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  • : Autofiction Inceste Résilience
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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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AIR – Autofiction Inceste Résilience

 

Cyrulnik Je me souvienspage 59
Hier soir, en revenant sur les traces du passé, j'ai fait exactement ce que je demande de ne pas faire.

Dans les théories de la résilience, on explique qu'il faut « faire quelque chose » de sa blessure, transformer le souvenir, remanier le passé, par un engagement philosophique, littéraire, religieux ou politique… de façon à maîtriser la représentation du passé.

Si l'on ne fait pas cela, le passé s'impose à nous, on laisse revenir la trace enfouie dans la mémoire. Mais si on la laisse revenir sans la maîtriser, c'est parfait pour déclencher les angoisses. En revivant les circonstances de mon arrestation, j'ai fait revenir la trace du passé sans la maîtriser, sans l'élaborer, sans beaucoup en parler. J'ai laissé revenir les conditions de l'arrestation et ça m'a fait passer une très vilaine nuit. En fait, dans mon enfance, j'ai certainement fait un travail de transformation de mes blessures et, par la suite, j'ai « fait quelque chose » de cette enfance fracassée. Ça m'a rendu complètement psychiatre et, très tôt, je me suis interrogé : « Quelle est cette manière d'établir des rapports entre les humains ? Il faut que je comprenne ce qui se passe dans la vie. »
C'est ainsi que je me « Suis mis à lire, à rencontrer des gens, à poser des questions. On disait que j'étais bavard comme une pie. Effectivement, je questionnais tout le monde, j'interrogeais pour comprendre, j'interpellais mon entourage :

« Je voudrais que vous m'expliquiez comment de telles choses ont été possibles ! » 
Très tôt, j'ai eu cette « rage de comprendre », ce désir de m'engager psychologiquement, politiquement, humainement, pour essayer de limiter les dégâts et, bien sûr, comme tout le monde, pour empêcher que cela ne se reproduise. Et pourtant, ça se reproduit encore aujourd'hui.


Autofiction

Ce qui est intéressant, en revanche, chez Doubrovsky c’est que l’autofiction, selon lui, libère l’écriture autobiographique en incluant l’association libre dans la cure psychanalytique. Et là ça devient intéressant,  car on sait que sous l’apparent désordre de la parole, on retrouve le sujet profond  dans ses fantasmes et ses conflits, bref une carte d’identité plus complète.

Blog de Pauledel le 10 janvier 2010

L'autofiction et le témoignage autobiographique

« le passage du moi mutique au moi informé par les mots » (J. Gracq).

 L'autofiction peut-elle combler le sentiment de vide ?

L'autofiction peut-elle aider à mettre à jour les personnalités dissociées ?

_____________________

Inceste

Mon propos sera de distinguer l'incestuel de l'inceste et du viol par inceste.

Ce travail m'est devenu indispensable lors des travaux pour la loi inceste 2010. Il s'est avéré que tout le travail précédent sur les définitions de ces trois états a été nié et que maintenant, par ignorance certainement, tout s'appelle inceste est tout est puni par la loi qui supplée au sens morale.

Cependant, l'incestuel est un état incestueux dans lequel vivent parfois des personnes qui ne passent pas à l'acte.

L'incestuel par Dr. Claude Esturgie

(Sexologue, Bordeaux) Le néologisme « incestuel » a été créé par Paul-Claude Racamier, psychiatre et psychanalyste renommé, dans les années 1980-1990, à l’occasion d’un livre intitulé L’inceste et l’incestuel, ouvrage aujourd’hui épuisé.
Sous ce terme Racamier décrit une psychopathologie laissée dans l’ombre avant lui mais cependant extrêmement répandue. L’incestuel correspond à une atmosphère familiale particulière qui n’aboutit pas nécessairement à un passage à l’acte sexuel, mais qui laisse chez les enfants qui en sont victimes une empreinte responsable d’un certain nombre de troubles psychiques ou sexuels de l’âge adulte.

Exemples :

Bataille Georges – Ma mère, Paris, Pauvert, 2004 – LivreThe Ballad of Jack and Rose – 2006 – Film

L'inceste est un mode de relation sexuelle entre deux personnes qui sont consentantes et souvent adultes.

Exemples :

Kathryn Harrison – Le rapt, Paris, l'Olivier, 2001 – Livre USAL'inceste/ My lover my son, de John Wewland, 1969 – Film

Le viol par inceste est un abus de pouvoir d'un adulte sur un enfant qui n'a lieu qu'une fois.

Exemples :

Louis Malle – Le souffle au cœur, 1971

Thomas Eva – Le viol du silence, Paris Aubier, 1986

 

Les viols par inceste sont une emprise d'un adulte sur un enfant qui peut durer des dizaines d'années et qui est classé par l'American Psychiatric Association au DMS IV – 309.81 Posttraumatic Stress Disorder. In: Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fourth Edition. Washington 1994: 424-429.

Je déplore que La France ait adopté cette loi inutile qui  affaiblit les lois nécessaires (Montesquieu) qui engorge les tribunaux d'incestes  –  et classe sans suite les viols par inceste faute de preuves – en soutenant que les violeurs par inceste ne sont qu'une minorité de pervers : 5% des incestes selon une émission d'Arte de mai 2010.


