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  • : Autofiction Inceste Résilience
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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 12:31

Logo Encres vagabondesQuand ce n’est pas le téléphone, c’est la porte qui favorise ou empêche la communication.
« Cela faisait combien de temps maintenant ? Un an. Un an de portes ouvertes et fermées. Elle en avait assez.
Elle s'en rendait compte aujourd'hui. Une porte doit toujours être fermée ou ouverte. Et non dans les courants d'air d'un amour mal assorti. Parce qu'une porte fermée laisse ouverte une autre porte.
»

« Elle aimait les sensations fortes. Les portes bien fermées. Pour les enfoncer. Les défoncer. »

Le rencontre (ou la non-rencontre), la difficulté ou la vacuité des relations, sont des thèmes récurrents tout comme l’amour et la rupture, l’infidélité, la haine, la violence, l’enfance (battue ou violée)…
« Inceste
Elle en avait assez. De tourner. Dans sa tête. Des scénarios. Sans queue ni tête.
Des scénarios passés. D'une petite enfance. Mal passée.
Elle en avait assez. De revivre dans ses rêves. Sans trêve. Des moments périmés.
Elle en avait assez. D'alimenter dans un coin de son cerveau. Une petite enfance en peau de chagrin. Passée. Mal.
Elle en avait assez. De tourner en rond. En perdition. Dans un présent absent. Dans un lointain sans fin.
Elle en avait assez. De se débattre. Battre contre une petite enfance. En défaillance. En conséquence. Passée. Mal. Dans un lointain sans fin.
»

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo d'encres vagabondes

Pensees-en-desuetudes-de-Stephanie-Michineau.jpgThème : Poésie
Genre : Théâtre / Poésie / Fable
172 page(s) noir et blanc
Format classique 13/20 cm

Ouvrage publié le 18/02/2010
Pour acquérir le livre cliquez sur la couverture

Autres billets sur le livre Penées en désuétude de Fanny Cosi
2/ Une voix qui émerge
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Published by Stéphanie Michineau - dans Ecrire sur le viol
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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 18:49

Jeanne Cordelier Reconstruction

Page 34

En attendant plus que tout de savoir comment j'allais me débarrasser du boulet que les flics américains m'avaient mis aux pieds. Cela dit, ils n'étaient pas tout seuls, je les y ai bien un peu aidés… parce que je suis une brave fille, pour ne pas dire une brave bête. Couchée ! assise ! on tend la patte, on fait la belle. J'ai été bien dressée. On m'a bien tanné le cuir, quand je rêvais de caresses, de mots doux, de cacher mes larmes dans un cou. Bêtasse va ! Les hommes n'aiment pas qu'on leur chiale dans l'encolure.

Page 55

Mais puisque c'était Kinski pourquoi pas ? Et face à pareil nom, Hachette allait bien devoir en rabattre non… On allait voir et sans tarder, puisque la semaine suivante, à bord de la Rolls-Royce de l'acteur fétiche de Werner Herzog, je remontais les Champs-Élysées. On avait rendez-vous avec Raymond Danon, le fameux producteur, le porte-lazagnes d'un certain ciné. Des tunes lui, il en avait, gros comme lui, ce qui expliquait qu'il ait ses bureaux sur les Champs. De temps à autre Klaus me caressait le bas du dos, histoire de s'assurer que je ne portais pas de culotte comme il me l'avait demandé. C'était pas la première fois que je sortais sans, et en plus ce jour-là, y faisait beau. Dans le hall y avait le pouce de César, dressé. Je ne savais pas très bien comment interpréter l'accueil. Personnellement, moi doigt pour doigt, j'aurais préféré le majeur droit. Dans l'ascenseur Klaus a encore vérifié pendant que je regardais les étages s'afficher. Combien de temps les hommes allaient-ils encore fantasmer sur moi comme pute, et combien de temps allais-je encore me laisser manger la laine sur le dos ? Dis-moi, ma brebis ? Elle bêle, elle s'en cogne, dit que maintenant qu'elle bosse pour elle, les loups ne lui font plus peur. On arrive au dixième.

