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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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La date tant attendue est arrivée, c’est l’ouverture du procès.
Le casting a eu lieu, les acteurs sont en piste.
Dans le tribunal, chacun joue son rôle. Sur le parvis, un avocat attend que les caméras se rassemblent autour de lui, que les
micros se soient agglutinés sous son menton ; quelques secondes plus tard seulement, il entamera son effet de manche pour les éditions de la journée.
Cette scène vous dit quelque chose ?
Quoi qu’il en soit, la course est lancée. Les débats suivront leur cours dans deux univers, celui de la justice et celui des
médias. Lequel va l’emporter ?
Un fait d’actualité fait la une.
Le 4 avril dernier, sur le blog, de Laurent MUCCHIELLI (insecurite.blog.lemonde.fr), lui-même et Marwan MOHAMMED évoquent dans un article « Rosny-sous-Bois : le fait divers et l’incendie médiatique » ce drame survenu à la gare RER de Noisy-le Sec et impliquant un groupe de jeunes de Rosny-sous-Bois.
Nombreux appels de journalistes qui ont tous exactement les mêmes infos issues d’une même dépêche de l’AFP du 3 avril « proposant une hypothèse interprétative à cette agression collective ». Pour tous ceux qui ont ce jour là regardé la télé ou écouté la radio, les éléments semblent assez clairs et peu douteux puisque – semble-t-il – toutes les sources disent la même chose, et les auteurs de conclure : « Quel jeu dangereux les rédactions en chef des médias jouent-elles ? Et pourquoi chacun s’empresse t-il de faire aussi mal que les autres au lieu d’essayer de se distinguer un peu par davantage d’ampleur, de rigueur et de qualité d’information ? Nous n’avons pas la réponse. »
C’est cette réponse que j’ai voulu chercher.
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Paru le : 22/10/2009
Editeur : Hugo et Compagnie
ISBN : 978-2-7556-0349-1
EAN : 9782755603491
Nb. de pages : 262 pages
Poids : 394 g
Dimensions : 15,2cm x 24,2cm x 2,4cm
Qu'avons-nous retenu de l'affaire d'Outreau qui a embrasé les médias, la justice et le pays tout entier ? Uniquement le visage des acquittés.
Personne ne sait que douze enfants ont été reconnus victimes. Car la fiction l'a progressivement emporté sur la réalité. "Les enfants d'Outreau par manque d'affection ont inventé des abus sexuels." C'est ainsi que débute une vaste campagne de désinformation. Des coupables de substitution sont alors désignés à la vindicte populaire. Assistantes maternelles, policiers, travailleurs sociaux, psychologues et magistrats : tous subissent un procès en incompétence pour avoir jugé crédible la parole des enfants.
Autres billets sur l'affaire d'Outreau
2/ Outreau, la vérité abusée. 12
enfants reconnus victimes
3/ Outreau :
Les lettres de Kevin Delay au juge Burgaud
4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la
mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité
»
6/ Des troubles du comportement
7/ Saint-Omer - juin 2004 :
Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès,
personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires
de Myriam
Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir
»
11/ Le test du Rorschach
expliqué
12/ Militantisme
association
13/ Les points de
défaillance au procès de Saint-Omer
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime
résiliente mêlée à toutes les causes
15/ Un éclairage sur les
rétractations et les contaminations
16/ Outreau : presse &
justice – Florence Aubenas : je consulte le dossier d'instruction
17/ À propos des aveux de
l'un des accusés acquittés d'Outreau
18/ Il s'avère que c'est
l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux
souvenirs, et non pas l'hypnose seule
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Autres billets au sujet du livre de Cherif Delay
Le prochain livre d'une victime d'Outreau fait déjà polémique Par Gabriel Thierry
ine du Jeudi 4 novembre 2004
ine du jeudi 9 septembre 1999
aine du jeudi 28 août 1999
Christine Angot est née en 1959 à Châteauroux. Elle a publié son premier roman, « Vu du ciel », en 1990. Auteur de théâtre, son « Usage de la vie » a été joué à Avignon en 1997 et « l'Inceste » a fait l'objet cet été d'une version scénique au Festival d'Avignon. Elle vit à Montpellier.
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