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Dissociation

Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 19:04

L-inceste---Que-sais-je-copie-1.jpgp. 78
Dans « Principe de relation et néocatharsis », Ferenczi 
écrivait que « parents et adultes peuvent en fait vraiment aller très loin dans leur passion érotique pour les 
enfants ( ... ) »1, et ce même texte proposait des hypothèses sur la constitution de l'amnésie consécutive au 
traumatisme en invoquant la constitution d'une « psychose passagère » comme première réaction à un choc. 
La psychose passagère se conçoit comme « une rupture avec la réalité, d'une part sous forme d'hallucination négative (perte de conscience ou évanouissement hystérique, vertige), d'autre part souvent sous la 
forme d'une compensation hallucinatoire positive immédiate qui donne l'illusion du plaisir »2. Sous l'effet 
du choc, il y aurait « clivage psychotique d'une partie 
de la personnalité » mais « cette partie clivée survit en 
secret ( ... ) »3.
Car l'amnésie radicale n'est pas l'unique moyen de 
tenter de se défendre de tels traumas, et l'un des apports essentiels de la réflexion de Ferenczi est sa compréhension de l'ampleur des clivages qui se mettent en 
place : l'enfant est clivé, il est « à la fois innocent et 
coupable, et sa confiance dans le témoignage de ses 
propres sens est brisée »4. Ferenczi en vient à décrire 
la nécessité d'une « autodestruction psychique » qui, 
en tant que facteur délivrant de l'angoisse, est préférée à la souffrance muette.

___________________________________
1. S. Ferenczi (1930), Principe de relaxation et néocatharsis,
in Psychanalyse /V (/927-/933), Payot, 1982, p. 93.
2. Ibid., p. 94.
3. Ibid.
4. S. Ferenczi (1933), Confusion de langues ... , op. cit., p. 131.


Autres billets sur le Que sais-je ? sur l'inceste
1/ L'inceste – Que sais-je ? par Hélène Parat
2/ Abus ou agressions ? Que sais-je ? sur l'inceste
5/ Le silence des victimes de viols par Inceste éclairé par Ferenczi

Par Hélène Parat - Publié dans : Dissociation - Communauté : abus sexuels et conséqences
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 06:51

 

  Talmont-Virginie-Inceste.jpgPage 46
Mourir. Envie violente, irrésistible presque, de mourir dans l'instant. 
Avec mon bel Arnaud près de moi. En finir maintenant. Je vois la route qui file sous mes yeux, la 
moto avance à belle allure, je suis prise d'un vertige 
très fort, je vais tomber, ça y est, au revoir la vie, je n'y arrive plus j'ai trop peur, je suis trop sale et je 
ne peux pas le dire à Arnaud sinon je vais le perdre, 
mieux vaut partir maintenant, maintenant que je 
suis enfin heureuse, maintenant que j'ai rencontré 
l'homme de ma vie, ça y est, je tombe…

Un sursaut 
qui vient d'on ne sait où, une voix qui me supplie 
« calme-toi, détends-toi, c'est une crise d'angoisse, 
rien de plus, tu vas la surmonter, ne laisse pas le 
désespoir t'envahir, pas maintenant, accroche-toi, 
tu as droit au bonheur, ne baisse pas les bras », et je 
resserre ma prise autour de la taille d'Arnaud. Je ne 
vais pas mourir tout de suite. Demain, peut-être. 
Enfin, je ne sais pas. Le lendemain, le surlendemain, et le jour d'après encore, chaque fois que je 
me sens heureuse de goûter un beau moment avec 
lui, chaque fois, la nausée me prend, l'angoisse 
monte, la sensation de mort imminente approche. 
Je vais parfois jusqu'à vomir.

Nous sommes chez mon grand-père, seuls, 
Arnaud et moi. Moment d'intimité, nous apprenons à mieux nous connaître, physiquement aussi, 
j'ai envie de le rendre heureux mais l'angoisse est 
la plus forte. Je suis dans ses bras, j'ai envie de me 
laisser aller à me sentir bien mais je n'y ai pas droit, 
je suis saisie par l'angoisse et je cours vomir. Vomir. 
Vomir alors que mon Arnaud m'attend sur le 
canapé. Mon Dieu, non ! J'en ai marre ! Qu'est-ce 
qui ne va pas avec moi? Mais laissez-moi tranquille ! Vous ne voyez pas que je voudrais profiter 
de l'instant présent ?  


Autres billlet sur Inceste de Virginie Talmont
1/ Inceste
2/ Je dois me résoudre à être double

 

Par Virginie Talmont - Publié dans : Dissociation - Communauté : trop dure la vie....
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Dimanche 2 octobre 2011 7 02 /10 /Oct /2011 18:03

Vigan-de-Delphine---Nuit.jpgPage 59

Dans les dîners et les soirées, il faisait rire et 
continuait de capter l'attention. La parole était l'expression de son pouvoir, de sa puissance. Georges avait le 
verbe haut, précis, académique. Il fustigeait chez les 
autres les accords malencontreux, les fautes de syntaxe, 
les approximations sémantiques. Georges maîtrisait la 
grammaire française à la perfection et n'ignorait aucun 
mot d'argot. Des relents d'amertume l'assaillaient parfois, au détour d'une soirée, d'une conversation ou d'un 
mauvais film, et bientôt se formerait dans sa gorge une 
boule de colère qui ne cesserait d'enfler.