Page 74

J'ai quitté son bureau, soulagée. L'air abattu, Eric était assis sur une chaise dans le couloir. Il me semble qu'on s'est embrassés, à moins que je n'aie tout inventé. Tout comme la disparition du bahut dans l'entrée, des Gallé de la période japonaise, d'une paire de candélabres en argent, de mes bijoux, que je ne portais plus depuis longtemps d'accord, mais qui auraient pu servir en cas de panne de stylo. Cela dit, nous n'allons pas faire l'inventaire. Ça ferait trop, d'autant qu'au fond cela m'était indifférent. Puisque pour la plupart volées, je n'avais jamais considéré que ces choses m'appartenaient. Il faut dire aussi que mon sens de l'appropriation n'est pas très développé. Je vois tout comme un décor, et moi en faisant partie. Cependant il n'a jamais été aussi beau depuis que je te porte, tellement, tiens, que je me roulerais dedans.


Autres billets sur Reconstruction de Jeanne Cordelier

1/ Reconstruction de Jeanne Cordelier

2/ Jeanne Cordelier : Le second souffle

3/Préface de Benoîte Groult pour Reconstruction

4/ Reconstruction de Jeanne Cordelier par le Figaro.fr 

5/ Aimer après l'inceste

7/ Famille d’incestueurs par Jeanne Cordelier

8/ La peur de l'abandon après une enfance violée

9/ Rêve d'inceste

10/ Le vide, l'abandon
11/ Dissociation

12 / Avec les viols par inceste, les échecs scolaires

13/ La chronique littéraire de Jean-Claude Lebrun : Jeanne Cordelier. L’autobiographie nécessaire

14/ Un corps que je ne connais pas
15/ "Reconstruction", de Jeanne Cordelier : la deuxième vie de Jeanne Cordelier par Fabienne Dumontet

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 08:28

The-impact-of-childhood-sexual-abuse.jpg Broché: 372 pages
Editeur : Ballantine Books (P);
Édition :
Reissue (février 1990)
Langue :
Anglais
ISBN-10 :
0345366395
ISBN-13 :
978-0345366399

From Publishers Weekly

"Required reading for fans of Woolf, this superlative study traces the impact of early sexual abuse on her personality and her writing," reported PW , calling the work "a major step toward a reappraisal of Woolf's feminism." Photos. Copyright 1990 Reed Business Information, Inc.

Ingram

Many thought Virginia Woolf, author of several classics of modern literature, to be brilliant but mad. Now this astonishing and acclaimed book reveals the awful truth: from the age of six, Virginia was an incest victim. A compassionate account sure to be of comfort to other abuse victims everywhere. Illustrated.
Louise A. DeSalvo propose un traitement de l'abus sexuel incestueux que subit V. Woolf quand elle était jeune dans Virginia Woolf: The Impact of Childhood Sexual Abuse on her Life and World. Son imaginaire est aussi étudié pour sa profondeur de vue dans des thèmes comme le syndrome commotionnel, la guerre, les classes et la société britannique moderne. Les plus connues de ses œuvres nonchambre à soi et Trois Guinées, traitent de l'avenir de l'éducation féminine et du rôle des femmes auteurs dans les canons littéraires occidentaux.

____________________________
Autres billets sur Virginia Woolf
Viviane Forrester – Viriginia Woolf
Ta vie sauvée enfin par Alice Miller

