, mais c'est toujours de vide qu'il s'agit et lequel !

Page 159

Car le moment de l'affrontement viendrait, j'en étais convaincue. La machine était trop bien lancée pour qu'il n'advînt pas.

C'est alors que l'on verrait les amants des chambres, ceux qui au premier regard avaient fait scintiller tout l'amour du monde et avec lui tout l'espoir d'aimer et de s'aimer sans jamais être joués ! se jeter l'un sur l'autre aveuglément, dans le seul but que l'un disparaisse, puisqu'il faisait de l'ombre à l'autre, qu'il entravait sa marche et les mots cingleraient comme des coups de fouet, de cymbales, le glas d'un grand amour que le temps avait ramené à un amour tout court. Qu'est-ce donc qu'un amour tout court ? vas-tu te demander. C'est le seul que l'homme soit capable de vivre, avec ce qu'il comprend d'ivresses, de doutes, de lâchetés, de beauté, de sacrifices, de joies immenses, de renoncements et de chagrins. C'est cela un amour tout court. Tu en feras l'expérience.


Autres billets sur Reconstruction de Jeanne Cordelier
1/ Reconstruction de Jeanne Cordelier

2/ Jeanne Cordelier : Le second souffle

3/Préface de Benoîte Groult pour Reconstruction

4/ Reconstruction de Jeanne Cordelier par le Figaro.f
r
5/ Aimer après l'inceste

6/ Comment devient-on après les viols par inceste ?

7/ Famille d’incestueurs

8/ La peur de l'abandon après une enfance violée

9/ Rêve d'inceste
11/ Dissociation

 12 / Avec les viols par inceste, les échecs scolaires

13/ La chronique littéraire de Jean-Claude Lebrun : Jeanne Cordelier. L’autobiographie nécessaire

14/ Un corps que je ne connais pas
15/ "Reconstruction", de Jeanne Cordelier : la deuxième vie de Jeanne Cordelier par Fabienne Dumontet

Par Jeanne Cordelier - Publié dans : Abandon - Communauté : trop dure la vie....
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Jeudi 4 mars 2010 4 04 /03 /Mars /2010 11:05

Jeanne Cordelier ReconstructionPage 107

Alors je me relève, reprends une bière et recommence à écrire jusqu'à n'en plus pouvoir. Est-ce bien, est-ce mal ? Ça m'est égal. Et déjà faut-il se poser la question… dans ce temps que les absences de ton père pulvérisent, je vis comme entre parenthèses. J'ai établi une règle: aucune communication, sauf en cas d'accident. On ne viole pas l'espace de l'autre sous prétexte de mariage. C'est aussi une façon de me protéger. La femme amoureuse que je suis ne souffrirait pas, en effet, que le son de la voix aimée, et ce quelles qu'en soient les raisons, soit ne serait-ce qu'une seconde en inharmonie avec la sienne. Si cela survenait, le doute tel un démon s'engouffrerait alors dans mon esprit et je resterais là torturée, pantelante, les bras autour du ventre et saignant au-dedans en attendant qu'on me rappelle… Non, non pas moi. Moi, je cloisonne. Ce qui n'est pas toujours facile, je l'admets. Pour l'instant je tiens bon, on verra bien avec le temps.

Page 110

C'est une vie bien particulière que nous menons là, qui a ses bons et ses mauvais côtés! Parmi les bons, l'un d'eux est que cela nous permet d'entretenir notre passion. L'absence, tu l'éprouveras, exacerbe le désir de l'autre. Pour ce qui est des mauvais, le pire de tous, c'est quand je vais rejoindre Val dans un pays où il m'a précédée de quelques jours ou de quelques semaines, n'importe, le sentiment est le même. Sitôt descendue d'avion, je me sens comme une intruse dans le monde de ses habitudes sans moi. Un monde de séduction où la légitime n'est pas la bienvenue. Dois-je m'excuser d'être sa femme auprès des nuées de cantharides éblouies qui lui tournent autour ? Parfois il m'arrive de penser de ne plus aller le rejoindre quand il part avant moi, mais ma passion pour lui, pour le voyage aussi, me pousse à courir le monde, en sa compagnie. Un jour pourtant, il faudrait bien sortir de l'envoûtement, mais comment ? Et pourquoi ? Puisque sans lui la vie perdrait son sel. Chaque extase a son coût.


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13/ La chronique littéraire de Jean-Claude Lebrun : Jeanne Cordelier. L’autobiographie nécessaire

14/ Un corps que je ne connais pas
15/ "Reconstruction", de Jeanne Cordelier : la deuxième vie de Jeanne Cordelier par Fabienne Dumontet

Par Jeanne Cordelier - Publié dans : Abandon - Communauté : Autofiction
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  • Casalis l'aide aux femmes victimes de viols
  • L'inceste de Odyssey Barot 1883
  • Outreau Gryson

Documents autofiction

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