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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 19:18

Logo-Jouissance-et-Perversion.jpgjeudi 30 juin 2011

J'emploierai (avec d'autres) le terme de transmutation pour caractériser l'opération perverse en tant qu'elle s'effectue par l'écriture.

Il ne suffit pas d'affirmer un lien entre la disposition perverse d'un sujet, voire ses pratiques déviantes socialement, et son expression littéraire avec ses particularités de style. Une telle conséquence s'impose d'elle-même, mais elle ne dit pas en quoi l'écriture en tant que telle peut être qualifiée de perverse.

Il suffit de lire Genet, par exemple, pour s'apercevoir que l'écriture permet une transfiguration de l'abjection en son contraire, un passage de l'objet déchet vers une beauté idéale.

L'écrivain pervers, à la différence du simple sujet "victime" de sa perversion, si l'on peut dire, s'intéresse par définition à la langue soutenant les fantasmes et les passages à l'acte qualifiés de pervers.

Sur ce matériau, l'art poétique accentue et relance l'œuvre de la métonymie ; le lien entre cette figure et la structure fétichiste, notamment, apparaît clairement. Littéralement, autant que littérairement, le fétichisme opère à rebours du narcissisme : en dévoyant les traits identificatoires, uniques et aliénants, dans le sens d'une dissémination où le sujet ne se repère – en se destituant – que dans la coupure, la différence, le relais vers cet Autre par excellence qu'est le lecteur.

La structure de la perversion ne consiste donc pas seulement dans le désaveu, le démenti (Verleugnung), la négation de la castration, comme Freud lui-même l'avait déjà remarqué. Elle ne réside pas non plus uniquement dans la division du sujet, précisément entre un pôle de désir (Wunsch) et un pôle constitué par la réalité (l'absence du pénis maternel).

La perversion s'appuie aussi bien et surtout sur l'aveu du désaveu en question, et culmine dans la jouissance consistant à exprimer la déviance, le manque, le ratage spectaculaire de la jouissance sexuelle.

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo Jouissance et Perversion

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Published by Didier Molinier - dans Ecrivains
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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 07:09

Le-Monde-logo.jpgArticle publié le 17 Avril 2011
Par Martine Laronche

L'art-thérapie conjugue psychothérapie et compétence artistique pour exprimer un mal-être.

Lise, 48 ans, s'est rendue tous les lundis pendant neuf ans à des ateliers d'écriture à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris. Elle souffrait d'une grave dépression. « Mes problèmes psychologiques m'ont explosé à la figure comme une bombe à retardement, mais ils étaient sans doute là depuis très longtemps », explique-t-elle. Du fait de sa maladie, son contrat dans un musée parisien, où elle travaillait depuis trois ans, n'a pas été renouvelé. Peu après, son frère est décédé. Autant d'événements qui ont aggravé sa dépression.

Pour lire l'article, cliquez sur le logo du Monde

Logo Centre d'études de l'expression-copie-1Cliquez sur le logo du Centre d'Etudes de l'Expression

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Published by martine Laronche - dans Arts thérapie
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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 18:16

Logo-Maitre-Mo.jpgMercredi 14 octobre 2009

Jade a maintenant sept ans. C’est une jolie petite fille, avec d’immenses yeux bleus. Elle vit cette année 2000 avec toute la joie des gamines de son âge, et ne regrette qu’une chose : ne pas voir son père plus souvent.

Ses parents se sont séparés il y a deux ans, elle vit chez sa mère, qu’elle adore, mais son père, qu’elle revoit les week-ends et les vacances, lui manque. Mais ses parents lui ont bien expliqué, elle n’est pas malheureuse, elle a compris que c’était comme ça, et tout le reste va bien : son petit frère Ilan, quatorze mois d’écart avec elle, avec qui elle joue beaucoup, l’école, elle est bonne élève, sa maman, qu’elle adore, qui est aide-soignante, c’est pratique, c’est elle qui lui guérit ses bobos, Lydie, sa meilleure amie, fille des voisins, avec qui elle dort de temps en temps, son carnet intime, qu’elle remplit tous les soirs de mots simples et d’une écriture toute ronde…

Tout va bien, Jade est une petite fille pleine de beauté et de joie, comme tant d’autres.

C’est au milieu de cette même année que Paul, le nouveau copain de maman, vient habiter à la maison.