Historique de l'évolution dans le dévoilement de l'inceste

 Définitions : incestueur - incesté-e-s

Le viol par inceste dans un milieu social aisé – vers l'âge de 10 ans et sur une longue période
Le viol par inceste dans les milieux sociaux aisés
DSM-IV – 309.81 Posttraumatic Stress Disorder

Psychisme de la personne incestée

La dissociation
Rupture du lien de filiation

Victimisation

Emprise

Abandon


Résilience

Aux Etats-Unis, rien de comparable à l’extraordinaire engouement que connaît aujourd’hui la France pour ce concept. Pourquoi ? D’abord grâce à un génial tour de passe-passe. La résilience, qui est en Amérique une vertu sociale associée à la réussite, est devenue en France une forme de richesse intérieure. Il ne s’agit plus, comme dans la version américaine, d’orienter sa vie pour connaître le succès, mais de « chercher la merveille » ou encore de « cultiver l’art de rebondir ». Pourtant, sous cette séduisante parure, le produit reste le même.

Serge Tisseron
Le Monde diplomatique – août 2003

La résilience passe t-elle par l'association des personnalités issues du viol par inceste 

 A-t-on besoin du pardon pour entrer en résilience ?
L'Internet peut-il avoir un rôle de résilience ?
Les blogs


Conclusion


Autofiction

Thomas Pynchon l'homme quiIl y avait aussi l'hostilité que m'inspiraient les œuvres de fiction "trop autobiographiques". J'avais déniché je ne sais où qu'on ne doit pas mêler autobiographie et imagination, alors que la vérité, tout le monde sait ça, est presque à l'opposé. De plus, les preuves du contraire abondaient autour de moi, mais j'avais choisi de ne pas en tenir compte, car, en fait, les œuvres d'imagination publiées ou inédites qui me touchaient à l'époque et qui me plaisent encore aujourd'hui sont précisément celles qui ont été rendues lumineuses, indéniablement authentiques, par le fait de venir, et il faut en payer le prix, des couches profondes communes à nos existences réelles. Il m'est assez désagréable de ne pas l'avoir, même imparfaitement, compris alors. Le prix à payer était peut-être trop élevé. En tout cas j'ai préféré, petit sot que j'étais, la fantaisie.

Thomas Pynchon

 

Blog de Pauledel le 10 janvier 2010

Et si on montait dans l'autofiction ?

On a pu atteindre à une certaine poésie avec l’écriture automatique des surréalistes. Au fond, l’autofiction apparait comme un roman du JE  sans contrainte stylistique et sans contrainte d’une morale sociale.

…/…

En fait, il apparait que le MOI conscient, si blessé après Freud, et l’épouvante de deux guerres mondiales se définit comme actuel un Moi malade. L’autofiction est son remède avec l’aide de Freud, sa cure.

…/…

“Retaper le” Moi blessé.

…/…

l’essai de reconquête d’un MOI, rafistolé qui retrouve un peu de consistance

…/…

Mais on voit aussi, dans l’œuvre de Doubrovsky et dans celle d’Angot, l’aveu d’une détresse, et convertir cette détresse existentielle, évidemment, en or pur littéraire. Un moi souffrant se cogne contre les murs.

…/…

Il y a au départ immense  souffrance, (l’idée de l’inceste chez Angot, la mère abusive chez Doubrovsky) mais cette frénésie de libération libidinale, et veut métamorphoser en acte d’écrire est un peu une naïveté. Une croyance assez  enfantine dans la puissance de délivrance orgasmique écrite.

 

L'écriture ou la vie de Jorge SemprunPage 23
Pourtant, un doute me vient sur la possibilité de raconter.
Non pas que l'expérience vécue soit indicible. Elle a été invivable, ce qui est tout autre chose, on le comprendra aisément. 
Autre chose qui ne concerne pas la forme d'un récit possible, mais sa substance. Non pas son articulation, mais sa densité. 
Ne parviendront à cette substance, à cette densité transparente que ceux qui sauront faire de leur témoignage un objet artistique, un espace de création. Ou de recréation. Seul l'artifice d'un récit maîtrisé parviendra à transmettre partiellement la vérité du témoignage.

 

Double définition de l'autofiction par Laurent Jenny

Le mot est donc très répandu. Que signifie-t-il exactement ? On peut d'abord remarquer que c'est ce qu'on appelle un mot-valise, suggérant une synthèse de l'autobiographie et de la fiction. Mais la nature exacte de cette synthèse est sujette à des interprétations très diverses.

Dans tous les cas, l'autofiction apparaît comme un détournement fictif de l'autobiographie. Mais selon un premier type de définition, stylistique, la métamorphose de l'autobiographie en autofiction tient à certains effets découlant du type de langage employé. Selon un second type de définition, référentielle, l'autobiographie se transforme en autofiction en fonction de son contenu, et du rapport de ce contenu à la réalité.

L'autofiction et le témoignage autobiographique

Les flashs reviennent avec les odeurs, les présences, les gestes, pas par les faits passés. Les faits sont sélectionnés, je ne pense pas que l'on puisse tous les retenirs à moins d'en avoir dressé une liste.

le témoignage est attaché au passé révolu, mais je pense que les événements ont une continuité dans le présent. Je les relate à l'imparfait parce qu'ils sont inscrits dans un passé inachevé.

Un témoignage opère un choix parmi les faits en souvenir immédiat. Un témoignage c'est retenir des dates et des faits.

L'autoficition permet de se souvenir d'un lieu ou d'un acte.


Jorge Semprun - L'écriture ou la vie.

Comment raconter une vérité peu crédible, comment susciter l'imagination de l'inimaginable, si ce n'est en élaborant, en travaillant la réalité, en la mettant en perspective ? Avec un peu d'artifice, donc ?


L'autofiction peut-elle combler le sentiment de vide ?

