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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 09:40

Logo-passiondulivre.com.jpgDane Cuypers
Guides et conseils pratiques
Editeur : CFPJ, Paris, FrancePrix : 28.00 € / 183.67 F
ISBN : 9782353070381
GENCOD : 9782353070381
Sorti le : 24/02/2011


Les premières lignes

Extrait du préambule
« Franchement de quoi j'me mêle ? Restons à notre place ! », comme me disait, en substance, une rédactrice en chef d'un quotidien à qui je proposais un papier tourisme où les sensations auraient eu la part belle.

« Nous ne sommes pas Nicolas Bouvier », m'assena-t-elle, glaciale.
Tout a commencé là sans doute. Cette façon de me faire renvoyer dans mes cordes a déclenché, outre une provisoire vexation, l'envie de clouer le bec et la plume à cette journaliste arrivée mais a priori pas repartie. Mais arrivée quand même alors que moi, pigiste, etc.

Cas de résilience patent comme dirait notre ami Cyrulnik... L'idée donc m'est venue de proposer au CFPJ des ateliers d'écriture classique, à la façon de ceux que j'animais chez Aleph-Écriture : des ateliers qui visent à favoriser l'expression de soi certes, mais aussi le travail de la langue, l'un n'allant pas sans l'autre, voir Flaubert.

Des ateliers qui conjuguent « l'émotion et la technique », pour reprendre la formule d'Aleph. Bref ces ateliers hautement méprisés par le monde de la littérature en France alors qu'aux États-Unis beaucoup d'écrivains s'y sont frottés.

Rappelons qu'il s'agit d'écrire un texte sur proposition de l'animateur, la contrainte thématique ou formelle, ou les deux, et le temps limité, déclenchant, quasiment dans tous les cas, l'écriture.

La lecture à haute voix, et donc le partage, de tous les textes vient renforcer (même si les premières fois elle génère aussi du stress) la motivation.

Pour lire la suite du billet, cliquez sur le logo de passiondulivre.com

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 16:22

Logo-universite-Toulouse-le-Mirail.jpgEquipe de Recherche Clinique.
Université Toulouse le Mirail

Laurent Combres Psychologue Clinicien, Doctorant, Équipe de Recherche Clinique (ERC), Toulouse-II, Chargé de cours université Toulouse-II le Mirail/université Paul-Valéry Montpellier-III, 2, rue Édith Piaf 31100 Toulouse, France

Atelier d'écriture d'un ordre du langage

Une question, bien sûr se pose, à savoir celle d'une nécessité d'en passer par l'écrit. Est-ce tout autant systématique ? Est-ce un choix ? Est-ce la seule alternative qui se présente à un sujet désireux de faire autre son sort ?

Bernard Noël avance dans son ouvrage "treize cases du je", que l'écriture est ce qui lui permet d'être autre que celui qu'il serait s'il n'écrivait pas. Paul Auster soulignait aussi dans "l'invention de la solitude", que l'auteur de Pinocchio, Collodi, reconnaissait s'être défait de la marionnette qu'il était, par le biais de l'écrit.

Lacan dans son travail d'analyste, approfondit à maintes reprises son questionnement sur l'écriture, mais visiblement sans faire de l'écrit ce qui s'en tient à de l'encre posée sur du papier. Ce serait pourtant conclure un peu rapidement que d'avancer que la vie est en soi écriture, cela va sans dire. Mais le rapport au langage, s'il existe comme outil, communication, nécessite au moins d'être perçu par un autre qui écoute et qui parle.

Dans la psychose c'est cela qui est en jeu. Aussi ce travail a-t-il été possible depuis les travaux de Freud et de Lacan, travaux réellement emplis de pertinence dès lors que l'on s'intéresse au langage. Ils furent à la base du questionnement et du dispositif qui fut ainsi mis en place. Aussi encouragerais-je quiconque désirerait engager un tel travail, à jeter un oeil dans ces textes.

Pour lire l'article, cliquez sur l'université Toulouse le Mirail

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 15:03

  Logo APJLBernard Cadoux

Psychologue-clinicien, psychothérapeute de groupe et de famille, animateur d’ateliers d’écriture. Chargé d’enseignement à l’Université Lumière-Lyon 2. Auteur de divers articles sur l’écriture, notamment dans la revue Art et Thérapie.

Intervention présentée le 3 mai 2010 au Péage de Roussillon, dans le cadre d’un cycle de conférences organisé par l’association « les Apprentis Philosophes » sur le thème : la folie ou l’impuissance du langage.


1. De se donner un surplomb et de s’extirper de la confusion, de l’angoisse d’anéantissement

2. De projeter hors de lui les angoisses et de les localiser à l’extérieur sur la feuille. Et je citerai Kafka : « J’ai un grand désir de tirer tout à fait hors de moi tout mon état anxieux, et ainsi qu’il vient de la profondeur, de l’introduire dans la profondeur du papier ».

