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Logo AcademonDocuments revenant sur l'inceste et exogamie au travers de questions-réponses sur des ouvrages de Robin Fox, Alain Testart, Louis Dumont, ou Lévi-Strauss.
Robin Fox,
Anthropologie de la parenté

« Chapitre 4. La prohibition de l’inceste »,

in Anthropologie de la parenté.

Une théorie de la consanguinité et de l’alliance, Paris, Gallimard, 1972

En quoi l’inceste et l’exogamie sont-ils différents ?

Selon R. Fox, « la distinction entre l’inceste et l’exogamie (…) n’est autre que celle entre activité sexuelle et mariage ».

L’inceste correspond au fait que des membres d’une même famille conjugale aient des relations sexuelles. Il est proscrit dans la plupart des sociétés de nos jours. L’exogamie correspond quant à elle au fait que des membres d’une même famille se marient, en d’autres termes aient des relations conjugales.

Il ne faut pas confondre les deux car si le mariage est interdit entre parents proches, les rapports sexuels ne sont pas toujours inscrits dans les règles. D’autre part, aujourd’hui, sexe et mariage ne vont plus forcément de paire dans les mentalités.

Autrement dit, il faut distinguer l’inceste de l’exogamie car si leurs interdictions peuvent paraître aller ensemble, les positions de conjoints et de partenaires sexuels ne sont pas toujours toutes les deux interdites.

Quelles sont les différentes raisons citées par Fox selon lesquelles les relations sexuelles  à l’intérieur de la famille auraient des conséquences désastreuses ?

R. Fox évoque quatre « maux » qui pourraient découler de l’inceste, mais il montre bien qu’il existe à chaque fois des exceptions qui prouvent le contraire.

La première raison serait celle d’empêcher la survie sociale en réduisant les relations sociales développées entre les gens. En effet, pourquoi chercherait-on à rencontrer d’autres personnes et à créer des liens à l’extérieur si le partenaire trouvé vient de notre propre famille ?

Les deux raisons suivantes sont liées et touchent aux rapports familiaux. D’une part, un même individu pourrait avoir plusieurs statuts différents au sein de la famille si pour des raisons biologiques il occupe par exemple à la fois la place de père et celle de grand-père d’un même enfant. Il y aurait alors de multiples « combinaisons possibles ». Pour autant, le rôle de chacun reste bien déterminé. D’autre part, ce mélange dû à l’inceste impliquerait un bouleversement de la hiérarchie familiale et donc de l’exercice de l’autorité. Par exemple, un père aura peut-être du mal à partager son autorité avec ses fils, entraînant un conflit.

Enfin, la dernière raison est moins sociologique. Certains avancent que l’inceste, donc les naissances par liaisons consanguines, pourraient avoir des conséquences dramatiques d’un point de vue génétique, telles que des malformations physiques ou pire encore.

Fox examine différentes propositions qui expliqueraient le caractère quasi universel de la tendance à éviter l’inceste : quelles sont-elles ?

Deux théories tentent d’expliquer pourquoi l’inceste est proscrit dans quasiment toutes les sociétés : celle de la sélection naturelle et celle de la démographie.

Selon la sélection naturelle, l’homme est, par sa nature, un animal doté de pulsions sexuelles et agressives, et est toujours en compétition avec les autres générations. C’est pour palier à ces pulsions, autrement dit aux unions consanguines, tout en évitant la décohésion du groupe (en rejetant les plus jeunes), que l’inceste est naturellement proscrit. Cela permet la « survie des groupes ». La sélection est effectuée de manière universelle car les groupes familiaux humains de toute la planète ont proscrit l’inceste et ont donc connu la même évolution. Aujourd’hui, si c’est toujours le cas, c’est pour conserver les avantages sociologiques que cela entraîne, comme de plus grands réseaux sociaux. Par ailleurs, la prohibition de l’inceste est devenue quasi instinctive. Sa régulation empêche les hommes de le commettre car il s’agirait d’une faute, donc ils seraient coupables. Ainsi, c’est afin de protéger leur conscience qu’ils respectent les règles.

La seconde théorie dit que c’est tout simplement pour des raisons démographiques que les unions consanguines sont rares. En effet, à cause de multiples facteurs comme une mortalité infantile élevée, une puberté tardive ou encore une faible espérance de vie, que les hommes étaient obligés de trouver des partenaires ailleurs que dans leur famille. Ils ne peuvent se permettre d’attendre car les écarts ente les générations sont beaucoup trop importants. L’universalité de la tendance à éviter l’inceste tiendrait donc au fait que les premiers hommes étaient dans « l’impossibilité matérielle » de le commettre. Aujourd’hui, les données démographiques ont changé. Pour autant, l’inceste est resté tabou car il est ancré des les mœurs. Seuls quelques groupes ont autorisé les unions consanguines pour des raisons de « pureté ».


Alain Testart,

« La prohibition de l’inceste aujourd’hui : un point de vue trobobarais »

Pourquoi le Professeur fait-il le constat, à partir du cas français, que la prohibition de l’inceste ne serait pas universelle ?

Contrairement aux dires des anthropologues et à ce qu’il a pu lire dans les encyclopédies françaises, le Professeur s’est rendu compte que la prohibition de l’inceste n’est pas universelle.