3/ Le sentiment de vide par John Bradshauw

L'autofiction, acte d'écriture, acte littéraire qui n'est pas une difficulté, une complication, seulement qui occupe chaque minute de notre vie.

le sentiment de vide (apathie, dépression)

Page 56

L'enfant intérieur blessé contamine également la vie de l'adulte par une déprime chronique qui est ressentie comme un sentiment de vide. Ce genre de dépression est dû au fait que le sujet a été obligé, durant son enfance, d'adopter un faux moi et de laisser son vrai moi derrière lui : cet abandon du vrai moi crée inévitablement un vide intérieur que j'ai baptisé «le phénomène du trou dans l'âme ». Lorsqu'une personne perd ainsi son moi authentique, elle n'est plus en contact avec ses vrais sentiments, ses besoins et ses désirs. Ce qu'elle éprouve à la place, ce sont les sentiments et les exigences du faux moi, qui la conduiront, par exempte, à « être gentille», une des attitudes typiques du faux moi. Une «gentille femme» n'exprime jamais ni sa colère ni ses frustrations.

Vivre avec un faux moi équivaut à faire du théâtre. Une représentation pendant laquelle le vrai moi de la personne n'est à aucun moment présent. Une cliente en voie de guérison m'a un jour décrit cela de la manière suivante : « C'est comme si je me tenais à l'écart en me contentant de regarder passer la vie. »

Le fait de se sentir vide constitue une forme de dépression chronique, puisque l'on ressent constamment la perte de son vrai moi. Tous les adultes enfants éprouvent cette déprime chronique plus ou moins intensément.

 

Logo étude PsyQuel rôle joue l’écriture dans le cadre d’un atelier d’écriture en institution ? En nous appuyant sur la conception de Freud, énoncée dans Névrose et Psychose, selon laquelle « le délire est trouvé comme une pièce appliquée là où originellement était apparue une déchirure dans la relation du moi au monde extérieur. » (p. 5), nous imaginons que l’écriture aurait :

- soit une fonction réorganisatrice, fonction de pansement, pour pallier au délire que le patient s’est construit à la place d’une réalité qu’il nie. (La mise à distance du délire, et des mouvements internes, à travers l’écriture permettant de pouvoir se décentrer de soi et de prendre conscience de ce qu’il y a à l’intérieur de ce soi)

- soit une fonction désorganisatrice à travers justement ce décentrage opéré par l’écriture qui place le sujet face à une mise en lumière d’un désastre psychique dont il n’avait pas conscience. L’écriture pourrait donc encore plus destructurer l’individu.

Par Julia Riot-Viard

L'autofiction peut-elle aider à mettre à jour les personnalités dissociées ?

img Alain MilonRéflexions autour de l'écriture du soi : le refus du psychologisme par Alain Millon

Y-a-t-il un auteur derrière le moi qui écrit, autrement dit le moi fait-il le sujet ?


Inceste

Historique de l'évolution dans le dévoilement de l'inceste

Souvenirs de la cour d'assises d'André Gide – 1912

Souvenirs-de-la-cour-d-assises.gifRouen, mai 1912. Parmi les jurés tirés pour la session de la cour d'assises figurent un notaire, un architecte, un instituteur retraité, plusieurs commerçants, des ouvriers, des cultivateurs et André Gide. L'écrivain a 42 ans. Il a insisté auprès du maire de sa commune pour être inscrit sur la liste. Les tribunaux, confiait-il, avaient toujours exercé sur lui « une fascination irrésistible ». L'expérience allait le marquer au-delà de ce qu'il pressentait.


Années 70 on faisait des films et on écrivait des livres sur l'inceste.
Une fois et toutes sortes d'incestes.
Le Souffle au cœur de Louis Malle en 1970
Comme il rentre, un peu ivre, du bal du 14 juillet, Laurent connaît l'amour dans les bras de sa mère. Après cet instant de folie, qui ne se reproduira jamais plus, sans remords ni regrets, il s'élance vers la vie.
1985 le féminisme qui démontre plusieurs fois et sur plusieurs années.
Le viol du silence d'Eva Thomas en 1986
Trente ans durant, elle vit l'horreur de cette nuit-là. Un rapt. Une déportation. Une jeune fille morte à la vie. La violence qui l'habite en secret, Marie l'expose aux regard. Elle se consume lentement, perd l'appétit, la parole, le sens de la vie.

 Définitions : incestueur - incesté-e-s

« Pour plus de clarté, nous utilisons une terminologie qui précise les rôles de chacun à l’intérieur de la dictature familiale. En effet, le terme incestueux, selon le Petit Robert signifie à la fois « coupable d’inceste » et « issu d’un inceste », ce qui nous apparaît comme une confusion supplémentaire dans un domaine où la confusion est la règle pathogène première.
Dans les familles à transactions incestueuses, l’enfant incestueux est l’enfant né de l’inceste. Lorsqu’un enfant est victime d’inceste, nous le désignons comme enfant incesté ou abusé. » (p 105). Quant à l’auteur des abus, il sera dénommé « incesteur » ou « abuseur ».
Frédérique Gruyer, Martine Nisse, Pierre Sabourin, La violence impensable, inceste et maltraitance, Ed. Nathan, 2004


2009 l'affaire Fritzel qui séquestre sa fille durant 24 ans.