Jade ne l’aime pas, d’abord parce qu’il n’est pas son papa, et ensuite parce qu’elle le trouve tarte, elle ne comprend pas pourquoi maman l’aime bien, mais bon c’est maman qui décide, alors… Et puis franchement il fait des efforts, Jade le voit bien, il est gentil et il essaye de se faire bien aimer.

La mère de Jade change de service, à l’hôpital, et doit maintenant travailler la nuit : elle fait deux nuits puis a deux jours de repos puis enchaîne trois nuits, et ainsi de suite. Elle attend le soir que Paul rentre de son travail, et puis elle s’en va, après avoir surveillé le bain, mis les enfants en pyjamas, et les avoir fait dîner. Parfois Paul rentre un peu plus tard, alors elle demande à la voisine ou bien à une cousine qui n’habite pas loin de venir garder les petits, en attendant.

Ça se passe comme ça pendant deux mois environ. Paul connaît mieux les enfants, maintenant, et le soir, il fait un truc rigolo avec Jade, après avoir couché Ilan dans la chambre voisine de la sienne -enfin, il trouve lui que c’est rigolo, Jade s’en fiche, elle trouve que c’est un jeu de bébé, mais ça à l’air de lui faire plaisir, alors… Il rejoint Jade en bas, pour la coucher à son tour, mais avant, il prend le foulard bleu de maman, le noue sur les yeux de Jade, et il trempe son doigt dans des trucs -du sucre, du chocolat, de la confiture, du miel- et le met dans la bouche de Jade, qui doit deviner en goutant ce que c’est : trop facile, franchement, mais bon, c’est rigolo un peu quand-même. Sauf que des fois, ça a un drôle de goût, elle ne trouve pas ce que c’est mais elle n’aime pas, en tout cas.

Pour lire la suite, cliquez sur le logo de Maître Mô


Autres billets de L'histoire de Jade en petits morceaux par Maître Mö
2/ L'histoire de Jade en petits morceaux

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Published by Maître Mô - dans Autofiction
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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 08:06

Logo PsychomédiaSource : Science Daily

Des chercheurs américains, dont les travaux sont publiés dans le Journal of Neural Engineering1, ont identifié un circuit neurologique, sur lequel il est possible d'intervenir, qui peut activer et désactiver la capacité de mémoire à long terme chez des rongeurs. Ils espèrent que leur découverte puisse un jour aider les personnes victimes de la maladie d'Alzheimer, d'un accident vasculaire cérébral ou d'un traumatisme.

"Allumez l'interrupteur et les rats se souviennent. Éteignez-le et les rats oublient", résument Theodore Berger et ses collègues des universités de Californie du Sud et Wake Forest.

Les chercheurs ont étudié les communications entre deux régions de l'hippocampe qui permettent la conversion de la mémoire à court terme en mémoire à long terme, pendant que des rats apprenaient, au moyen de récompenses, à peser un levier. Sans ces communications, dit Berger, pas de mémoire à long terme mais toujours une mémoire à court terme.

Les chercheurs ont ensuite administré aux rongeurs un agent pharmacologique qui interrompait la communication entre les deux régions de l'hippocampe, empêchant ainsi la formation de la mémoire à long terme. Les rats savaient toujours qu'ils devaient peser le levier d'abord à gauche puis à droite et ensuite vice versa. Mais ils ne se rappelaient pas plus que 5 à 10 secondes s'ils avaient pressé à droite ou à gauche.

En reproduisant les signaux neuronaux associés à la formation de la mémoire à long terme au moyen d'électrodes implantées dans le cerveau, ils ont rétabli cette capacité. Chez des rats n'ayant pas reçu la substance pharmacologique, l'appareil amenait aussi une amélioration de la capacité de mémoire.

Les chercheurs souhaitent maintenant reproduire ces résultats sur des singes.

1. http://iopscience.iop.org/1741-2552/8/3

Pour lire l'article, cliquez sur le logo de psychomédia

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Published by psychomédia - dans Mémoire
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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 08:15

Autoportrait-de-1958-1959.jpg

Autoportrait de 1958-1959

Elle se représente sous des traits cadavériques, quasi fantomatiques. Son corps est composé de morceaux de céramique brisés, tranchants. Quelque chose en elle porte les stigmates de l’inceste commis par son père alors qu’elle avait onze ans.