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 10:44
0 Inspecteur Morse
Inspecteur Morse (Inspector Morse) est une série télévisée britanique en 33 épisodes de 120 minutes, créée par Colin Dexter d'après ses romans et diffusée entre le 6 janvier 1987 et le 15 novembre 2000.
SAISON 4 (1990)
Le Venin du serpent (Infernal Serpent)
Réalisateur : John Madden
Sénaristes : Collin Dexter
(personnages)
  1. "Lewis" (Episodes, 2007-2009)
        - Counter Culture Blues (2009) Episode TV (personnages)
        - The Point of Vanishing (2009) Episode TV (personnages)
        - The Quality of Mercy (2009) Episode TV (inspired by the Inspector Morse novels of)
        - Allegory of Love (2009) Episode TV (personnages)
        - The Great and the Good (2008) Episode TV (personnages) (non crédité) (inspired by the Inspector Morse novels of)
          (6 plus)
  2. Lewis (2006) (TV) (inspired by the Inspector Morse novels of)
  3. .src='/rg/filmo/title-title/images/b.gif'" href="http://www.imdb.fr/title/tt0092379/">"Inspecteur Morse" (Episodes, 1987-2000)
    ... autre titre : "Inspector Morse" - UK (titre original)
        - The Remorseful Day (2000) Episode TV (roman)
        - The Wench Is Dead (1998) Episode TV (roman)
        - Death Is Now My Neighbour (1997) Episode TV (roman)
        - The Daughters of Cain (1996) Episode TV (roman)
        - The Way Through the Woods (1995) Episode TV (roman)
          (28 plus)
  4. The Last Morse: A Documentary (2000) (TV) (personnages)
  5. Morse's Oxford (1993) (V) (scénariste)
Ecrit par Alma Cullen
  1. Outside the Rules (2002) (TV) (scénariste)
  2. All the King's Men (1999) (TV) (scénariste)
  3. The Pale Horse (1997) (TV) (scénariste)
  4. "Inspecteur Frost" (1 Episode, 1996)
    ... autre titre : "A Touch of Frost" - UK (titre original)
        - Fun Times for Swingers (1996) Episode TV (Scénario)
  5. "Pigeon Summer" (1995) TV mini-series (episodes inconnus)
  6. A Village Affair (1995) (TV) (Scénario)
  7. "Inspecteur Morse" (Episodes, 1989-1992)
    ... autre titre : "Inspector Morse" - UK (titre original)
        - The Death of the Self (1992) Episode TV (écrit par)
        - Fat Chance (1991) Episode TV (écrit par)
        - The Infernal Serpent (1990) Episode TV (écrit par)
        - The Secret of Bay 5B (1989) Episode TV (Scénario)
  8. A Masculine Ending (1992) (TV) (scénariste)
  9. Intimate Contact (1987) (TV) (scénariste)
  10. "Winter Sunlight" (1984) TV mini-series (scénariste)
  11. "Screenplay" (1 Episode, 1980)
        - Lives of Our Own (1980) Episode TV (scénariste)
  12. "Play for Today" (1 Episode, 1979)
        - Degree of Uncertainty (1979) Episode TV (play)
  13. Kay (1978) (TV) (scénariste)
  14. "Send in the Girls" (1 Episode, 1978)
        - A Hardy Breed of Girl (1978) Episode TV (scénariste)
  15. The Caledonian Cascade (1977) (TV) (scénariste)



Avec : Colin Dexter (apparition), Michael Attwell (Parsons), Ian Brimble (Phil Hopkirk), Cheryl Campbell (Sylvie Maxton), George Costigan (Ron Garrett), Barbara Leigh-Hunt (Blanche Copley-Barnes), David Neal (Dr Julian Dear), Geoffrey Palmer (Matthew Copley-Barnes), Pearce Quigley (Mick McGovern), Irene Richard (Imogen Garrett).
Dans les séries Inspecteur Morse :
Des scénaristes et réalisateurs tels que Anthony Minghella : Le Patient Anglais, John Madden : Shakespeare In Love ou Danny Boyle : Trainspotting participent régulièrement à la production de cette série couverte de récompenses, dont deux BAFTA TV Awards de la Meilleure Série et deux du Meilleur Acteur John Thaw.


Autres billets sur Inspecteur Morse
I - Le Venin du serpent – Inspecteur Morse – 1990
II - Transcription – Imogen, Ron, Blanche, Matthew & Sylvia
III - Transcription scène entre Sylvia & Morse
IV – Transcription – Blanche, Matthew & Sylvia
V/Transcription – Blanche, Amanda & Hopkirk le jardinier
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 07:46
Resiliency, transmission and elaboration of the trauma in the writing of hurt childhoods
Par Marie ANAUT
Une abondante littérature est alimentée par les récits autobiographiques ou romancés qui transmettent les expériences et les parcours de vie des personnes réputées résilientes qui ont connu de graves carences familiales, des abandons, des abus, des violences intra-familiales, des traumatismes dans l'enfance. Ces adultes à l'enfance meurtrie semblent animés par un besoin de mise en sens de la confrontation à l'adversité qui trouve une forme de figurabilité singulière à travers l'écriture. La mise en récit littéraire à partir des enfances blessées est analysée, à la lumière des approches croisées de la métapsychologie freudienne et du modèle de la résilience, en tant que création participant à l'élaboration du trauma et mettant en acte le processus résilient.
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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 03:05
Qu’elle soit directement mise en scène ou sujet implicite de la représentation, la sexualité – et ses normes – saturent les œuvres classiques de l’art occidental. Pour l’exposition « Posséder et détruire. Stratégies sexuelles dans l’art d’occident » qui s’est tenue au printemps 2000 au Louvre, Régis Michel, conservateur en chef au département arts graphiques du musée du Louvre, a analysé le système de signification qui structure la composition des œuvres et met en évidence le prisme principal par lequel la sexualité est figurée : celui de la violence.
…/…