Un jour qu'il regardait dans le vide depuis plusieurs 
minutes, étranger au bruit qui l'entourait, Lisbeth, 
inquiète, avait rejoint sa mère dans la cuisine.
– Ce n'est pas papa qui est là.
– Comment ça ?
– C'est un homme qui a mis un masque qui ressemble à papa. Mais j'en suis sûre: ce n'est pas lui.  
_________________________
Autres billets sur Rien ne s'oppose à la nuit
1/ Rien ne s'oppose à la nuit
2/ Le regard du père sur sa fille 

5/ L'enfant ressemblait à son père

 

Par Delphine de Vigan - Publié dans : Dissociation - Communauté : "Psychologie interdite"
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Jeudi 12 mai 2011 4 12 /05 /Mai /2011 04:12

Je-suis-debout---Cherif-Delay.jpgPage 14
Sans que je puisse répondre, un autre 
avocat se lève et s'adresse à la présidente, comme si 
j'étais transparent :
– Madame la présidente, il faut regarder son suivi 
psychologique !
Je n'ai même pas encore parlé de la première 
personne qu'on m'a montrée sur le trombinoscope. 
Je n'étais plus une victime, pas même un témoin. J'étais 
l'accusé. Un accusé à qui l'on veut arracher des aveux. 
Mais des aveux de quoi ? J'étais en bouillie. Les questions pleuvaient. Je n'arrivais plus à articuler une phrase 
entière. Je bredouillais. Je bégayais...
Bien des adultes, je l'ai réalisé plus tard, perdent 
leurs moyens quand ils se retrouvent face à des juges, 
à la barre des témoins. Moi, j'avais l5 ans !
La suite, je l'ai vécue comme pendant les viols. Dissosié. J'étais à la barre, mais totalement absent. Comme 
si rien ne s'était passé sous ses yeux, la présidente a 
repris ses questions :
– Et telle personne, qu'est-ce qu'elle t'a fait ? 
Et moi :
– Je ne sais pas.
– Et telle personne ?
– Je ne sais plus.
Sans doute choquée par ce qui se passait, une avocate 
a pris le trombinoscope. Elle a prolongé les questions de 
la présidente :
– Et cette personne-là ?
– Je ne sais pas, je ne sais plus.
– Et cette femme ?
– Sais pas, sais plus.
C'était la photo de ma mère. 


– Et cet homme ?
– Je sais pas...
C'était Delay. Je rie suis plus là. Ils avaient voulu me 
tuer. Ils ont réussi. J'ai ressenti un fort vertige. Je fais 
quatre pas en arrière. La présidente me demande si 
ça va :
– Je sais pas, je ne sais plus.
Voilà comment je n'ai pas été témoin au procès en 
appel à Paris. Voilà comment des gens en robe noire 
ont volé mon droit à la parole. Depuis, je sais que ce 
dont j'ai été victime n'est qu'une technique utilisée 
par des avocats pour déstabiliser les témoins gênants, 
les experts. Une technique qualifiée par d'autres profes
sionnels du droit de terrorisme judiciaire.


Autres billets sur le livre Je suis debout de Chérif Delay
1/ Outreau – Je suis debout par Chérif Delay 
2/ Autofiction, dans "Je suis debout" de Chérif Delay
3/ La responsabilité du suicide de l'un des acquittés d'Outreau
5/ C'était plus fort que moi, je ne 
pouvais m'empêcher de chercher à détruire la famille 
d'accueil qui m'offrait ce que je n'avais jamais connu par Chérif Delay

 

 

Par Chérif Delay - Publié dans : Dissociation - Communauté : abus sexuels et conséqences
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Mardi 10 mai 2011 2 10 /05 /Mai /2011 19:28

Pensées en désuétudes de Stéphanie Michineaupar la critique littéraire, Stéphanie Michineau
Pensées en désuétude est un recueil de récits courts et de poèmes en prose publié l’année dernière aux éditions Edilivre. La citation ouvrant la quatrième de couverture est tirée de la section « Arts et Lettres » (La Ponctuation) :
« Comme une obligation. De s’arrêter. De prolonger. Une vérité. Difficile à accepter. Un ton haché. De solennité. A des mots attachés. Et dét….. Réévalués.
Des mots. Mobiles. Pris. Dans des bobines. De fils. A démêler. A séparer.
La sonorité. Des mots. Balançant. Rythmant. La cadence. A adopter


TON DETACHE
TON PRECIPITE
à des émotions mêlés. »

Elle constitue une sorte de contrepoint aux intentions clairement explicitées (voire revendiquées) de l’auteur… ou plutôt de l’auteure (puisqu’il s’agit d’une femme) :

