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Alors que Rousseau revendiquait l’originalité
de son projet et le caractère unique de sa personne, le sujet de l’autofiction se façonne dans la parole de l’Autre et s’inscrit dans le sillage de ses prédécesseurs. Le sujet, en plus
d’être virtuel, se fait textuel. Il est à l’image du genre qui l’expose : monstrueux et hybride. Il n’est jamais un, il dit la pluralité de ce qui est en nous, il multiplie les
strates, se dévoile dans l’écriture et s’annihile dans la forme fragmentée qu’elle prend. L’autofiction, plus qu’un nouveau genre littéraire, est en fait le moyen qu’a trouvé le sujet
pour se mettre lui-même en question, pour refuser l’idée d’une vérité univoque et revendiquer sa fracture.
Arnaud
Genon
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Bernard Croisile est neurologue, spécialisé dans les troubles de la mémoire. Il passe en revue les étapes du processus de
mémorisation au micro de Carine Fillion.
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Autres billets sur la mémoire deJean-Paul Mari
Les nouvelles clés de la mémoire par Jean-Paul Mari
Par Jean-Paul Mari
Pourquoi on la perd, comment l'entretenir, les découvertes de la science, les dégâts de la maladie d'Alzheimer… Révélations sur une machine mystérieuse.
La mémoire nous fascine. A juste titre. Nous sommes ce que nous nous rappelons. Ce que nous ne voulons pas oublier. La mémoire est bien notre identité, notre histoire, elle donne un sens à notre existence, l'inscrit, la raconte, la transcende. C'est une machine prodigieuse, d'une incroyable complexité, dont la recherche fouille sans cesse les ressorts, les atouts et les fragilités. Surprise !
Les nouvelles découvertes nous apprennent que la mémoire... n'existe pas. Qu'il y a bien des mémoires, spécifiques, et que chacune a sa fonction, irremplaçable. Les travaux montrent aussi le rôle crucial de l'oubli, dans le choix des souvenirs qui nous permettent de construire notre avenir. Celui qui souffre d'amnésie est aussi malade que celui qui se souvient de tout.
Mémoire et oubli... comment fonctionne ce couple délicat ? Pourquoi un souvenir s'efface-t-il ? Qu'est-ce que ce mal du siècle, le drame de la maladie d'Alzheimer qui tue un homme en le privant d'abord de sa conscience ? Peut-on lutter ou la mémoire est-elle condamnée à s'effacer ? La mémoire a ses clés, sans cesse redécouvertes. Le dossier du "Nouvel Observateur" en décortique le fonctionnement. Et les mystères.
(Le dossier "Les secrets de la mémoire " est publié dans "le Nouvel Observateur" du 9 février 2012)
Pour lire le billet, cliquez sur le logo du Nouvel ObservateurDes chercheurs américains, dont les travaux sont publiés dans le Journal of Neural Engineering1, ont identifié un circuit neurologique, sur lequel il est possible d'intervenir, qui peut activer et désactiver la capacité de mémoire à long terme chez des rongeurs. Ils espèrent que leur découverte puisse un jour aider les personnes victimes de la maladie d'Alzheimer, d'un accident vasculaire cérébral ou d'un traumatisme.
"Allumez l'interrupteur et les rats se souviennent. Éteignez-le et les rats oublient", résument Theodore Berger et ses collègues des universités de Californie du Sud et Wake Forest.
Les chercheurs ont étudié les communications entre deux régions de l'hippocampe qui permettent la conversion de la mémoire à court terme en mémoire à long terme, pendant que des rats apprenaient, au moyen de récompenses, à peser un levier. Sans ces communications, dit Berger, pas de mémoire à long terme mais toujours une mémoire à court terme.
Les chercheurs ont ensuite administré aux rongeurs un agent pharmacologique qui interrompait la communication entre les deux régions de l'hippocampe, empêchant ainsi la formation de la mémoire à long terme. Les rats savaient toujours qu'ils devaient peser le levier d'abord à gauche puis à droite et ensuite vice versa. Mais ils ne se rappelaient pas plus que 5 à 10 secondes s'ils avaient pressé à droite ou à gauche.
En reproduisant les signaux neuronaux associés à la formation de la mémoire à long terme au moyen d'électrodes implantées dans le cerveau, ils ont rétabli cette capacité. Chez des rats n'ayant pas reçu la substance pharmacologique, l'appareil amenait aussi une amélioration de la capacité de mémoire.
Les chercheurs souhaitent maintenant reproduire ces résultats sur des singes.
1. http://iopscience.iop.org/1741-2552/8/3
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Date de première diffusion : Ven., 27. mai 2011, 22h11
(Allemagne, 2010, 52mn)
ZDF
En finir avec la peur
Qu'il s'agisse d'un traumatisme de guerre comme chez le sergent-chef Robert Müller, des séquelles psychiques d'une attaque à
main armée comme celle qu'a vécue Joel Coutou ou d'un deuil insurmontable comme pour Sonja Merkhofer, les souvenirs douloureux sont souvent si handicapants que ceux qui en sont encombrés
donneraient tout pour s'en débarrasser.
De leur côté, les chercheurs suivent des pistes diverses qui vont des thérapies comme l'EMDR - en français "désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires" - à la recherche pharmacologique.
Tandis qu'Alain Brunet, à Montréal, travaille sur une molécule susceptible de bloquer l'adrénaline qui accentue la mémoire émotionnelle, André Fischer, à Göttingen, a isolé l'enzyme responsable du stockage des souvenirs traumatiques et cherche maintenant à en découvrir l'inhibiteur. Des recherches qui ne manquent pas de susciter quelques inquiétudes : jusqu'où est-il bon de manipuler la mémoire et de dépouiller l'homme de ses souvenirs, si accablants soient-ils ?
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