Autres billets sur Niki de Saint-Phalle
1/ Niki de Saint-Phalle : Mon secret
2/ Mon secret de Niki de Saint-Phalle réédité
3/ Niki de Saint Phalle : Ce même été, mon père – il avait 35 ans, glissa sa main dans ma culotte
5/ L'interdit
6/ Forme de pardon
7/ Les traces du viol dans l'œuvre de Niki de Saint-Phalle Par Rennie Yotova
8/ Niki de Saint-Phalle, témoigner pour prévenir par Questions d’inceste

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Published by E.T. Documentaliste - dans Niki de Saint Phalle
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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 10:13

Logo-psydocFrance.jpgJean-Michel Darves-Bornoz
Docteur ès Sciences, hdr, Psychiatre des hôpitaux à Tours, Clinique Psychiatrique Universitaire (CHU) & EA 3248 Psychobiologie des émotions (Université François-Rabelais)

La question qui est posée ici n’a suscité que peu de recherches. En outre, l’absence d’utilisation des méthodologies modernes de recherche clinique et épidémiologique jette le doute sur la validité des découvertes. Ce manque préoccupant est en soi un élément scientifique à verser au débat.

En effet, problème de santé majeur, l’abus sexuel d’enfants ne peut trouver de réponse dans la seule répression mais dans une approche préventive diversifiée où le débat de société suivi de ses décisions éducatives et la théorisation psychiatrique accompagnée de ses prescriptions psychiques sont décisifs.     
Ce texte trouve la justification de sa démarche dans l’opinion que les auteurs d’agression sexuelle intra-familiale ne forment pas un groupe clinique spécifique, et que pris dans leur ensemble, les traumatismes interindividuels – émotionnels et physiques aussi bien que sexuels - apparaissent comme un facteur de risque de délinquance sexuelle surtout chez les hommes. Dès lors, la référence au champ du trauma sert la prévention en ce domaine, en particulier pour saisir au moment opportun chez les victimes la genèse d’identifications aliénantes, en particulier d’identifications à l’agresseur.

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de psydocFrance

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Published by Dr Jean-Michel Darves-Bornoz - dans Agressions en tous genres
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 19:15

Damiani être victimePage 120
La résilience
A l'origine, la résilience, en latin resilentia, est utilisée en physique pour déterminer la résistance aux chocs.

En psychologie, la résilience a été définie 
par Michaël Rutter qui a procédé à l'observation d'enfants victimes de maltraitance et d'abus sexuels. Il conclut que, dans une même fratrie, des en
fants y résistent en se développant à peu près normalement et d'autres n'y 
résistent pas ou peu. Il va nommer résilience cette capacité à surmonter les 
épreuves, à affronter l'adversité : certaines personnes sont complètement 
anéanties par un événement traumatique alors que d'autres le sont beau
coup moins. C'est la « capacité de bien fonctionner malgré le stress, l'adversité, les situations défavorables [...] la possibilité de surmonter, au moins 
partiellement, des conditions difficiles d'un type ou d'un autre ».
Il ne s'agit pas ici de vulnérabilité ou d'invulnérabilité, mais plutôt de capacité à s'adapter à la situation et à mettre en œuvre des stratégies pour lutter 
contre les conséquences traumatiques d'un événement ou de situations ré
pétées de victimisation.

C'est un processus complexe résultant de facteurs 
internes, innés, externes dus à l'environnement et de leurs interactions. La 
résilience rend compte de la capacité des victimes à s'appuyer sur leurs ressources internes et externes, voire à transformer les expériences douloureu
ses en aptitudes créatrices.

