Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Autofiction Inceste Résilience
  • Autofiction Inceste Résilience
  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
  • Contact

Wikio - Top des blogs

Wikio - Top des blogs - Divers

Recherche

Ma Page sur Hellocoton

Retrouvez Auteure anonyme sur Hellocoton
/ / /

LaSerge Tisseron La résilience résilience par Serge Tisseron

Page 7

Le mot latin resilire, qui est à l'origine de « résiliation » et de « résilience », est fabriqué à partir du verbe salire, qui veut dire « sauter », et du préfixe « re » qui indique un mouvement vers l'arrière. D'où le sens pris par le mot en français au Moyen Âge : se rétracter, se dégager d'un contrat par une sorte de saut en arrière. La « résiliation » désigne ainsi le geste de se délier d'obligations préalablement contractées et de s'en libérer. Mais, parallèlement à cette évolution française, le participe présent du latin resilireresiliens – est absorbé au XVIIe siècle par la langue anglaise qui retient du saut l'idée de la réaction après un choc : le rebond. Ce n'est plus le saut en arrière pour se délier qui importe, comme en français, mais l'importance du choc et le fait de reculer pour mieux sauter.


Logo-hommes-et-faits.jpg

•     Par Claudia Samson

Du latin rescindere : action d’annuler ou résilier une convention, un acte

• Sens juridique : renoncer, se dédire

• En métallurgie : capacité des matériaux à retrouver leur état initial à la suite d’un choc ou d’une pression continue

• Trad. dic. anglo-saxon : ressort moral, qualité de quelqu’un qui ne se laisse pas abattre

• Informatique : qualité d’un système lui permettant de continuer à fonctionner en dépit de défaut de l’un ou plusieurs éléments constitutifs.

• Écologie : capacité de récupération ou régénération d’un organisme ou d’une population.

• Socio-économie : capacité intrinsèque des entreprises, organisations, communautés à retrouver un équilibre

• Anthropologie : possibilité pour certaines ethnies, sociétés, langues ou systèmes de croyance de conserver des traces de leur patrimoine

• Médecine : relation avec la résistance physique, les phénomènes de guérison spontanée et de récupération soudaine

• Psychologie, victimologie, criminologie : solidifier les aptitudes à rétablir un équilibre émotionnel par une meilleure compréhension du ressort psychique

• Psychopathologie : aptitude des individus et des systèmes à vaincre l’adversité ou une situation de risque

 


 

Par Société et maîtrise des risques

Dans le vocabulaire scientifico-technocratique d'aujourd'hui, le mot "résilience" fait merveille. Largement galvaudé, il a permis à nombre d'experts de mettre un simple nom sur des concepts souvent flous et difficilement mesurables.

Désormais on trouve cette notion dans des domaines aussi variés que l'informatique, la médecine (notamment la psychologie), l'écologie, l'économie, l'étude des sociétés, le monde de l'entreprise.

Quel est le dénominateur commun entre toutes ces utilisations possibles ?

De nos jours la résilience serait une sorte d'aptitude pour un système (objet, personne, groupe) à absorber un choc et à retrouver sa situation initiale. Cette nouvelle définition s'est nettement éloignée de sa première acception tirée de l'industrie.

D'un côté il est possible de mesurer physiquement et précisemment la résilience en métallurgie : rapport exprimé en joules par cm2, de l'énergie cinétique absorbée qui est nécessaire pour provoquer la rupture d'un métal à la surface de la section brisée : cela a le mérite d'être presque clair.

De l'autre il me paraît illusoire de l'appliquer à d'autres domaines : la résilience fait-elle appel à la vitesse donc à une échelle de temps ? Faut-il y voir une notion de seuil ou de coefficient au-delà duquel le système fonctionne malgré des failles, des anomalies, des défaillances (comme en sûreté de fonctionnement) ? Comment mesurer la régénération ou la guérison spontanée d'un système vivant ? Quels indicateurs prendre pour évaluer la résilience d'une société ?  Est-ce qu'après une catastrophe naturelle, une nation souhaite revenir simplement à la situation ante ou bien profiter de l'expérience acquise ? La résilience d'un système est-elle une donnée absolue ou évolutive d'un système ?

