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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Institut de criminologie de Paris
Université Panthéon-Assas (Paris XII)
12, place du Panthéon
75231 Paris cedex 05
Tél : 01 44 41 55 82
Fax : 01 44 41 56 47
la parole de l'enfant a toujours posé un problème en justice. Les études scientifiques, pléthoriques, ont fait progresser nos connaissances sur les effets des psychotraumatismes répétes, la suggestibilité, les techniques d'autdition de l'enfant, mais les résultats de la recherche se heurtent aux positions idéologiques et aux réactions émotionnelles largement entretenues par les médias.
Les nouveaux masques du déni de la maltraitance infantile – syndrome des faux souvenirs, syndrome d'aliénation parentale, résilience mal interprétée, critique d'une société soi-disant compassionnelle – parvienntn dans une large mesure à relativiser le discours scientifique concernant les conséquences personnelles et sociales de la maltraitance infantile.
A ce titre, le procès dit d'Outreau a des conséquences particulièrement délétères sur le plan sociétal et probablement sur les droits de l'enfant bien que 12 des 15 enfants aient été reconnus victimes de viols et d'actes de proxénétisme.
Cette table ronde réunit des professionnels qui font le point sur la recherche concernant la parole de l'enfant, l'histoire récente du déni de la maltraitance, l'évolution des droits de l'enfant, le rôle des médias, les conséquences du procès d'Outreau.
08h45
Accueil des participants
9h00
Ouverture des travaux par M. Philippe Conte, Professeur à l'université Panthéon-Assas (Paris II),
Directeur de l'Institut de Criminologie de Paris
Matinée
Modérateur : M. Gérard Lopez,
Psychiatre, chargé d'enseignement à l'Institut de Criminologie de Paris,
9h15
Outreau : la vérité abusée
Mme Marie-Christine Gryson Dejehansart,
Psychologue clinicienne, expert judiciaire.
10h00
La parole de l'enfant et le journaliste
M. Serge Garde, écrivain, journaliste et
M. Richard Michel, ex président de la Chaîne parlementaire
10h45
Pause
11h00
La place de l'enfant dans l'univers de la psychiatrie générale
M. Philippe Mazet
professeur honoraire de pédopsychiatrie à l'hôpital de la Salpétrière
11h30
La parole du mineur : une parole mineure
M. Rodolphe Costandino
Spécialiste du droit des mineurs, avocat d'Enfance et Partage.
Après-midi
Modérateur : M. Stamatios Tzitzis
Directeur de recherche au CNRS
Chargé d'enseignement à l'institut de Criminologie de Paris
14h00
La parole de l'enfant : données de la recherche scientifique
Mme Karen Sadlier
Psyschologue clinicienne
14h45
Outreau, fiasco médiatique et manipulation politique
M. Gilles Antonowicz
Avocat
Pause
15h45
Une petite histoire récente de la protection de l'enfance
Mme Emmanuelle Piet,
Présidente du collectif féministe contre le viol
16h30
La défense des droits de l'enfant
M. Pierre Joxe
Ancien ministre, avocat
17h30
Intervention
Mme Maryvonne Caillibotte
Directrice des affaires criminelles et des grâces.
17h45
Conclusion par Mme Genevière Payet,
Psychologue clinicienne, présidente de l'ARIV
Autres billets sur l'affaire d'Outreau
1/ Outreau - La vérité
abusée
2/ Outreau, la vérité abusée. 12
enfants reconnus victimes
3/ Outreau :
Les lettres de Kevin Delay au juge Burgaud
4/ 24 février 2011 – La parole de l'enfant après la
mystification d'Outreau
5/ Outreau : la télédépendance de l'opinion – « télécratie 4 » – « procès- téléréalité
»
6/ Des troubles du comportement
7/ Saint-Omer - juin 2004 :
Les enfants présumés victimes sont placés dans le box des accusés !