« Ce sont ces tropismes, ces mouvements qui émergent à la surface des choses que Fanny Cosi, sur les traces de Nathalie Sarraute, traque sans fin dans Pensées en désuétude. C’est dans un style résolument moderne mais accessible à tous, bien différent en vérité de l’illustre écrivaine du Nouveau Roman, que Fanny Cosi parvient à mettre en lumière ces trop-pleins intérieurs auxquels on ne prend pas toujours garde et qui pourtant jalonnent nos existences humaines. »

C’est donc sur cette voix (puisque la thématique du numéro 57 de La Faute à Rousseau porte sur les voix) ... cette voix, écrivais-je, tapie dans l’ombre, émergente dans Pensées en désuétude, sur laquelle j’aimerai revenir.

Que mes lecteurs excusent la brièveté de mon analyse qui aura comme qualité principale (qui en est une pour la revue) la concision et manquera par conséquent l’aspérité alliée à l’ambiguïté de forme et de fond que l’auteure a pourtant voulu conférer à ses esquisses scripturales.

L’auteure est particulièrement attentive à un son, un geste, un regard, une intonation… détails trahissant cette voix intérieure qu’elle nomme « le langage des signes » (c’est d’ailleurs le titre d’une section).

Mais le propos de Fanny Cosi est plus grave que celui de Nathalie Sarraute dont elle tire « ces tropismes ». Il est à bien des égards d’ordre vital (d’où le ton grave qui se dégage de fragments prosodiques) comme une mise en alerte à ses semblables de laisser parler cette voix intérieure, tout au moins de l’écouter ! Et je ne pense pas trahir (ni forcer…) le texte de l’auteure en évoquant le terme de dissociation :

Ainsi, sa mère était morte…

Elle ne pouvait y croire. Le réel blessant. Pouvait parfois provoquer des égratignures de sang. Elle le savait à présent.

Il fallait guérir le mal par le mal. Ouvrir la plaie. Pour la soigner. Retrouver le centre. Tirer le cordon. Cela ferait sans doute mal au début. Comme un cadeau.

Tirer sur une ficelle. Puis une autre. Déchirer le papier décoloré. Se découvrir soi-même. Comme un cadeauComme un cadeau. » (p. 39)

Ainsi, revenons au terme de dissociation : dissociation est un concept inventé à l’origine par Pierre Janet en 1889 (qui aurait trouvé un nouvel essor depuis le début du XXe siècle...) pour décrire l’état de personnes souffrant de chocs post-traumatiques. La dissociation (c'est-à-dire le fait de se dissocier en deux entités, pour déplacer la souffrance de l’une à l’autre : du subissant au regardant) les aurait aidées dans un premier temps mais il leur faut revenir dans un second temps à l’objet de leur traumatisme sous peine qu’il resurgisse d’une manière incontrôlée, douloureuse voire destructrice (cf. section « Résurgence » dans Pensées en désuétude).

Pour en savoir plus à ce sujet, je ne saurai que trop vous conseiller la lecture de J’aimerai tant tourner la page, essai rédigé par le Dr François Louboff (éd. Les Arènes, 2008).

Mais nous nous arrêterons là pour ne pas trop déflorer le mystère de ces fragments dont l’intérêt réside aussi dans leur part de subjection, subjectivité même.. humanité serait le mot adéquat.

Le but de cet article était seulement d’entrouvrir cette voix plus intime à côté d’une sinon plus consensuelle (ce n’est pas le dessein de mes ouvrages comme critique littéraire !) mais tout au moins plus objective… puisque Fanny Cosi n’est autre que le pseudonyme que j’ai cru bon d’endosser pour rédiger Pensées en désuétude.

Pour en savoir plus :

Les trente premières pages du recueil sont téléchargeables gratuitement à partir du lien suivant :

http://www.edilivre.com/doc/16492

Pensées en désuétude a bénéficié de deux comptes rendus peu après sa publication :

l’un dans le Journal du Pays Yonnais (13 mai 2010) et l’autre, dans une revue littéraire intitulée Encres Vagabondes (18 mai 2010). Le Journal du Pays Yonnais a fait ressortir le versant vécu tandis qu’Encres Vagabondes le versant textuel.. situant l’ouvrage dans un espace autofictionnel.

Le recueil fera également l’objet d’une communication ayant pour titre « L’Ambiguïté dans Pensées en désuétude de Fanny Cosi par Stéphanie Michineau » dans le cadre du XXXIIe colloque international d’Albi (du 11 au 14 juillet 2011) dont la thématique générale porte L’Ambiguïté dans le discours et dans les Arts. Site internet du CALS :

http://w3.grill.univ-tlse2.fr/CALS.htm


Autres billets concernant Pensée en désuétude
1/ Pensée en désuétude de Fanny Cosi

Par Fanny Cosy - Publié dans : Dissociation - Communauté : Autofiction
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  • Casalis l'aide aux femmes victimes de viols
  • L'inceste de Odyssey Barot 1883
  • Outreau Gryson

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