Ainsi, en France, même si l’inceste est tabou et proscrit, il n’est ni punit ni « châtié ». Les seuls cas d’incestes condamnés le sont uniquement lorsqu’il s’agit de détournements de mineurs (d’une fille par son père ou d’un fils par sa mère). En d’autres termes, l’inceste n’est en aucune façon réprimé dans les textes de lois. Et il en est de même pour l’exogamie qui n’est pas interdite pénalement mais dont les mariages qui en découlent ne sont pas reconnus. Dès lors, le Professeur s’est demandé si, puisqu’elle n’apparaît pas dans le cadre de la justice, la prohibition de l’inceste serait tout de même inscrite dans les mœurs des Français. Or, à l’aide d’un questionnaire, il s’est rendu compte qu’il n’existe pas de condamnation morale de l’inceste dans les mentalités mais qu’il s’agit juste de gênes psychologiques entraînées par l’émotion. Autrement dit, finalement, la prohibition de l’inceste n’est exprimée ni légalement ni informellement en France. Il n’y a donc pas tant de divergences que cela entre les lois et la mentalité du pays.

Le cas français déroge bien au principe du caractère universel de la tendance à éviter l’inceste, pourtant reconnu par les plus grands anthropologues. Cependant, si les Français ne proscrivent pas l’inceste, pourquoi ne serait-il pas alors devenu une pratique courante ?

Par quelle discipline l’anthropologie aurait-elle été suffisamment influencée afin de formuler la théorie de l’universalité de la prohibition de l’inceste ?

L’anthropologie aurait été influencée par la psychanalyse, qui affirme elle aussi cette théorie de l’universalité. Les deux disciplines se seraient en fait mutuellement influencées, renforçant ainsi les croyances de chacune, sans forcément reconnaître cette interdépendance.

Si l’anthropologie s’intéresse plus particulièrement à l’inceste commis entre frères et sœurs, la psychanalyse évoque le complexe d’Œdipe comme l’inceste entre un père et sa fille ou entre une mère et son fils. Ainsi, si l’une prend le point de vue du mariage, l’autre s’intéresse au désir.


Louis Dumont,

« C. Lévi-Strauss, les structures élémentaires »,

in Introduction à deux théories d’anthropologie sociale,

Paris, Mouton, 1971

Qu’est-ce que les règles positives relatives au choix du conjoint dans le mariage du point de vue de la parenté ?

Les règles positives régulent le choix du conjoint dans le sens où elles sont favorables au mariage entre ce que l’anthropologie nomme les « cousins croisés ». Dans nos sociétés modernes, on a perdu ces règles car celles de filiation et d’alliance formulées dans notre droit civil et qui régissent encore notre vie privée ne structurent plus la société toute entière. Dans d’autres sociétés plus anciennes, les règles positives orientent les échanges matrimoniaux et permettent à des groupes familiaux d’établir des alliances avec d’autres groupes. Par exemple, il peut s’agir d’une recommandation pour un individu d’épouser la fille du frère de sa mère (sa cousine croisée matrilatérale).

Qu’appelle-t-on « mariage avec les cousins croisés » ? Pourquoi, selon Lévi-Strauss, ce type de mariage fait-il appel à un système de relations positives (alors que la prohibition de l’inceste fait appel à un système de relations négatives) ?

Le mariage avec les cousins croisés correspond à l’union avec les enfants de la sœur du père et avec ceux du frère de la mère. Les individus qui se marient appartiennent donc à la même génération. Ce type de mariage fait appel à des règles positives car il s’agit d’une autorisation, d’une préférence. Cependant, il fait également appel à certaines règles négatives car il interdit l’union avec les cousins parallèles (les enfants du frère du père et ceux de la sœur de la mère). Les règles négatives font donc intervenir des interdictions, comme c’est le cas avec la prohibition de l’inceste. En effet, celle-ci interdit le choix de certains conjoints. L’inceste devient donc l’expression négative d’une loi universelle d’échange. Au final, le mariage avec les cousins croisés fait appel à des règles positives entraînant des conjoints possibles, en opposition aux conjoints prohibés par les règles négatives.

Définissez l’échange restreint et l’échange généralisé :

Il suffit d’un seul empêchement au mariage pour que se déclenche la mécanique de l’échange : du fait qu’une femme est interdite à un individu, elle se mariera ailleurs et cet individu épousera lui-même une femme disponible car interdite à autrui. Les deux types d’échanges opposent la théorie restreinte de l’alliance de mariage et la théorie générale ou théorie structuraliste de la parenté centrée sur une interprétation structurale de la prohibition de l’inceste.

L’échange restreint fait intervenir le don et la réciprocité. En effet, il s’agit de deux groupes qui « s’intermarient dans les deux sens », en échangeant des sœurs. Autrement dit, c’est un intermariage orienté de paires.

L’échange généralisé peut être aléatoire, unilatéral ou orienté. C’est un échange indirect avec la cousine croisée matrilatérale seulement et pas uniquement entre deux groupes, mais à partir de trois. Ainsi, la cousine du groupe A est mariée à quelqu’un du groupe B, la cousine du groupe B est mariée à quelqu’un du groupe C, …, jusqu’à ce que la chaîne se referme en revenant au groupe A. On donne une fille ou une sœur à d’autres groupes que ceux de qui on reçoit une épouse.

Qu’est-ce qu’un système harmonique ? Qu’est-ce qu’un système dysharmonique ?

Les deux systèmes font intervenir les notions de filiation (union, lien entre les individus, par le mariage notamment) et de résidence (localité). Si celles-ci sont toutes les deux dans la même ligne paternelle ou maternelle, il s’agira d’un système harmonique, induisant l’échange généralisé. Si celles-ci sont séparées dans des lignes différentes, faisant intervenir une double unifiliation, il s’agira d’un système dysharmonique avec des échanges restreints (des mariages bilatéraux). Cependant, il est parfois difficile de distinguer ce que l’on attribue à la filiation (matrilinéaire et patrilinéaire) de ce que l’on attribue à la résidence (matrilocal et patrilocal).

 

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