La résilience est évolutive et dynamique. Elle 
n'est pas infaillible ou définitive. Une personne peut être résiliente face à un 
événement et pas face à un autre, ou elle peut l'être à un moment donné 
puis ne plus l'être. Les études actuelles essaient de mieux préciser ce qu'est 
la résilience et de déterminer pourquoi certains enfants sont résilients et 
d'autres pas.
L'événement traumatique n'arrive jamais sur un terrain vierge. Il existe une 
organisation psychique qui détermine une capacité plus ou moins forte de 
résistance au traumatisme. En ce qui concerne les ressources internes, les 
facteurs suivants sont le plus souvent repérés :
La qualité du narcissisme et de l'estime de soi. Une personne qui a 
été un enfant aimé et respecté, est sûre de sa valeur en tant qu'être 
humain. Elle aura donc plus de chances de résister aux traumatismes 
infligés par la réalité. Si elle décompense, ce sera de façon transitoire.
Le traitement cognitif des informations, la capacité à les organiser, l'intellectualisation peuvent aider à mieux faire face aux 
épreuves.
La secondarisation ou mise en pensée. Ce n'est pas l'intellectualisation (qui a trait à l'intelligence) mais la capacité de « mettre en 
mots et en images » (qui a trait à la créativité). Pour combattre ses 
angoisses, l'individu doit pouvoir puiser dans ses ressources internes 
et faire appel à la vie imaginative, aux fantasmes, au jeu, à la parole. 
Le fantasme est lié à la capacité à mettre en représentations, en récit.
C'est une activité créatrice qui rend le sujet plus armé pour réduire 
l'angoisse et affronter les événements de la vie. Ainsi, il faut à l'individu toutes les ressources non seulement de l'intelligence et mais 
aussi de la créativité pour surmonter les épreuves.
L'humour, signe d'une grande souplesse psychique, permet de 
prendre du recul et d'être moins atteint par la réalité.
La résilience fait aussi référence à la capacité de chercher à l'extérieur, parmi 
les proches et les professionnels, ce qui fait défaut à l'intérieur. Elle rend 
compte de la capacité à mobiliser des personnes pouvant apporter continuité, sécurité, permanence, écoute, soutien, solidarité. L'environnement fami
lial est reconnu comme un facteur important de protection psychologique. 
En revanche, les séquelles traumatiques tendent à s'aggraver lorsque cet environnement stable fait défaut (c'est plus sa qualité que sa quantité qui est 
en cause).


Exemple

Dans une même famille, un enfant maltraité sera résilient : il fera des 
choix de vie (amoureux, professionnel...) qui lui apporteront confort 
et satisfaction, il ne s'exposera pas à des situations risquées, il choisira le 
moment opportun pour entreprendre une psychothérapie sans de 
trop grandes souffrances.
Un autre enfant de la même famille, qui a subi les mêmes faits, mais 
non résilient, sera enfermé dans des conduites transgressives ou à risque, il n'aura pas les moyens d'en parler sans s'effondrer, il reportera la responsabilité de ses actes sur les autres, il sera contraint. dans ses choix et ses objectifs.


Autres billets sur le livre Etre victime, aides et recours par Carole Damani & Corinne Vaillant
1/ Être victime, aides et recours par Carole Damiani & Corinne Vaillant

2/ L'information de la victime et la constitution de partie civile

 

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Published by E.T. Documentaliste - dans Résilience
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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 05:45

Logo chroniques amnésiques et autres mémoires vives

Photo RPLPas de place à la supposition. Ces quelques mots viennent de me fendre en quatre. J’en perds la raison, et j’en oublie, là, en ce moment, et à toute vitesse, les souvenirs, mes quelques pauvres débris de souvenirs, qui témoignent peu de ce que je sais mieux et autrement, par les lettres et les récits de mon frère aîné, par les aveux de ma mère, par les rêves récurrents et les cauchemars surréels qui viennent encore me hanter, par les flashbacks qui n’ont jamais, jamais cessé de polluer ma vie sexuelle, jusqu’à tout récemment.

Pas de place à la supposition ! Je suis bouleversé, je tremble comme un malfrat à l’heure de vérité. Je m’imagine déjà en prison, coupable de la pire des fraudes. J’essaie de maintenir mon intégrité, en écrivant ces quelques lignes, mais je me sens me décomposer, me dépersonnaliser.

Ma vue se brouille, j’ai le cœur qui bat fort, un peu de nausée. Je suis humilié, terriblement humilié d’avoir lu ça, cette impitoyable restriction accusatrice. Pas de place à la supposition. Supposition. Pas de place. C’est à nouveau le petit enfant de 6 ou 7 ans que j’étais, et qui se cachait dans la cour de l’école pour rester seul, tant il était terrorisé par les autres enfants, tant la culpabilité d’être si confus, quant à son identité sexuelle, était grande. Ce petit enfant que j’étais n’avait pas de place, nulle part, lui non plus. Pas de place.