 


Cyrulnik Je me souviensPrésentation de Philippe Brenot - Editeur des Editions L'Esprit du Temps
L'enfant Boris, puis l'adulte qu'il deviendra, 
cultivera l'humour, l'ironie, la dérision pour ne 
pas mêler le rappel de la souffrance à la pensée 
consciente. « On m'a toujours aidé parce que je 
passais mon temps à faire le pitre ! », confie-t-il 
avec un sourire. Et ne dit-il pas, dans Les vilains 
petits canards, que certains enfants « contraints 
à la métamorphose » s'en sortent parce que, privés de leurs parents, ils inspirent aux autres 
l'envie de les aider ? Ainsi les traumatismes de 
la petite enfance, s'ils peuvent être formidablement destructeurs, peuvent aussi éveiller des 
stratégies de survie que nous possédons dans 
notre mémoire ancestrale.
Boris Cyrulnik a basé son concept de résilience sur le fait qu'on l'ai toujours aidé parce qu'il faisait le pitre et parce qu'il n'avait pas de parents. C'est une manière d'être inconcevable pour des incesté-e-s. Ils ont des parents. L'emprise quotidienne ne permet pas de faire le pitre, elle ne permet pas non plus d'oublier.
La résilience : une imposture.

 


Pychothérapie des victimes Gérard Lopezpage 11

Garmezy (1983) propose les facteurs suivants :

- une bonne relation avec, au minimum, un adulte référent ;

- de bonne capacité à faire activement face aux problèmes (coping) ;

- une facilité à créer de bonnes relations interpersonnelles ;

- une compétence reconnue, dans un domaine particulier, par l'enfant intéressé par son entourage social.

Rutter (1990) toujours dans une perspective évaluative, inscrit les facteurs de protection dans le long terme et cite :

- l'existence d'un domaine protégé (famille, école, Cartier, état de santé) ;

- des expériences positives auprès d'adultes, de pairs, et dans des situations soutenantes et valorisantes ;

- un système de croyance ou de valeur qui permet de donner un sens aux événements.

Vanistendael (1996) examine cinq domaines interdépendants censés améliorer la résilience :

1. les réseaux d'aide sociale et l'acceptation de l'enfant en tant que personne ;

2. la capacité à trouver un sens à la vie ;

3. les aptitudes et le sentiment de pouvoir maîtriser sa vie ;

4. l'amour-propre ;

5. le sens de l'humour.


Pychothérapie des victimes Gérard LopezPage 12

Souvent mal compris, le concept de résilience peut être confondu avec la "résistance" qui a une connotation péjorative dans une perspective psychodynamique. La résilience ne peut se concevoir que dans une situation donnée, le même individu pouvant surmonter l'épreuve et pas une autre. Mais on a tendance à faire des sujets dits résilients de supers individus.

Pourtant, certains traits de caractère, en général peu appréciés, peuvent être favorables dans certaines conditions catastrophiques, comme l'égocentrisme, l'insensibilité, l'indifférence.

Il en va de même lorsqu'on après l'arrêt de silence à la mesure de son efficacité sociale, car celle-ci peut se faire au détriment de la vie personnelle, par exemple. Pourtant, certains sujets deviennent plus solides ils ont pu surmonter certaines situations catastrophiques, lesquelles réalisent une sorte d'immunisation psychique.

Cette idée trop répandue est souvent culpabilisante pour les victimes : rares en effet sont les vilains petits canard qui deviennent des cygnes d'une part et, d'autre part, pour certains autres sujets, sur le plan psychique, tout peut basculer de manière imprévisible au détour un autre moment de l'existence.

C'est en cela que réside la grande difficulté à vouloir ranger sous un même vocable des phénomènes qui résultent de mécanismes hétérogènes.

Partager cette page

Repost 0
Published by

Cliquez sur les images pour accéder aux sources et références