L’art d’Occident, volontiers psychopathe, est d’essence misogyne. Dès lors qu’il y est question de lien sexuel, la femme y tient constamment le rôle du souffre-douleur : éternelle victime d’un procès permanent de réification qui la réduit souvent au statut de tropisme, sur le dernier degré de l’échelle des êtres, où elle est moins qu’un animal et moins qu’une chose (on en trouvera ci-après quelques exemples saisissants). Son imagerie fonctionne, au travers des siècles – trois ou quatre et plus –, comme une structure immobile qui reproduirait à sa manière (triste pastiche) les scènes cruelles du château de Silling, où l’on supplicie, chez Sade, les séquestrés de Sodome [9]. Mais cet univers chaotique de violence pulsionnelle n’a pas la grandeur funèbre du projet sadien, où le pouvoir absolu traduit en actes un absolu de la raison, qui fait (au moins pour nous) la preuve expérimentale de sa faillite historique [10]. Il n’est qu’un pré carré du fantasme, où s’ébrouent, à la faveur des sources littéraires, qui véhiculent obstinément leur Olympe rouillé, les obsessions douteuses d’une élite mâle. Art d’hommes, fait par des hommes, pour le désir des hommes. La littérature féministe a de longue date entrepris sur ce point une relecture implacable qui ruine à l’envi les alibis complaisants du discours traditionnel. Constat liminaire, constat salutaire : cet art est phallique. Mais il ne suffit pas de le dire.
[9] Sade, Les cent vingt journées de Sodome ou l’école du libertinage, Œuvres I, éditions M. Delon, 1990, pp. 13 sq.
[10] Où l’on rejoint la grande thèse de M. Horkheimer et T. Adorno, « Juliette ou raison et morale », in La dialectique de la raison. Fragments philosophiques (1944), Gallimard, 1994, pp. 125-127 notamment.
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14 août 2007 2 14 /08 /août /2007 13:34

164 pEcrire le violages, août 2007

Le viol peut-il légitimement être abordé en tant que sujet artistique ? En quoi et comment l’art est-il susceptible de penser ou d’exprimer le viol ? L’imaginaire littéraire du viol démontre au paroxysme que cet acte ne peut être une rencontre avec l’autre. Le viol ne fait jamais sens. C’est une brutalité absolue et gratuite qui entraîne la victime dans un lien avec son (ses) agresseur(s) qu’elle ne peut rompre à cause de son incapacité à comprendre ce qu’elle a vécu. La mythologie, traversée par des scènes de viols, confirme la dimension archétypale de cette violence originelle et permet de définir cinq types de viols : viol-vengeance ; viol-mutilation ; viol-domination ; viol-inceste ; viol-blasphème. Types de viols que l’on retrouve, commis par différents personnages, dans un parcours littéraire à travers des œuvres de Cendrars, Le Clézio, Schnitzler, Guyotat, Anne Hébert, Niki de Saint-Phalle, Agota Kristof, James Ellroy... La fiction nous ouvre un autre monde et, en dépit du crépuscule, de la monstruosité de ce monde, elle nous dit qu’il existe une pensée vivante, qui parle au nom des victimes, compatit, cherche à cerner l’impardonnable, malgré le corps profané et déchu, une pensée qui affronte la violence, pour la dominer enfin par le refus de la prolonger.


Autres billets sur le livre de Rennie Yotova

I/ Ecrire le viol

II/ Le viol

III/ Fantasmes de viol dans la littérature

IV/ Fantasmes dans Le Voyeur d'Alain Robbe-Grillet

V/ Que devient un corps violé ?

*/ Le pardon

**/ L'indicible du viol

****/ Métaphorique du viol chez Robbe-Grillet en l'associant à l'acte de l'écriture
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Published by Rennie Yotova - dans Ecrire sur le viol
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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 17:39
Page 153

La souffrance n'a pas de patrie et, contrairement à une éthique chrétienne qui avance qu'aucune expérience ne serait gratuite et que la souffrance serait un facteur de progression intérieure, nous pensons que le viol nef ait jamais sens. C'est une horreur que quelqu'un vit de façon absolument gratuite, qui l'engage dans un lien qu'il ne peut pas rompre à cause de son incapacité à comprendre ce qu'il a vécu, à lui donner un sens. Certes, on peut connaître le monde aussi par l'abîme, la déchéance et le gouffre, mais connaître ne signifie pas comprendre. En revanche l'écriture peut donner un sens à la déchirure.