Le viol par inceste dans un milieu social aisé – vers l'âge de 10 ans et sur une longue période

Vivre-Apr-s-L-inceste.gifIl en va différemment dès qu'ils sont plus grands, au niveau de la période de latence, ce que l'on appelle l'âge de raison, entre sept ans et la puberté. Les enfants sont alors davantage constitués comme des êtres humains pensants. Leur psychisme est plus organisé et ils ont, du moins potentiellement, la capacité de verbaliser. Mais comme ils sont en même temps plus facilement impressionnables, ils en arrivent à « penser » la crainte que leur· inspire le père incestueux, et à anticiper les conséquences de leurs attitudes, cela – car il ne faut pas négliger le contexte – dans un monde qui pour eux se résume à la famille et qui, pour simplifier, est une espèce d'entité totalitaire où celui qui peut gratifier et punir est le père.




Le viol par inceste dans les milieux sociaux aisés
Barbara
Piano-noir-Barbara.gif
Les citations de Barbara violée par son père de 10 à 15 ans

 

 

 

 

 

 

Rita HayworthRita Hayworth
élevée sous l'emprise et les viols de son père
Margarita révélera à son second mari, Orson Welles, que pendant toute cette période son père eut avec elle des relations sexuelles • New York Star, 15 novembre 1914.

« J'ai toujours été utilisée et manipulée par les hommes, dira un jour Rita Hayworth. Le premier qui m'ait exploitée était mon père ! Il savait que de m'exhiber à ses côtés ne pouvait que plaire au public. Il savait que cela lui rapporterait un peu plus d'argent. Et nous en avions besoin ! »

Reflet de mon enfance et adolescence

Ma mère, avec une éducation un peu spartiate : arrête de pleurnicher – fournissait les conditions qui permettront de développer en moi les qualités qui favorisent la résilience. Elle atténuait ainsi sa responsabilité et celle de mon père.
Pourquoi moi ? Non ça n'arrive pas à tout le monde, ce n'est pas une fatalité.
J'avais huit ans, je n'ai rien choisi du tout et ne suis responsable de rien. Je n'étais pas encore solide, alors comment puis-je entrer en résilience. Il n'y a pas un avant et un après, il y a un tout au long de mon enfance et de mon adolescence.
La vie de mes parents n'avait rien eu d'idéale donc la vie en général ne pouvait rien avoir d'idéal, il fallait forger les enfants à l'affronter.
Je suis une rêveuse, je crois au prince charmant et à la vie de rêve.
Je crois que la seule catastrophe pour moi fut le viol par inceste dont est responsable mon père, mais le prince charmant : Courage fuyons, s'est débrouillé pour en créer une autre dont il est le seul responsable.
J'étais forte pour supporter les viols parce que personne ne venait m'aider. Je n'ai jamais été aussi forte, ni avant ni après. Je devais me concentrer uniquement sur cette force qu'il me fallait là, donc pas ailleurs, pas dans mes études par exemple.
J'étais forte pour laisser partir le prince charmant parce qu'il se laissait manipuler par son entourage et ne me respectait pas. J'ai surmonté l'obstacle, j'ai épousé un homme gentil – comme si c'était extraordinaire – et nous avons deux enfants – que je protège, mais nous leur avons appris à traverser la rue en regardant – et une vie tranquille sans peur et sans besoin d'être forts. Parce qu'à force d'être forte et que personne ne s'en aperçoive, j'ai eu un cancer. Ce n'est pas une fatalité, mais j'ai le droit de ne plus vouloir être ni forte ni courageuse pour l'affronter, mais tout le monde et le corps médical nous y aide, est bien persuadé que je n'ai pas le droit de mourir.

DSM-IV – 309.81 Posttraumatic Stress Disorder
American Psychiatric Association. 309.81 Posttraumatic Stress Disorder. In: Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fourth Edition. American Psychiatric Association, Washington 1994:424-429.
…/…
Traumatic events that are experienced directly include, but are not limited to, military combat, violent personal assault (sexual assault, physical attack, robbery, mugging), being kidnapped, being taken hostage, terrorist attack, torture, incarceration as a prisoner of war or in a concentration camp, natural or manmade disasters, severe automobile accidents, or being diagnosed with a life-threatening illness. For children, sexually traumatic events may include developmentally inappropriate sexual experiences without threatened violence or assault. Witnessed events include, but are not limited to, observing the serious injury or unnatural death of another person due to violent assault, accident, war, or disaster or unexpectedly witnessing a dead body or body parts. Events experienced by others that are learned about include, but are not limited to violent personal assault, serious accident, or serious injury experienced by a family member or a close friend; learning about the sudden unexpected death of a family member or a close friend; or learning that one's child has a life-threatening disease. The disorder may be especially severe or long lasting when the stressor is of human design (e.g. tortune, rape). The likelihood of developing the disorder may increase as the intensity of and physical proximity to the stressor increase.

Psychisme de la personne incestée
Vivre-Apr-s-L-inceste.gifVivre après l'insceste – Haïr ou pardonner ?
Un silence difficile à rompre p 80-81
Le cœur de l'histoire se situe dans la tête de l'enfant et dépend de son degré d'évolution. Il est rare que les actes incestueux soient ponctuels, mais il arrive que des enfants, souvent très jeunes, toniques, le disent rapidement, des enfants « nature » ou qui ont une structure psychique simple, réactive. Au fond, ceux-là ne réalisent pas la menace que représente le père. C'est comme s'ils n'étaient pas organisés pour percevoir la nature sexuelle de l'agression. Ils la vivent comme une sorte d'asticotage, de comportement provocateur qui les agace : « Papa m'embête », « Papa me touche ». On a ainsi des réactions salutaires chez ces très jeunes enfants, qui restent malgré tout moins minoritaires.
Il en va différemment dès qu'ils sont plus grands, au niveau de la période de latence, ce que l'on appelle l'âge de raison, entre sept ans et la puberté. Les enfants sont alors davantage constitués comme des êtres humains pensants. Leur psychisme est plus organisé et ils ont, du moins potentiellement, la capacité de verbaliser. Mais comme ils sont en même temps plus facilement impressionnables, ils en arrivent à « penser » la crainte que leur· inspire le père incestueux, et à anticiper les conséquences de leurs attitudes, cela – car il ne faut pas négliger le contexte – dans un monde qui pour eux se résume à la famille et qui, pour simplifier, est une espèce d'entité totalitaire où celui qui peut gratifier et punir est le père.