3. De donner forme et existence à la chose (à l’occurrence l’angoisse) par la mise en jeu de la motricité et de l’instrumentalité propre à l’écriture qui inscrit une trace rythmique tout à la fois ouverture à l’espace et au temps. Cette rythmicité du geste d’écrire à cet instant natif où il est encore mal séparé du dessiner est le premier organisateur de la mise en forme du monde. Une chorégraphie qui permet de « poursuivre la chimère noir sur blanc » et de la fixer sur la page. « Lorsque je saisis une forme, si imparfaite soit-elle, je la fixe dans la crainte de perdre toute pensée » (A. Artaud), faisant de l’écriture « cette sombre dentelle qui retient l’infini » (S. Mallarmé).


A ce stade, on pourrait croire que l’écriveur ne s’adresse à personne, qu’il ne s’agit que d’une explication de soi à soi. C’est d’ailleurs aussi ce que disent nombre de poètes, alors que le pour personne indique malgré tout une intention, une destination. J’ai désigné autrefois le papier comme étant le premier interlocuteur non-moi avec lequel le sujet s’explique et se bagarre pour sortir de la confusion et se mettre au monde, par une sorte d’ « obstétrique violente » (J. Derrida). Un second interlocuteur est le langage lui-même qui, de part son altérité, ne se laisse pas faire, impose ses règles, résiste, et avec lequel il faut se bagarrer pour lui faire rendre gorge et le réinventer, et trouver ainsi sa propre voix. Ecrire devient une lutte incessante contre ce « préfabriqué de la langue » dont parle Henri Michaux, contre les mots des autres qui en imposent pour qu’on leur fasse allégeance.

« M’avoir collé un langage dont ils s’imaginent que je ne pourrai jamais me servir sans m’avouer de leur tribu, la belle astuce ! Je vais le leur arranger, leur charabia, leur sabir. » Samuel Beckett.

.../...

Mais au delà du pourquoi ? subsiste le pour qui ?... Pour personne ! Vraiment ? Comme je l’ai déjà dit, le pour personne indique une ouverture, une place vacante, que vont occuper successivement différents interlocuteurs. Tous ceux qui, à un moment ou un autre, se positionneront en destinataires de l’écrit et auront l’audace de venir à sa rencontre et le révèleront à lui-même. Le poète Ossip Mandelstam propose un belle définition de l’interlocuteur : l’écrit, dit-il, est « comme une bouteille jetée à la mer », « la lettre enfermée dans la bouteille est adressée à celui que la trouvera ; c’est moi qui l’ai trouvée donc j’en suis le destinataire secret. » L’interlocuteur (celui qui interloque, qui interrompt le musement dans lequel s’abime parfois le poète) pourra s’incarner dans un proche, un ami, un thérapeute, des lecteurs, un groupe… Bref, quelqu’un qui à un certain moment viendra arrêter l’écriveur, mettant provisoirement un terme à son emportement et l’obligeant à revenir à lui et à poursuivre son laborieux travail d’éclaircissement. Ce qui veut dire que la folie d’écrire tient surtout son efficace de la rencontre d’un autre suffisamment réceptif…de plus d’un autre.

 

.../...

« Ecrire pour apprendre à écrire. Apprendre à parler. Ecrire pour ne plus avoir peur. Ecrire pour ne pas vivre dans l’ignorance. Ecrire pour panser mes blessures. Ne pas rester prisonnier de ce qui a fracturé mon enfance. […] Ecrire pour déterrer ma voix. […] Ecrire pour produire la lumière dont j’ai besoin. Ecrire pour m’inventer, me créer, me faire exister. […] Ecrire pour être moins seul. Pour parler à mon semblable. Pour chercher les mots susceptibles de le rejoindre en sa part la plus intime. […] Ecrire pour mieux vivre. Mieux participer à la vie. Apprendre à mieux aimer. »

Et j’ajouterai, en paraphrasant Artaud : Ecrire pour s’inscrire dans la communauté, « une communauté organisée autour d’une même blessure…une blessure de vie ».

Pour lire l'article, cliquez sur le logo de L'association Psychanlyse Jacques Lacan

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 11:12

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Mercredi 31 mars 2010

« Ecrire intérieurement sa vie, chacun le fait sans cesse, le névrosé le fait en hiéroglyphes et le psychotique sur un écran qui ne prend pas l’encre »

Paul Claude RACAMIER

.../...

Comprendre et analyser le lien qui existe entre l’écriture et la psychose dans le cadre thérapeutique institutionnel, tel a été l’objet de notre réflexion. L’écriture étant utilisée comme médiation au sein d’ateliers d’expression.

Notre questionnement s’est articulé autour du livre de Bernard CADOUX (Ecriture de la psychose). Selon lui, l’écriture permet de reconstituer un dedans mal constitué dans l’enfance, et « de faire barrage à l’effondrement psychotique ».

À l’origine, l’enfant confronté à des parents peu présents et peu contenants ne parvient pas à naître psychiquement. En conséquence de ce blanc psychique originaire, le psychotique se réinvente un monde à lui. C’est dans l’écriture que celui-ci pourra trouver refuge et repère, dans la trace qu’il dépose et qu’il regarde ensuite comme lui-même dans un miroir. L’écriture reconstruirait l’individu psychotique qui s’est éparpillé en morceaux, elle permettrait un rassemblement des différentes parties de soi-même qui n’ont pas été suffisamment intégrées pendant l’enfance.