Les personnages de violeurs qui se sont manifestés dans les pages précédentes présentent tous une part inhumaine en eux, quelque chose de monstrueux et de grotesque. Moravagine, Stevens Brown, les trois soldats américains, le caïd K., les motards, les trois types avinés, etc., longue galerie d'êtres dépourvus de sentiments humains, handicapés dans leur vie affective, capables de franchir la norme pour aller au-delà de l'humain. On ne saurait évidemment nier les mérites de la tératologie, de la psychanalyse, de la biologie évolutionniste, mais nous ne nous intéressons pas au viol en tant que phénomène biologique, mais en tant que phénomène métaphysique qui dresse la pensée humaine devant l'impensable et l'intraitable, au sens de ce dont on ne sait pas traiter. Le monstre est effrayant et l'effroi pétrifie les sens, paralyse l'appréhension, rend tout discours intransitif. La parole du viol reste forcément tragique, elle n'offre pas de catharsis. Au fond d'elle, il y a le cri de la peur, de la douleur, mais aussi de la révolte.

En somme l'écriture du viol ne saurait être expiatoire, mais elle peut cacher une force salvatrice, propre à l'art, qui permette de résister au désespoir et de restituer la dignité humaine. La tonalité tragique de cette écriture peut éveiller la compassion et ce partage du malheur apporte un grand soulagement, même s'il ne guérit pas. « Grâce au livre, je pense avoir retrouvé une forme de dignité » (p. 304), avoue Samira Bellil.

 

La fiction nous révèle une réalité plus profonde que celle que nous pouvons connaître par d'autres moyens. Elle ouvre la possibilité d'un autre monde et, en dépit du crépuscule, du monstrueux que nous présente ce monde, elle nous dit qu'il existe une pensée humaine s'engageant à réfléchir au nom des victimes, à compatir pour chercher à cerner l'impardonnable, à rester vivante, malgré la mort du corps et la déchéance de l'âme, une pensée qui peut faire face à la violence en la dominant par le refus de la prolonger. « Et si le roman était le lieu propice dans lequel pourrait se jouer, non pas le heurt des religions et des assassins, mais leur traversée, leur refonte dans un bouquet de paysages psychiques qu'il est impossible d'assainir ou d'abolir, mais qu'il nous reste à explorer pour tenter de les sublimerl32? » s' interroge Julia Kristeva pour affirmer que la fiction est en mesure de prendre en charge la négativité et de produire un discours révélateur. Certainement aussi par son pouvoir empathique. Faut-il rappeler dans ce sens que Freud pensait que la littérature a devancé la psychanalyse dans l'exploration de la vie psychique ?

 

Nous refusons d'attribuer une valeur esthétique au viol, en dehors du fantasme.

 

Après la nuit du viol, car on viole essentiellement pendant la nuit, peut-être pour s'engouffrer dans les ténèbres originelles, vient le cri de lucidité de l'aube, qui peut devenir un cri d'espoir, s'il devient écriture. Opposer à ce vide, aux abysses intérieurs, le récit, pourrait être un beau projet de restitution de l'équilibre et de retour à l'humain.

 

132. Julia Kristeva, « Meurtre à Byzance ou pourquoi je me voyage en roman », entretien avec Pierre-Louis Fort, L'Infini, Gallimard, Paris, n° 92, automne 2005, p. 84.


Autres billets sur le livre de Rennie Yotova

 

I/ Ecrire le viol

II/ Le viol

III/ Fantasmes de viol dans la littérature

IV/ Fantasmes dans Le Voyeur d'Alain Robbe-Grillet

V/ Que devient un corps violé ?