Un silence difficile à rompre p 82-83

L'enfant ne peut pas penser que l'instituteur, le médecin ou le juge sont des indicateurs de repères sociaux qui le concernent. L'adulte tiers, celui qui n'est ni papa ni maman, n'existe pas avec assez d'intensité dans le psychisme de l'enfant. La comparaison avec un pays totalitaire où règne un tyran arbitraire et égocentrique est parlante : celui qui y vit ne peut pas penser qu'il y a un salut en dehors, qu'il a un moyen d'échapper à la tyrannie. Le monde mental que constitue la famille évoque à une petite échelle la situation d'un citoyen dans un pays totalitaire. Comme lui, l'enfant se sent prisonnier, il est enfermé dans un système clos.

…/…

Deuxième élément, plus subtil que la violence, c'est la menace que distille le père, c'est une ambiance menaçante, une tension : l'enfant étant un être en devenir, son psychisme étant fragile, comment va-t-il réagir face à des menaces voilées ? Beaucoup d'enfants disent : « Je ne savais pas trop ce que je risquais. » La menace n'étant pas nommée, n'étant pas identifiée, l'enfant ne peut l'imaginer que redoutable : « Si je ne m'exécute pas, si je ne me laisse pas faire, si je parle, je vais subir un châtiment. » Cette menace indéterminée laisse le psychisme de l'enfant dans un état totalement démuni, car la violence potentielle est plus terrible que la violence physique elle-même.

 

Dissociation

Le viol est un traumatisme qui entraine des phénomènes de dissociation.

Vincent Corbo

Ce qui se passe dans notre cerveau quand on est confronté à une grande peur – par Vincent Corbo

billets du Docteur Muriel Salmona
°/ La mémoire traumatique
°°/ Dissociation, mémoire traumatique et violences sexuelles : des conséquences graves sur la santé à soigner



Rupture du lien de filiation

La rupture du lien de filiation dans Questions d’inceste

Ces liens permettent à l'enfant de s'inscrire dans une relation différenciée à ses parents et à ses frères, et de trouver sa marge de liberté pour construire sa propre identité. Ce lien qui le rattache sans l'immobiliser va être rongé par l'inceste qui va s'infiltrer dans la trame de cette tresse pour l'effilocher et la distendre, la réduisant à quelques fils épars, incapables d'assurer leur fonction d'amarres. L'enfant n'est plus relié, plus rattaché au sens noble du terme, et plus rien ne le retient. Il n'a plus de base solide, stable et rassurante pour lui permettre de s'envoler, plus de support pour s'élever librement. L'inceste, en annulant la différence des générations, rompt le lien qui le reliait au reste de sa famille et assurait la cohérence de son identité.


Victimisation

http://www.csf.gouv.qc.ca/modules/fichierspublications/fichier-32-272.pdf

C'est avec vigilance que nous emploierons le mot “victime”, qui peut servir à étiqueter les femmes agressées sexuellement et renforcer le processus de victimisation qu'elles vivent. Au Canada anglais, on utilise plutôt le terme “survivantes” afin de souligner les forces et les capacités des femmes qui ont subi l'inceste dans l'enfance. L'usage de ce mot est cependant peu répandu au Québec car comme le concept de victime, il peut sembler réducteur en assimilant les femmes à l'expérience de violence qu'elles ont vécue.

Cyrulnik Je me souviensce qui explique le déclenchement du processus résilient, c'est l'insoumission.

 

 

 

Emprise

Pychothérapie des victimes Gérard Lopez14/ le sujet a été victime d'une prise de pouvoir par son agresseur par Victor Simon

L'on peut concevoir aisément que cette emprise développée par l'opérateur qui manipule l'hypnose traditionnelle, puisse être mal vécue par un patient qui vient d'être lui-même victime d'une autre emprise.

 

 

 

Faire tomber l'emprise est l'action la plus difficile à faire aboutir dans les viols par inceste. L'écriture d'une autofiction permet deformuler les actes d'emprise à l'égard de la victime. En les relisant ils deviennent visibles. On construit une autre vie et on prend de la distance sur celle-ci qui ne nous appartient plus, qui nous lâche.

Abandon

 

L'autofiction est un compagnon sur. Elle n'abandonnera pas. La volonté de l'écriture dépend de l'écrivain et non pas d'une tierce personne. C'est un acte d'autonomie.
Résilience

Par Société et maîtrise des risques

Dans le vocabulaire scientifico-technocratique d'aujourd'hui, le mot "résilience" fait merveille. Largement galvaudé, il a permis à nombre d'experts de mettre un simple nom sur des concepts souvent flous et difficilement mesurables.

Désormais on trouve cette notion dans des domaines aussi variés que l'informatique, la médecine (notamment la psychologie), l'écologie, l'économie, l'étude des sociétés, le monde de l'entreprise.

Quel est le dénominateur commun entre toutes ces utilisations possibles ?