Et j’imagine que s’il avait gardé des souvenirs intacts de ce qui se passait la nuit, et qu’il avait parlé, on lui aurait dit que ce n’était que des suppositions, peut-être même que des inventions, et qu’au vrai c’était lui, ce petit garçon de 6 ou 7 ans, qui était un petit vicieux. Un petit vicieux. Tout comme, lorsque ce même petit garçon faisait des cauchemars si horribles qu’il en était tétanisé, dans son lit, incapable ni de bouger, ni de crier.

Et quand la mobilité revenait, enfin, et qu’il criait de toutes ses forces, appelant à l’aide sa mère, qui accourait, elle lui assurait que ce n’était qu’un mauvais rêve, et que ce n’était que ça, un rêve, une invention, un produit de l’imagination. « Recouche-toi, et dors ».

Au récit de mon histoire, je ne doute plus que l’intervenant du CRIPHASE me dirait, avec fermeté, et tout ce qu’il faut de mépris :

Tu ne te souviens pas ? Ben y’a pas de place pour toi ici. Déguerpis d’ici. Tu mens. Tu fabules. Cache-toi, bon dieu, tu devrais avoir honte d’inventer comme ça. Tu nuis à la cause. T’es rien, t’es nulle part. C’est un crime terrible d’inventer, de supposer, tu ne savais pas ça ? On ne veut pas de voyeur ici. Va-t’en. À nos yeux, t’es juste personne. Un minable qui usurpe l’identité des autres. Un voleur. Un pervers, un dangereux pervers. Décrisse, avant qu’on appelle la police !

Je n’ai pas fait ma thérapie de groupe avec le CRIPHASE. Mais aurais-je souhaité la faire avec cet organisme qu’on m’aurait refusé, faute de « souvenir clair de l’agression ». Et je suis stupéfait, je vous l’avoue, stupéfait et mortifié, que je n’aie pas de place, là non plus, à cause de ça. L’extraordinaire complexité de mon histoire m’a toujours coûté cher, en temps, en argent, en doute. Il serait probablement plus sage que je me taise, désormais, sur ce blogue comme ailleurs, parce que faute de raconter des détails sordides et graveleux, il y en aura toujours pour mettre ma parole en doute, et me pousser dans l’absurdité insensée de la folie.


Avatar-auteure.jpgAuteure anonymea dit…
"Il serait probablement plus sage que je me taise, désormais, sur ce blogue comme ailleurs, parce que faute de raconter des détails sordides et graveleux, il y en aura toujours pour mettre ma parole en doute, et me pousser dans l’absurdité insensée de la folie."
Non mais, tu as tout simplement pas le droit.
Je te recopie ce que j'ai écrit à Chérif Delay ce dernier dimanche. (l'ainé des enfants du procès d'Outreau) alors qu'il proférait des menaces de mort à l'attention d'un des accusé :
"J’ai envie de lui dire ce que je ne lui ai pas dit lorsque je l’ai rencontré, par pudeur et parce que je sais que la suite sera toujours plus dure et que ça ne s’arrange pas au fil du temps :
J’ai envie de lui dire qu’il n’est pas seul, pas dans le sens où on va l’aider, mais parce qu’il a pris la responsabilité que nous partageons de prendre la parole au nom des victimes.
La seule chose qu’il ait écrite sur la page de garde du livre qu’il m’a dédicacé :

“ensemble brisons le silence, cherif”.
Ce silence je l’ai aussi brisé en 1989, les conséquences ont été très lourdes : perte de l’homme de ma vie, du travail de ma vie, une extrême solitude, et la déprime au quotidien, mais jamais, jamais je ne me permettrais de me désolidariser des “victimes”, même pour me suicider. Je leur dois la vie.
Chérif tu es un adulte maintenant, tu as pris une lourde responsabilité, tu n’as plus le droit de faire des gamineries. Lis donc les commentaires sur ton livre que mettent tes lecteurs sur mon blog.
« Franck, je dois te parler. Je ne me sens pas bien... »
« Dis-moi pourquoi des acquittés m'ont tué de l'intérieur... »
Si tu veux parler, j’ai proposé de te faire partager mon blog, on est toute une communauté, on sait on peut t’entendre, t’en vas pas demander de t’écouter à des gens qui t’ont “tué de l’intérieur”. Ils te tueront toujours. Je sais que c’est toujours notre tentation. On a besoin d’eux et bien tu iras mieux lorsque tu auras couper ces liens.
Je sais que c’est dur : je suis toujours malade quand mon père est malade, c’est insupportable, mais c’est ainsi, fais l’effort de ne plus leur demander pourquoi ? Ils n’en savent rien. Tu tends la joue pour qu’ils te détruisent encore plus. Prends soin de toi et de nous et on prendra soin de nous avec toi."
http://viols-par-inceste.blogspot.com/2011/06/outreau-franck-lavier-attaque-par.html