*/ Le pardon

**/ L'indicible du viol

***/ Viol et violence à travers Virginie Despentes

****/ Métaphorique du viol chez Robbe-Grillet en l'associant à l'acte de l'écriture

*****/ Le viol de Magritte par Rennie Yotova

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1 septembre 2005 4 01 /09 /septembre /2005 07:07
Question-d-inceste.jpgPage 279
Nous ne connaissons le vécu des victimes qu'à travers leurs témoignages. Qu'il s'agisse d'écrits, ou de révélations verbales, de témoignages spontanés ou sollicités, il faut pour en saisir le sens les resituer dans le contexte qui les a vus apparaître. Cette mise au point est indispensable pour comprendre ce qu'elles disent d'elles.
La valeur de l'écrit
S'agit-il d'écrits solitaires, spontanés, accouchés dans la douleur et la solitude, ou ont-ils été sollicités et par qui ?
Veulent-ils accuser, comprendre, accabler, excuser, expliquer ?
À qui sont-ils destinés ?
Sont-ils un journal intime qui ne doit pas sortir du secret ou sont-ils, au contraire, faits pour être publiés ?
Dans quelle intention ?
Pour faire sensation, pour dénoncer, pour se libérer, pour témoigner, pour aider d'autres victimes à se sentir moins isolées, pour se graver une identité dans le marbre du martyrologue ou de la liste des résilientes convaincues ?
Qui leur demande de parler, qui leur demande d'écrire ?
En dehors de la « nécessité intérieure » évoquée par R. M. Rilke, qui pousse à ce déballage de l'intime, à ce dévoilement de la souffrance psychique ?
Sont-ce des aveux, des représailles, des mots d'adieu, de renoncement ou un engagement, une rébellion, un cri de révolte, un sursaut de vie, un appel au secours, un appel militant ?
Quand ces témoignages apparaissent-ils ?
À quelle distance de l'inceste interviennent-ils ?
Comment ne pas différencier le dévoilement immédiat de celui qui intervient dix, quinze, ou vingt ans plus tard ?

Rappelons ici le cas de Jorge Semprun qui n'a pu parler des camps d'extermination nazis que cinquante ans après en avoir été libéré. Dans L'Écriture ou la vie, il témoigne que ce silence de plusieurs décennies lui a été nécessaire pour préserver son élan vital et sa force créatrice. Écrire plus tôt, dans l'immédiateté de la libération, eût été maintenir et prolonger l'horreur de l'extermination au détriment de l'engagement dans la « vraie vie
».
Cet écrit à distance de l'acte, quand il est sublimé par la nécessité intérieure de la création, a valeur de témoignage. Accusateur, pédagogique, libérateur, il est une revanche par les mots des violences subies, une réhabilitation intérieure par l'engagement, une mise en pièces du secret mortifère, une ouverture sur le monde de la vie, une libération des forces du mal.

Autres billets sur le livre Questions d'inceste
1/ Questions d'inceste de G. Raimbault, P. Ayoun, L. Messardier
2/ L'inceste séducteur, le père avec la fille
3/ La pianiste de Michael Haneke
4/ L’inceste avec violence, le viol incestueux
5/ Une conception réductrice de l'inceste
6/ La rupture du lien de filiation
7/ Les réactions au traumatisme
8/ La sidération et l'impossibilité de dire
9/ Ces mères qui n'ont pas réussi, ou pas voulu, ou pas su éviter l'inceste
10/ L'identité désorganisée des pères séducteurs
11/ Pourquoi les incestueurs en appellent-ils à l’insatisfaction conjugale ?
12/ L'interprétation du consentement par l’incestueur
13/ L'atteinte narcissique et la culpabilité pour la mère
14/ La valeur de la sanction pour l'agresseur et la victime
15/ La tragédie grecque et la littérature
16/ L'autonomisation
18/ Le pardon
19/ Anaïs Nin, un inceste choisi
20/ Deux sœurs dans les viols par inceste
22/ Jeudi 4 mars 2010 – Café "Inceste : victimes et abuseurs
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17 novembre 2004 3 17 /11 /novembre /2004 08:54
Elle-ne-pleure-pas-elle-chante.jpgEric Corbeyran, Thierry Murat
Album 
Paru le : 17/11/2004
Editeur : Delcourt
Collection : Mirages
ISBN : 2-84789-176-5
EAN : 9782847891768
Nb. de pages : 101 pages
Poids : 640 g
Dimensions : 20,5cm x 26,5cm x 1,5cm
" Il est de ces textes que l'on n'écrit pas mais que l'on crie.
De ces textes que l'on a portés si longtemps qu'ils sont indissociables d'une partie de votre âme. C'est le cas d'Elle ne pleure pas, elle chante. Un texte intérieur et intime. Pourtant, ce texte, Eric et Thierry vous avez su, je ne sais comment, le porter avec moi et mieux encore, le faire vivre autrement. [...] A présent, je ne suis plus seule. "

Autres billets sur Elle ne pleure pas elle chante par Eric Corbeyran & Thierry Murat
Elle ne pleure pas elle chante vu par Yaneck Chareyre
Film – Elle ne pleure pas elle chante de Philippe de Pierpont

 

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Published by Eric Cobeyran & Thierry Murat - dans Ecrire sur le viol
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