De nos jours la résilience serait une sorte d'aptitude pour un système (objet, personne, groupe) à absorber un choc et à retrouver sa situation initiale. Cette nouvelle définition s'est nettement éloignée de sa première acception tirée de l'industrie.

D'un côté il est possible de mesurer physiquement et précisemment la résilience en métallurgie : rapport exprimé en joules par cm2, de l'énergie cinétique absorbée qui est nécessaire pour provoquer la rupture d'un métal à la surface de la section brisée : cela a le mérite d'être presque clair.

De l'autre il me paraît illusoire de l'appliquer à d'autres domaines : la résilience fait-elle appel à la vitesse donc à une échelle de temps ? Faut-il y voir une notion de seuil ou de coefficient au-delà duquel le système fonctionne malgré des failles, des anomalies, des défaillances (comme en sûreté de fonctionnement) ? Comment mesurer la régénération ou la guérison spontanée d'un système vivant ? Quels indicateurs prendre pour évaluer la résilience d'une société ?  Est-ce qu'après une catastrophe naturelle, une nation souhaite revenir simplement à la situation ante ou bien profiter de l'expérience acquise ? La résilience d'un système est-elle une donnée absolue ou évolutive d'un système ?

Cyrulnik Je me souviensPrésentation de Philippe Brenot - Editeur des Editions L'Esprit du Temps
L'enfant Boris, puis l'adulte qu'il deviendra, 
cultivera l'humour, l'ironie, la dérision pour ne 
pas mêler le rappel de la souffrance à la pensée 
consciente. « On m'a toujours aidé parce que je 
passais mon temps à faire le pitre ! », confie-t-il 
avec un sourire. Et ne dit-il pas, dans Les vilains 
petits canards, que certains enfants « contraints 
à la métamorphose » s'en sortent parce que, privés de leurs parents, ils inspirent aux autres 
l'envie de les aider ? Ainsi les traumatismes de 
la petite enfance, s'ils peuvent être formidablement destructeurs, peuvent aussi éveiller des 
stratégies de survie que nous possédons dans 
notre mémoire ancestrale.
Boris Cyrulnik a basé son concept de résilience sur le fait qu'on l'ai toujours aidé parce qu'il faisait le pitre et parce qu'il n'avait pas de parents. C'est une manière d'être inconcevable pour des incesté-e-s. Ils ont des parents. L'emprise quotidienne ne permet pas de faire le pitre, elle ne permet pas non plus d'oublier.
La résilience : une imposture.
 
Lundi 12 mai 2007
Un colloque à l’Université de Birzeit à l’initiative du Consulat Général de France « La résilience »... Un mécanisme comportemental et affectif original pour résister à la violence de l’occupation en Palestine
Le liste des participants, rien que des hommes.
 Logo Autour de la résilience Serge Tisseron
« A la limite, la pression sociale n’a plus d’importance : ceux qui sont « résilients » rebondiront, les autres pourront toujours avoir affaire au psychologue, au psychiatre ou à un « tuteur » éventuellement bénévole ».

« …Non seulement le « résilient » peut devenir une source de traumatismes graves pour les autres, y compris sa propre famille, mais il peut même parfois déployer une grande énergie destructrice ».

« En pratique, pas plus que l’on ne peut savoir si une guérison apparente est stable ou pas, on ne peut déterminer à quoi correspond un altruisme apparent chez une personne qui a vécu un traumatisme. Il peut en effet résulter d’un dépassement réussi de celui-ci, mais aussi de la mise en sommeil d’une haine inextinguible pouvant conduire, plus tard, à réaliser un acte de violence inexplicable comme moyen de rendre vie à cette partie de soi à laquelle on n’a jamais voulu renoncer ».

L'une de ces femmes a notamment déclaré : « Je me demande toujours pourquoi, encore et encore, mais il n'y a pas de réponse. Je ne peux pas trouver de sens à cela, tout comme je ne pourrais en trouver à une tornade."
Pour cela, elles avaient analysé le caractère et les motivations de leur père, et prise en compte la situation au foyer à cette époque-là – par exemple la mort de leur mère ou la cessation des relations sexuelles entre les parents. Un tiers d'entre elles estimaient que leur père devait avoir souffert d'une maladie mentale ou d'un grave trouble de la personnalité.
Dans de telles circonstances, la position adoptée par l'une des femmes reste une porte de sortie appréciable : « Mon principal atout à travers toute cette expérience a été d'éliminer de mon esprit tout ce dont je ne voulais pas me souvenir. Si je n'en parlais pas, ou même n'y pensais pas, je pouvais survivre . »

"Il faudra toujours aller de l'avant, jamais, jamais me plaindre, ne pas me retourner, c'était jusqu'à présent la stratégie de survie, comme tous ceux qui enclenchent un processus de résilience."
C'est un bavardage, qui a été enregistré, dont le verbatim a était transformé.
Si j'avais du écrire quelque chose comme ça, j'aurais dit, quand j'étais enfant effectivement, je n'ai pas été à l'école, parce que je n'avais pas la possibilité d'y aller, j'aurais été arrêté et je serais mort.
.../...

Pour moi enfant c'était le sel des larmes. J'ai pris ça pour moi. Comme j'ai eu une enfance pas facile, je me suis dit voilà une faut pas se retourner.
C'est une phrase de déni, ce n'est pas une phrase de résilience.
.../...
Le déni est protecteur. C'est névrotique, mais c'est protecteur. C'est un mécanisme de défense au sens psychanalytique du terme.
C'est-à-dire que j'avais besoin de pratiquer le déni pour ne pas être prisonnier du passé, pour ne pas avoir peur tout le temps, pour ne pas souffrir tout le temps.
Donc c'est ce que j'ai pratiqué trop longtemps, beaucoup trop longtemps.
.../...
J'étais dans la survie, je ne pouvais pas faire autrement.
.../...