8/ Saint-Omer – Selon M. Monier, une telle configuration des lieux a eu un effet négatif sur le procès,
personne n'étant à sa place
9/ Saint-Omer – Mercredi 2 juin 2004 – Le procès bascule le jour des rétractations provisoires
de Myriam
Badaoui
10/ La victime envahie par le souvenir traumatique ne marque aucune pause « pour réfléchir
»
11/ Le test du Rorschach
expliqué
12/ Militantisme
association
13/ Les points de
défaillance au procès de Saint-Omer
14/ Florence Aubenas : le danger de la victime
résiliente mêlée à toutes les causes
15/ Un éclairage sur les
rétractations et les contaminations
16/ Outreau : presse & justice – Florence Aubenas : je consulte le dossier d'instruction
17/ À propos des aveux de
l'un des accusés acquittés d'Outreau
18/ Il s'avère que c'est
l'ingestion d'un médicament – l'amobarbital –, qui peut induire sous hypnose la construction des faux
souvenirs, et non pas l'hypnose seule
Enfin, un autre point très particulier, concernant la
situation actuelle de quelques usagers, est celui d'une éventuelle indemnisation déterminée au terme d'une procédure judiciaire. L’indemnisation pécuniaire des
préjudices subis par un enfant maltraité ou abusé, est la somme d’argent destinée à réparer ce préjudice.
Pour les mineurs, cet argent est généralement confié à un tiers (tuteur ou administrateur ad hoc) jusqu’à la majorité de la victime. Mais l’indemnisation pécuniaire des préjudices subis n’est pas systématique en cas de maltraitance sur enfants. Ce qui est peut-être plus spécifique, c’est que cette indemnisation pécuniaire sera versée à une personne qui, au moment de sa perception n’aura souvent pas encore expérimenté un rapport à l’argent via une activité professionnelle entreprise par sa propre force de travail.
La question se pose donc de la manière suivante :
comment ce jeune adulte « indemnisé » va vivre cette situation-là ?
uel impact « réparateur » aura la réception d’une telle somme d’argent ?
Selon certains auteurs, dont Gérard Lopez, il s’agit de bien distinguer deux notions : « La réparation et l’indemnisation » [Note 1].
Il s’agit d’un processus complexe qui fait intervenir de multiples facteurs et de nombreux acteurs. La réparation - on pourrait dire la reconstruction - ne doit en aucun cas être confondue, comme on le fait encore trop souvent, avec l’indemnisation des préjudices. En fait, la réparation passe par la reconnaissance sociale, les soins, sans oublier la prévention des récidives.
À la lumière de notre expérience avec les adolescents qui ont été indemnisés, nous avons pu observer des situations concrètes, telle celle de Frédéric qui a reçu la somme de 60 000 frs pour inceste subi durant 10 ans. Frédéric a fugué de notre dispositif pendant un mois et demi dès réception de la somme. À son retour, il avait dépensé la totalité au jeu. Ou, au contraire, l’exemple de José qui a assisté au meurtre de sa mère par son père et pour lequel il perçut une indemnité de 90 000 frs, à laquelle il refusera de toucher. Dans tous les cas, notre expérience nous montre que l’utilisation de cet argent « sale » est rarement faite à des fins constructives.
Note 1 • LOPEZ, Gérard. Les violences sexuelles sur les enfants, Paris, PUF, QSJ, 1999, page 94
Autres billets concernant le Dr Gérard Lopez :
1/ La fascination est
une des armes qu'utilisent préférentiellement les pères incestueux par Gérard Lopez
2/ Définition de la victime
3/ Les
pères incestueurs
4/ Quelques
conséquences sur les survivantes
5/
Psychologie des vampires
6/ La
responsabilité
7/ La cure
des incestueurs
8/ Le
recours à la loi pour les victimes
• Définition de la victimologie par Gérard Lopez
• Accompagnement et approches psychothérapeutiques du stress
• Les victimes et leurs droits dans le système judiciaire par Gérard Lopez
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