Photo RPLRPLa dit… À Auteure anonyme :
Merci mille fois pour ton commentaire. À n’en pas douter, je dois prendre connaissance de l’affaire d’Outreau, dont on n’entend pas parler du tout au Québec, même lors qu’on est abonné à EuroNews. J’écrirai un mot là-dessus. « Non mais, tu as tout simplement pas le droit », m’écris-tu. Je le prends comme un formidable encouragement à continuer. Je verrai. Je ne sais plus. Quoi qu’il en soit, je ne t’oublie pas. Je sais ce que t’a coûté, dans ta propre vie, le courage que tu as manifesté, de dire la vérité, telle que tu la sais.

Avatar auteureAuteure anonymea dit…

"Je n’aurai vraiment de crédibilité qu’en ayant des souvenirs incontestables, dans tous les sens du mot, y compris juridiques."
Là, je suis assez d'accord avec toi. J'ai acquis mes lettres de noblesse en publiant le livre de l'Auteure obligatoirement anonyme en 1993 et jamais personne n'a trouvé à y redire.
Tu verras qu'il n'y a aucun souvenir incontestable là-dedans, j'ai écrit que je ne décrirai rien parce que chacun en a son lot quotidien et n'a pas besoin du mien.
C'était mon choix de ne pas porter plainte, je pense que les écrits restent et son bien plus percutants.
Je vais bientôt trouver éditeur pour mes Interdits ordinaires, mais je les jette lorsqu'ils veulent couper ce qu'ils ne comprennent pas. J'ai beaucoup de patience et d'énergie pour cela et je publierai des lettres.
Je pense que si tu te lances avec la deuxième partie de ton commentaire sur ton ressenti, tu seras très utile non seulement aux incesté-e-s mais aussi aux professionnels.

Photo RPLRPLa dit…
« La deuxième partie... » : tu veux dire, à propos de la perte de la mémoire ?
Tu es plutôt d'accord avec la crédibilité liée aux souvenirs incontestables, m'écris-tu : tôt ou tard, depuis que j'écris ce blogue, où je ne me censure jamais, cette question des souvenirs allait resurgir. C'est finalement la simple lecture d'un court texte, sur le site du CRIPHASE, qui m'aura interpellé et jeté dans le doute quant à la pertinence de continuer l'écriture même de ce blogue. Sans souvenirs incontestables, je me sens discrédité. Ce n'est pas la première fois. Ceci étant, je me sentais incapable de mentir sur cette question des « souvenirs », cruciale, parce que, comme je l'écrivais à Annie, l'amnésie post-traumatique est la pire (sauf le suicide, bien évidemment) des séquelles de l'inceste. La pire. Entre autres, parce qu'elle enlève la crédibilité au récit lui-même ! C'est là un paradoxe terrible.

Avatar auteureAuteure anonymea dit…
Non, justement, je pense que tu n'as pas besoin de tes souvenirs qui font un mal de chien. Ta crédibilité tu la gagneras en écrivant, tel que tu as commencé, tes impressions, ton ressenti, ton mal être.
Je ne fais pas victimologie pour rien, les spécialistes du trauma savent très bien voir les faits par les réactions du corps et de l'esprit.
En EMDR on ne cherche jamais à retrouver des souvenirs, mais à faire resurgir les moments beaux au devant de la scène pour savoir que ceux-là qui donnent du bonheur ont existé.