 A-t-on besoin du pardon pour entrer en résilience ?
Relation-d-aide.com.jpgCe serait une grande erreur de croire qu'il est bénéfique d'accorder son pardon à quelqu'un qui ne se repent pas.
Claire Poujol

Logo Autour de la résilience Jacques Lecomte
« La résilience n’est pas un état mais un processus ».

« Lorsqu’il reconnaît la gravité du tort causé et qu’il regrette son acte, le coupable facilite énormément le parcours de résilience de sa victime ».

Cela procède d'une confusion entre deux composantes successives du pardon. Il y a en effet tout d'abord le pardon « intellectuel », qui constitue le véritable acte de pardon. C'est une décision guidée par la volonté et éclairée par la réflexion, qui exprime la volonté de briser le cycle de la violence. Puis il y a le pardon émotionnel, c'est-à-dire la disparition des sentiments d'amertume, qui, lui, ne dépend pas de la volonté de la personne et peut prendre beaucoup plus de temps.
…/…
Or, l'oubli de certains traumatismes est impossible ; ou alors, lorsqu'il se produit, c'est sous l'effet d'un déni qui, s'il dure trop longtemps, peut se révéler plus pathogène que la confrontation à la réalité.
Stefan Vanistendael & Jacques Leconte essaient de nous faire croire que le pardon est un moyen de résilience tout en insistant bien sur l'impossibilité d'oublier.
J'en reviens à cette pression sociale qui nous oblige à pardonner, à rentrer dans le rang, à n'importuner personne.
A-t-on demandé aux revenants des camps de concentration de pardonner ?
Les femmes doivent pardonner, c'est dans notre ordre social.
 
  L'Internet peut -il avoir un rôle de résilience ?

Serge Tisseron La résilience

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On peut évidemment transposer ces constatations dans le vocabulaire de la résilience et affirmer qu'Internet y contribue. Mais, plus sérieusement, on peut aussi s'appuyer sur cette évolution pour dénoncer le caractère artificiel de toute tentative de définir une liste des facteurs de résilience !

Les blogs

 Logo nt2 MontréalEn les fréquentant pendant longtemps, on comprend que le blogue est, au contraire, le lieu par excellence du ressassement, qu’il est un des rares endroits de publication qui permettent le déploiement véritable de la pensée, qui se compose de plusieurs retours avant de réussir de réelles avancées. Raison de plus de se méfier des études d’universitaires qui viennent de découvrir les blogues.
Si comme tout genre littéraire, le blogue exige qu'on lui consacre de longues périodes de lecture avant qu'on ne parvienne à le saisir, il se déploie, pour sa part, dans le temps. Il ne doit pas être simplement relu. Il doit être assidûment fréquenté. On entend souvent dans les médias des critiques d’Internet qui décrivent le réseau comme un monde virtuel de simulation. Dans le milieu du blogue, on sait depuis longtemps qu’on est loin des simulacres. L’action de bloguer n’est pas un échappatoire contre la vie et contre la société. Le blog inscrit, au contraire, le blogeur au cœur même de la vie, plus profondément encore que bien des formes de socialisation. La nature humaine se présente de façon entière sur Internet. Ses aspects souvent les moins reluisants agissent comme de puissants révélateurs et se manifestent régulièrement sur les blogues.

Sandra Verdrel

Au prime abord, la notion de résilience évoque la faculté qu’a l’individu de refouler les traumas qui lui sont infligés, afin d’assurer sa survie à court terme. De fait, la résilience n’est jamais absolue et définitive. Elle est modulable par les circonstances de la vie et par le vécu psychique du sujet blessé. Elle peut donc s’effondrer à tout moment en cas de nouveau choc. Si la personne en détresse, n’a pas acquis «  un Moi suffisamment fort » pour faire face à la perte, par un travail de mentalisation qui permette de donner du SENS  à  la douleur.


Conclusion
Alice Miller
Logo-Alice-Miller.jpgJ'ai compris que les partisans de la résilience s'occupent du sommet de l'iceberg et non de la partie cachée

 

logo-nonfiction.fr.jpgSerge Tisseron insiste également sur la question de l’identification à l’agresseur. En psychanalyse, et ce depuis Ferenzci, l’intériorisation par la victime de la figure de l’agresseur conduit à l’inclure dans l’organisation de son Surmoi. Il peut s’en suivre trois types de scenarii : le sujet peut s’identifier à l’agresseur pour s’attaquer lui-même ; il peut s’identifier à la victime qu’il a été en conduisant ses nouveaux interlocuteurs à devenir des agresseurs à son endroit. Il peut aussi s’identifier à l’agresseur et agresser à son tour d’autres personnes. C’est ainsi que Ferenzci a pu introduire les phénomènes d’autopersécution. Serge Tisseron montre la richesse du concept, souvent galvaudé dans l’utilisation qui est faite à propos de la résilience.

