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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 19:32

Jeanne Cordelier ReconstructionPage 173

Dans le fridge y a une bouteille de champ'. J'en fais sauter le bouchon.Y a des événements qui s'arrosent. Celui qu'on arrose aujourd'hui est à la fois une naissance et un enterrement. La naissance d'une femme qui a perdu toute illusion, l'enterrement de celle qui en avait, encore et malgré tout. Je ne sais pas si je suis ivre. Je ne sais pas si je suis, ni qui. J'ai perdu le nord, la boussole, Val cet incomparable raccommodeur de porcelaine, à qui j'avais confié ma poupée cassée. Je demande à Anne de se désaper, histoire de voir dans le détail à quoi ressemble la gonzesse qui fait bander mon mec. Elle s'exécute et l'instant d'après on est toutes les deux' à poil dans le lit à baldaquin de mon ami Denis. Elle prend mes pieds dans ses mains, les caresse, dit qu'ils sont beaux et en en baisant la cambrure déclare que j'ai des pieds de dominatrice.

Le soleil rentre dans la chambre. Couchée sur le ventre je me réveille doucement. Quelqu'un me masse les mollets. Qui ? Je tourne la tête, c'est Anne. Elle est défigurée, son visage est tout tacheté de rouge. Couvert de suçons. Qui t'a fait ça, je demande. Toi, répond-elle.

En dernier recours, je l'ai vampirisée. J'ai voulu m'abreuver de son sang malade. C'est ça qu'elle veut dire ? Je ne me rappelle rien, sauf vaguement m'être dressée sur les genoux et les bras levés d'avoir dit l'abus. L'inceste m'était remonté comme une grosse régurgitation. Et j'entends la voix d'Anne murmurer : ma pauvre amie.


Autres billets sur Reconstruction de Jeanne Cordelier
1/ Reconstruction de Jeanne Cordelier

2/ Jeanne Cordelier : Le second souffle

3/Préface de Benoîte Groult pour Reconstruction

4/ Reconstruction de Jeanne Cordelier par le Figaro.f
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6/ Comment devient-on après les viols par inceste ?

7/ Famille d’incestueurs

8/ La peur de l'abandon après une enfance violée

9/ Rêve d'inceste
10/ Le vide, l'abandon 

12 / Avec les viols par inceste, les échecs scolaires

13/ La chronique littéraire de Jean-Claude Lebrun : Jeanne Cordelier. L’autobiographie nécessaire

 14/ Un corps que je ne connais pas
15/ "Reconstruction", de Jeanne Cordelier : la deuxième vie de Jeanne Cordelier par Fabienne Dumontet

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 18:49

Jeanne Cordelier Reconstruction

Page 34

En attendant plus que tout de savoir comment j'allais me débarrasser du boulet que les flics américains m'avaient mis aux pieds. Cela dit, ils n'étaient pas tout seuls, je les y ai bien un peu aidés… parce que je suis une brave fille, pour ne pas dire une brave bête. Couchée ! assise ! on tend la patte, on fait la belle. J'ai été bien dressée. On m'a bien tanné le cuir, quand je rêvais de caresses, de mots doux, de cacher mes larmes dans un cou. Bêtasse va ! Les hommes n'aiment pas qu'on leur chiale dans l'encolure.

Page 55

Mais puisque c'était Kinski pourquoi pas ? Et face à pareil nom, Hachette allait bien devoir en rabattre non… On allait voir et sans tarder, puisque la semaine suivante, à bord de la Rolls-Royce de l'acteur fétiche de Werner Herzog, je remontais les Champs-Élysées. On avait rendez-vous avec Raymond Danon, le fameux producteur, le porte-lazagnes d'un certain ciné. Des tunes lui, il en avait, gros comme lui, ce qui expliquait qu'il ait ses bureaux sur les Champs. De temps à autre Klaus me caressait le bas du dos, histoire de s'assurer que je ne portais pas de culotte comme il me l'avait demandé. C'était pas la première fois que je sortais sans, et en plus ce jour-là, y faisait beau. Dans le hall y avait le pouce de César, dressé. Je ne savais pas très bien comment interpréter l'accueil. Personnellement, moi doigt pour doigt, j'aurais préféré le majeur droit. Dans l'ascenseur Klaus a encore vérifié pendant que je regardais les étages s'afficher. Combien de temps les hommes allaient-ils encore fantasmer sur moi comme pute, et combien de temps allais-je encore me laisser manger la laine sur le dos ? Dis-moi, ma brebis ? Elle bêle, elle s'en cogne, dit que maintenant qu'elle bosse pour elle, les loups ne lui font plus peur. On arrive au dixième.