Photo RPLRPLa dit…
J’aurais pourtant tellement souhaité retrouver mes souvenirs... Sinon, je suis condamné à vivre perpétuellement « clivé », tu sais ; il y a moi, et l’autre... ; il y a celui qui écrit, et celui qui sait; celui qui a vieilli et qui a fait beaucoup de chemin, et l’autre, celui qui camoufle l’horreur et qui est intemporel. L’autre est toujours là, en fait. Il n’a pas de nom. Pas d’existence. Il fait le mort. Et en ce moment même, il me fait pleurer, ce que j’étouffe, comme d’habitude.
J’ai fait aussi, avec M. Lebeau, plus d’un an de EMDR. Ça m’a fait beaucoup de bien. Il a fallu travailler à partir de souvenirs, je dirais, collatéraux, que j’ai racontés ici. Je pense par exemple au souvenir, bien réel celui-là, de la « sortie du chalet », quand j’avais tout juste 5 ans. On a même utilisé une photo dudit chalet. Je conseillerais, maintenant, à qui que ce soit qui a été incesté, ou abusé, d’aller vers le EMDR: c’est probablement la meilleure approche, pas si loin de la psychanalyse, d’ailleurs.
Je sais que les spécialistes du trauma me « reconnaissent » très vite. Ça a été le cas pour M. Lebeau, et même pour M. Péraldi. Tu as raison là-dessus. Merci, mille et mille fois, pour la crédibilité que tu m’as accordée ; tu n’as pas idée du bien que tu m’as fait. MERCI.

Avatar auteureAuteure anonymea dit…
Tout d'abord excuse-moi pour les fautes d'orthographe qui commencent à s'amonceler. J'ai un souci avec cette petite fenêtre.
Je suis sûre que tu as écrit quelque part que M. Péraldi t'avait dit qu'une psy était réussie lorsque tu pouvais la faire toi-même et je suis certaine que tu en es là.
Tout ce que tu écris le respire, commence ton autofiction.
Je dois te confier que je n'ai plus aucun souvenir cuisant, si ce n'est ceux de mon amour perdu, ce qui veut dire que tout mon travail a porté ses fruits, les souvenirs sont intégrés et ont disparu.
Il reste les reviviscences avec les odeurs, les lieux, les personnes, la déprime, les céphalées, les lombalgies et c'est pourquoi je ne crois pas à la résilience qui est un leurre du même tabac que le SAP ou les faux-souvenirs, un truc pour tranquilliser les gens et la société sur leur responsabilité et qui t'en font porter la responsabilité parce que si tu ne guéris pas, c'est de ta faute.
Je ne crois pas que l'on puisse guérir, nous ne sommes pas malades, mais nous sommes ainsi faits.

Photo RPLRPLa dit…
« Je ne crois pas que l'on puisse guérir, nous ne sommes pas malades, mais nous sommes ainsi faits .» Tu as bien sûr raison, totalement. Ceci étant, on peut vivre mieux, plus ouvert et plus confiant ; j'en suis là, et toi aussi, de toute évidence.
Tu m'as fait sourire avec ta liste de symptômes somatiques ! Je m'y suis reconnu ! ;-)

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Published by Richard Patry - dans Relation d'aide
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 19:10
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Published by E.T. Documentaliste - dans Mémoire
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 07:08

Logo-Arte-TV-copie-1.jpgDate de première diffusion : Ven., 27. mai 2011, 22h11
(Allemagne, 2010, 52mn)
ZDF
En finir avec la peur
Qu'il s'agisse d'un traumatisme de guerre comme chez le sergent-chef Robert Müller, des séquelles psychiques d'une attaque à main armée comme celle qu'a vécue Joel Coutou ou d'un deuil insurmontable comme pour Sonja Merkhofer, les souvenirs douloureux sont souvent si handicapants que ceux qui en sont encombrés donneraient tout pour s'en débarrasser.

De leur côté, les chercheurs suivent des pistes diverses qui vont des thérapies comme l'EMDR - en français "désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires" - à la recherche pharmacologique.

Tandis qu'Alain Brunet, à Montréal, travaille sur une molécule susceptible de bloquer l'adrénaline qui accentue la mémoire émotionnelle, André Fischer, à Göttingen, a isolé l'enzyme responsable du stockage des souvenirs traumatiques et cherche maintenant à en découvrir l'inhibiteur. Des recherches qui ne manquent pas de susciter quelques inquiétudes : jusqu'où est-il bon de manipuler la mémoire et de dépouiller l'homme de ses souvenirs, si accablants soient-ils ?

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Published by Arte - dans Mémoire
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