Serge Tisseron
Serge Tisseron La résilienceBeaucoup de gens déduisent du même raisonnement l'idée qu'ils doivent s'en sortir sans psy. Le mot de « résilience », même s'il s'agit là encore d'une erreur d'interprétation, cristallise ce désir.
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4. Guérir sans psy.
Tant que les gens qui souffraient se sentaient coupables d'aller mal, ils acceptaient de s'engager dans des soins parfois longs et coûteux pour aller mieux. Or aujourd'hui, de nombreux travaux et articles de presse mettent l'accent sur le caractère de « victimes » de tous ceux qui ont subi des sévices physiques et sexuels, ou qui ont grandi dans des conditions sociales déplorables. Du coup, tout change ! Une femme victime d'inceste dans son enfance me résumait les choses ainsi : « Tant que je n'avais pas mis en relation mes symptômes avec ce que j'ai subi quand j'étais petite, j'acceptais de payer pour aller mieux. Je pensais que c'était de ma faute. Mais maintenant que j'ai compris d'où ça vient, je trouve ça insupportable ! C'est comme si je devais payer deux fois les fautes des autres ! D'abord avec ma souffrance, et ensuite avec mon argent ! » Cette femme reconnaissait en même temps tout le bénéfice qu'elle tirait de la thérapie qu'elle faisait, mais beaucoup de gens déduisent du même raisonnement l'idée qu'ils doivent s'en sortir sans psy. Le mot de « résilience », même s'il s'agit là encore d'une erreur d'interprétation, cristallise ce désir.

Gérard Lopez
Le vampirisme au quotidien
La résilience dépend, pour l'essentiel, de la qualité des liens sociaux de la personne menacée, comme le montre le roman de Bram Stocker qui est, en quelque sorte, le triomphe de l'amitié et de la solidarité.

Pychothérapie des victimes Gérard LopezPage 12 - Gérard Lopez & Arianne Casanova

Souvent mal compris, le concept de résilience peut être confondu avec la "résistance" qui a une connotation péjorative dans une perspective psychodynamique. La résilience ne peut se concevoir que dans une situation donnée, le même individu pouvant surmonter l'épreuve et pas une autre. Mais on a tendance à faire des sujets dits résilients de supers individus.

Pourtant, certains traits de caractère, en général peu appréciés, peuvent être favorables dans certaines conditions catastrophiques, comme l'égocentrisme, l'insensibilité, l'indifférence.

Il en va de même lorsqu'on après l'arrêt de silence à la mes

ure de son efficacité sociale, car celle-ci peut se faire au détriment de la vie personnelle, par exemple. Pourtant, certains sujets deviennent plus solides ils ont pu surmonter certaines situations catastrophiques, lesquelles réalisent une sorte d'immunisation psychique.

Cette idée trop répandue est souvent culpabilisante pour les victimes : rares en effet sont les vilains petits canard qui deviennent des cygnes d'une part et, d'autre part, pour certains autres sujets, sur le plan psychique, tout peut basculer de manière imprévisible au détour un autre moment de l'existence.

C'est en cela que réside la grande difficulté à vouloir ranger sous un même vocable des phénomènes qui résultent de mécanismes hétérogènes.

Pychothérapie des victimes Gérard LopezUne technique hypnotique spécifique pour traiter les viols par inceste par Victor Simon
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Elles sont à utiliser dans le cadre décrit précédemment. Leur but est d'abord de pacifier le patient pour lui permettre de se reconstruire dans un second temps.
• Déshypnotiser le patient

• Recadrer pour agir vite

• Agir sur l'angoisse, l'anxiété, la souffrance
• Agir sur les flashback
• Agir sur la culpabilité
• Former à la pratique de l'auto-hypnose plusieurs fois par jour afin de retrouver un contact plus apaisé avec ses émotions et ses sensations corporelles.

 

- L’autofiction permet de décrire les personnalités dues à la dissociation après un ESPT. Le sujet est éclaté.
Il est agi par l'agresseur. L'autofiction permet de départager l'agissant de l'agi. Le fait d’écrire les faits, les odeurs, les couleurs et les sensations et de les lire leur donne corps et distance pour atteindre une personne unique. Entre le moi et le traumatisme, il s'instaure une distance que permet l'écriture.
 
- La recherche d'identité ne se fait pas pour être reconnu, mais pour s'inscrire dans une lignée, un existance.
Les viols ont rendu la personne agressée transparente sans non, celui du père n'ayant plus lieu d'être.

- Le roman en cours peut évoluer sur un grand nombre d’années, c’est un tuteur de résilience fidèle qui permet de travailler sur l’abandon.
Il apporte une stabilité qui donne à goûter une vie plus tranquille qui n’est plus sur le qui vive et donne un but intéressant. Un livre ne manipule pas, c’est l’écrivain qui le manipule.

- La résilience ne peut avoir lieu que lorsque les dissociations se sont recollées, qui le vécu d’abandon est dépassé et qu’un but est donné à la vie dans la sérénité pour laisser derrière soit la survie dans l’exploitation par les autres.
Je suis une sceptique et que je n’ai pas honte de dire quand je n’y comprends rien, je suis distante envers ce qui m’apparait comme un truc de communicant.
Yves Cadiou
« Résilience », pourquoi pas. La résilience se définit d’abord dans le domaine de la physico-chimie, où l’on sait exactement ce que ça veut dire parce qu’elle est mesurable. Puis ce mot des sciences dures a été copié par les sciences molles, psychologie, psychiatrie, sociologie, qui espéraient peut-être ainsi acquérir la dureté qui leur manque. Reste que le mot résilience (je parle du mot, non de la réalité qu’il désigne) ne pose pas vraiment de problème, à l’exception de son style un peu trop rive-gauche auquel je préfère la devise de mon Régiment, qui a quand-même plus de gueule : « debout les morts ! » http://amicale.3rima.pagesperso-ora... .

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