Page 74

J'ai quitté son bureau, soulagée. L'air abattu, Eric était assis sur une chaise dans le couloir. Il me semble qu'on s'est embrassés, à moins que je n'aie tout inventé. Tout comme la disparition du bahut dans l'entrée, des Gallé de la période japonaise, d'une paire de candélabres en argent, de mes bijoux, que je ne portais plus depuis longtemps d'accord, mais qui auraient pu servir en cas de panne de stylo. Cela dit, nous n'allons pas faire l'inventaire. Ça ferait trop, d'autant qu'au fond cela m'était indifférent. Puisque pour la plupart volées, je n'avais jamais considéré que ces choses m'appartenaient. Il faut dire aussi que mon sens de l'appropriation n'est pas très développé. Je vois tout comme un décor, et moi en faisant partie. Cependant il n'a jamais été aussi beau depuis que je te porte, tellement, tiens, que je me roulerais dedans.


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11/ Dissociation

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 11:05

Jeanne Cordelier ReconstructionPage 107

Alors je me relève, reprends une bière et recommence à écrire jusqu'à n'en plus pouvoir. Est-ce bien, est-ce mal ? Ça m'est égal. Et déjà faut-il se poser la question… dans ce temps que les absences de ton père pulvérisent, je vis comme entre parenthèses. J'ai établi une règle: aucune communication, sauf en cas d'accident. On ne viole pas l'espace de l'autre sous prétexte de mariage. C'est aussi une façon de me protéger. La femme amoureuse que je suis ne souffrirait pas, en effet, que le son de la voix aimée, et ce quelles qu'en soient les raisons, soit ne serait-ce qu'une seconde en inharmonie avec la sienne. Si cela survenait, le doute tel un démon s'engouffrerait alors dans mon esprit et je resterais là torturée, pantelante, les bras autour du ventre et saignant au-dedans en attendant qu'on me rappelle… Non, non pas moi. Moi, je cloisonne. Ce qui n'est pas toujours facile, je l'admets. Pour l'instant je tiens bon, on verra bien avec le temps.

Page 110

C'est une vie bien particulière que nous menons là, qui a ses bons et ses mauvais côtés! Parmi les bons, l'un d'eux est que cela nous permet d'entretenir notre passion. L'absence, tu l'éprouveras, exacerbe le désir de l'autre. Pour ce qui est des mauvais, le pire de tous, c'est quand je vais rejoindre Val dans un pays où il m'a précédée de quelques jours ou de quelques semaines, n'importe, le sentiment est le même. Sitôt descendue d'avion, je me sens comme une intruse dans le monde de ses habitudes sans moi. Un monde de séduction où la légitime n'est pas la bienvenue. Dois-je m'excuser d'être sa femme auprès des nuées de cantharides éblouies qui lui tournent autour ? Parfois il m'arrive de penser de ne plus aller le rejoindre quand il part avant moi, mais ma passion pour lui, pour le voyage aussi, me pousse à courir le monde, en sa compagnie. Un jour pourtant, il faudrait bien sortir de l'envoûtement, mais comment ? Et pourquoi ? Puisque sans lui la vie perdrait son sel. Chaque extase a son coût.


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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 09:41

Jeanne Cordelier Reconstruction

Page 47

 

À New York, après la chambre au Berkeley où j'avais élu domicile en attendant Val, on a bougé chez Ale m, un ami éthiopien qui habitait Harlem. Passer de Park Avenue à la 124e Rue, ça, pour changer, ça change. Tellement que tu ne sors plus, pas sans Alem toujours. Et c'est comme ça qu'un soir, on a eu le privilège de se retrouver dans une boîte de jazz, seuls Blancs, parmi les Noirs. Comme deux notes isolées. Deux notes que la musique a eu tôt fait d'inclure. Alors on s'est laissé porter et ainsi jusqu'à l'aube. Voilà comment il fallait vivre. C'était ça la clef du bonheur. Surtout pas de trousseaux à soi. Pas de porte derrière laquelle on puisse souffler. Toujours haleter.

Dans le deux-pièces de Harlem, depuis la cuisine, j'observais le mouvement des mains de Val au-dessus du clavier de la machine à écrire. À peine si ses doigts effleuraient les touches. Ne jamais les emprisonner. Jamais. Et comment faire, quand on est jalouse d'une machine à écrire ? C'est donc cela qu'on appelle aimer… eh bien il est joli l'amour ! Fallait pas s'y frotter, j'entends. Tiens donc ! Mais si je m'y étais pas frottée, je serais morte. À coup sûr j'aurais attrapé une maladie de peau, qui m'aurait emportée. Puisque nos peaux ne faisaient qu'une. On s'en enveloppait si bien. Des suaires, quels suaires ? C'est vrai qu'à plus d'une occasion, partagée entre le désir de me rendre pieds et poings liés, et celui de me dresser contre ce que je sentais être une atteinte à mon intégrité, il m'est arrivé de hurler à la mort. Val n'a jamais cherché à empêcher ces cris, au lieu, il a tenté de les déchiffrer. Ensemble on découvrait une nouvelle langue, celle du silence enfoui. Un trésor autrement dit.


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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 08:28

Jeanne-Cordelier-Reconstruction.jpg Benoîte Groult (Préfacière)

Broché

Paru le : 04/03/2010

Editeur : Phébus

ISBN : 978-2-7529-0436-2 EAN : 9782752904362

Nb. de pages : 268 pages Poids : 323 g

Dimensions : 20,4cm x 14cm x 1,8cm

Personne n'a oublié la jeune femme de La Dérobade, l'enfer de son expérience, la violence de ses souvenirs.
Un témoignage exceptionnel de sincérité sur la prostitution, salué unanimement par la critique : " Le livre de Jeanne Cordelier, c'est de l'or pur, c'est un grand écrivain " (Yvan Audouard dans Le Canard enchaîné). En voici, des années après, le "versant lumineux", nous dit Benoîte Groult, qui préface ce texte bouleversant et allègre à la fois : le récit d'une femme qui reconquiert sa dignité et retrouve "l'ivresse d'exister, l'ivresse d'aimer".
Jeanne Cordelier nous livre l'histoire de sa Reconstruction, qui est aussi celle d'une passion absolue et réciproque pour un homme. Une passion que, ni les obstacles – et ils ne manqueront pas – ni le temps ne parviendront à banaliser. Un hymne à la vie, à l'amour mais aussi à la littérature, sans lesquels, sans doute, nulle reconstruction, n'eut été possible.


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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 06:35

la-musicotherapie-Eidith-Lecourt.jpgBroché
Paru le : 04/03/2010
Editeur : Eyrolles
Collection : Eyrolles Pratique
ISBN : 978-2-212-54600-2
EAN : 9782212546002
Nb. de pages : 214 pages
Poids : 320 g
Dimensions : 14,8cm x 21cm x 1,5cm

Utilisée depuis l'Antiquité pour ses vertus apaisantes ou curatives, la musique constitue aujourd'hui pour les psychothérapeutes un support privilégié et efficace.
Ce livre vous invite à vous familiariser avec la musicothérapie, en découvrant d'abord ses fondements historiques et théoriques puis ses différentes applications. Tests, exemples et exercices à l'appui, vous pourrez comprendre et expérimenter ses bienfaits. Complet, documenté et pratique, ce guide de référence est une parfaite introduction à la musicothérapie.


Autres billets sur le livre d'Edith Lecourt La musicothérapie

2/ La musicothérapie parmi les grands courants 
psychothérapiques actuels

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 06:31

Jeanne Cordelier Reconstruction

Reconstruction, c'est d'abord le livre de l'ivresse d'exister, de l'ivresse d'aimer. Par quel miracle la petite fille abusée à onze ans par son père, l'adolescente livrée à dix-huit ans par sa mère à un proxénète qui allait la prostituer quatre ans et demi sur les trottoirs de Paris, avec épisodes dans ces « maisons d'abattage » où l'on envoyait les récalcitrantes pour les dresser, par quel miracle allait-elle découvrir l'ivresse de vivre enfin ?

…/…

Comment imaginer que dans cette vie verrouillée, placée dès le départ sous le signe de la violence, va surgir ce miracle qu'on appelle résilience ? Une résilience fondée sur l'amour et l'écriture qui vont réussir à ouvrir la porte de ce qu'elle va appeler sa reconstruction.

« Ce qui a fait que le système se déglingue, c'est que je suis tombée amoureuse. Mais pas amoureuse comme ça, folle amoureuse. […] A la vue de [cet homme] je retrouvais quelque chose qui datait d'avant la souillure. »

Cette phrase, c'est sans doute le moment de basculement et la clef de tout ce livre, dont Jeanne Cordelier va nous faire partager les étapes. Imprévues, passionnantes, douloureuses aussi, et longtemps fragiles et menacées car on ne quitte pas le milieu comme on claque une porte. On n'oublie jamais son enfance piétinée, les trahisons de ses proches, ses propres errements sur un chemin où ne règnent pas les lois coutumières.

« L’inceste, c'est pire que la prostitution », dira-t-elle quelque part. Cette reconstruction, c'est le versant lumineux de La Dérobade. On y retrouve ce qui avait assuré le succès phénoménal de son premier livre : ces traits de caractère insolites qui ont survécu aux drames de sa vie : la générosité, l'empathie, l'absence totale de rancune envers les artisans de son malheur et – oui, j'ose le dire – une fraîcheur d'âme et une capacité d'aimer intactes et aussi une poésie qui l'ont sûrement sauvée autrefois de la destruction.

…/…


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11/ Dissociation

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 08:28

The-impact-of-childhood-sexual-abuse.jpg Broché: 372 pages
Editeur : Ballantine Books (P);
Édition :
Reissue (février 1990)
Langue :
Anglais
ISBN-10 :
0345366395
ISBN-13 :
978-0345366399

From Publishers Weekly

"Required reading for fans of Woolf, this superlative study traces the impact of early sexual abuse on her personality and her writing," reported PW , calling the work "a major step toward a reappraisal of Woolf's feminism." Photos. Copyright 1990 Reed Business Information, Inc.

Ingram

Many thought Virginia Woolf, author of several classics of modern literature, to be brilliant but mad. Now this astonishing and acclaimed book reveals the awful truth: from the age of six, Virginia was an incest victim. A compassionate account sure to be of comfort to other abuse victims everywhere. Illustrated.
Louise A. DeSalvo propose un traitement de l'abus sexuel incestueux que subit V. Woolf quand elle était jeune dans Virginia Woolf: The Impact of Childhood Sexual Abuse on her Life and World. Son imaginaire est aussi étudié pour sa profondeur de vue dans des thèmes comme le syndrome commotionnel, la guerre, les classes et la société britannique moderne. Les plus connues de ses œuvres nonchambre à soi et Trois Guinées, traitent de l'avenir de l'éducation féminine et du rôle des femmes auteurs dans les canons littéraires occidentaux.

____________________________
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 13:55
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 04:15

Il arrive queLogo Aide Psy cette angoisse, source première de douleur psychique et d'affect de deuil (1), reste présente chez l'enfant qui n'arrive pas à la dominer. Pour Freud S. (2), il ne s'agit pas d'une problématique dépressive tournant autour d'un deuil impossible, il le conceptualise de cette manière :

"Il n'y a pas deuil impossible d'un objet dont on investit l'ombre mais deuil impossible d'un objet jamais entièrement intériorisé et dont, par conséquent, on investit le "trou".

Cette angoisse est liée à une faille narcissique précoce minant toute rencontre à venir, qui est toujours, potentiellement, une séparation. C'est-à-dire séparation d'avec l'autre mais aussi d'avec soi. Se séparer, c'est perdre l'illusion d'une totalité qu'on pensait être ou faire avec un objet et appréhender alors la réalité et soi-même sous un autre jour. Ainsi se structure le psychisme humain.

"L'identité de l'homme implique séparation et perte. Il est clair, alors, que naître, c'est mourir à ce qui nous conçoit - ce qui implique que ce qui nous conçoit nous donne à nous-même."(3)

Mais si l'angoisse d'abandon prend le dessus, tout sera mis en oeuvre pour ne pas vivre justement ce qui, au lieu d'être structurant, devient intolérable, la toute-puissance du sujet étant ébranlée. Ces narcissismes "troués" sont en effet tout-puissants ou ne sont pas. Dans ce cas, surgissent des états dépressifs importants dominés par un sentiment de vide et d'impuissance. De multiples moyens sont déployés pour éviter cette menace y compris celui de se précipiter à faire des enfants à qui, à leur tour, on refusera la vie. Ainsi une maman prise par les affres de l'abandon réel dont petite fille elle aura été "l'objet", soumise à la crainte de reproduire le malheur, et qui choisit de ne jamais se séparer de son enfant, risque fort d'être là sans l'être. Dans les bras d'une mère, physiquement présente, toute à lui mais absorbée par son ancien malheur, l'enfant perçoit qu'en dépit des apparences sa mère n'est pas disponible, en tant que mère, pour le soutenir. Ni pour lui, ni avec lui. Comme si elle redevenait l'enfant qu'il ne peut alors être, il se sent abandonné en tant que tel. Il peut traduire son manque en tentant d'attirer l'attention maternelle par des moyens plus ou moins heureux, des pleurs au mutisme, du pipi au lit aux câlins incessants, du sourire à la chute, qu'elle soit physique ou scolaire. Elle ne saura ni ne pourra lui répondre. En effet, paradoxalement, tout en étant incapable de se séparer de lui, elle ne sera plus avec lui. Et au pire, se ressentira alors elle-même abandonnée par son enfant qui cesse d'être l'enfant idéal. Le lien se renforce sous le sceau du sentiment indicible d'abandon partagé et nuit à la séparation. (4)

Sources :

1. Freud S. : « Inhibition, symptôme et angoisse »

2. Freud S. : « Deuil et mélancolie »

3. Vasse D. : « Le sujet naissant »

4. Morizot-Martinet S. et all. : « Angoisse d'abandon ou vie sans miroir »

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Published by Pascaline Manbour - dans Abandon
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