.../...

Quel rôle joue l’écriture dans le cadre d’un atelier d’écriture en institution ? En nous appuyant sur la conception de Freud, énoncée dans Névrose et Psychose, selon laquelle « le délire est trouvé comme une pièce appliquée là où originellement était apparue une déchirure dans la relation du moi au monde extérieur. » (p. 5), nous imaginons que l’écriture aurait :

- soit une fonction réorganisatrice, fonction de pansement, pour pallier au délire que le patient s’est construit à la place d’une réalité qu’il nie. (La mise à distance du délire, et des mouvements internes, à travers l’écriture permettant de pouvoir se décentrer de soi et de prendre conscience de ce qu’il y a à l’intérieur de ce soi)

- soit une fonction désorganisatrice à travers justement ce décentrage opéré par l’écriture qui place le sujet face à une mise en lumière d’un désastre psychique dont il n’avait pas conscience. L’écriture pourrait donc encore plus destructurer l’individu.

.../...

Nous nous sommes également demandé si l’écriture permettait de vérifier sa propre existence et sa permanence à travers les traces laissées qui se gravent quelque part en garantissant l’identité du patient.

Tout d’abord, l’écriture sollicite de la liberté chez Mr C. comme il le dit lui-même à plusieurs reprises ; il se sent libre de s’exprimer. Or, dire ce que l’on a en soi, c’est en quelque sorte exister, se positionner en tant qu’être individué face aux autres. Ce patient nous fait part de ses difficultés à communiquer avec les gens qui l’entourent dans sa vie parce qu’ils n’ont pas les mêmes idées que lui ; alors il s’efface et ne se sent plus être. Comme il le dit lui-même à propos de ce que lui apporte l’atelier d’écriture : « J’ai reçu des coups très douloureux et très durs quand j’ai voulu m’exprimer. Ici je me sens en confiance et je dis ce que je ressens, mes préoccupations ma vision de moi et du monde. Cela m’était interdit jusqu’à présent, pouvoir m’exprimer est vraiment libérateur. La chape de plomb s’est soulevée ». Le cadre lui permet de s’appuyer sur quelque chose de solide comme un équivalent du corps maternel qui sert à l’enfant de support et d’appui pour se forger sa propre identité et sa propre représentation du monde selon Cadoux. L’écriture et le groupe viendraient donc remplacer chez Mr. C un réceptacle dont il n’a pas joui avant son arrivée dans l’atelier d’écriture. Il peut enfin « se mettre au monde » (Cadoux, 1991).

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo d'Etude-psy.fr

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Published by Julia Riot-Viard - dans Ecriture soin
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23 septembre 2006 6 23 /09 /septembre /2006 13:54

 Pychotherapie-des-victimes-Gerard-Lopez.jpgPage 97
Martine 


Martine vient au Centre de psychothérapie des victimes après avoir lu une plaquette concernant les séquelles psychologiques des traumatismes. 
Elle reconnaît dans cette description une grande partie des troubles dont elle souffre depuis dix ans et qu'aucuns soins médicaux n'ont soulagée réellement.

Après un grave accident de la route, elle est restée hospitalisée six mois pour multiples fractures et tous les ans elle fait une cure en établissement thermal pour les séquelles de ses blessures.

Dès le premier entretien, on constate un état dépressif réel, marqué par un désintérêt très fort pour l'avenir et des troubles fonctionnels digestifs, peu améliorés par les traitements pris.

Martine décrit brièvement et sèchement son accident dont elle a peu de souvenir, et « peu à dire  », dit-elle. Elle refuse tout traitement antidépresseur. Les événements marquant de ces dix dernières années sont une rupture sentimentale dans les suites de son hospitalisation et le décès de son père en 92 : « J'ai failli assister à sa mort  », dira-t-elle avec beaucoup de difficulté.
Je lui demande de faire le récit de son accident tranquillement chez elle. Je lui précise d'utiliser le temps présent, le pronom Je, d'accepter de se replonger dans le souvenir et les émotions relatives au souvenir, en cherchant à se souvenir de plus de détails possibles.

 
Récit n°1
– « En 1987, j'habitais à P Le 1er décembre, je suis partie beaucoup plus tôt de mon domicile car j'avais un travail urgent à terminer avant de me rendre à une consultation spécialisée. Ce matin-là, mon amie et moi avons pris ma voiture car la sienne ne démarrait pas.

J'ai préféré la laisser conduire car je me sentais fatiguée. Vers 07 h 03, nous arrivions au niveau de R. lorsque la voiture a glissé sur une plaque de verglas et a cogné un pilier de pont de mon côté. Je ne pouvais pas sortir de la voiture car ma jambe était cassée et les secours sont très vite arrivés. Par chance mon amie n'a rien eu  ».
Je lui fais remarquer que le temps est au passé, le lui fait relire au présent. 
Nous parlons des émotions ressenties pendant la séance, de ce qui s'est passé pendant la semaine.

Je lui demande de reprendre son récit pour la prochaine fois à partir de « ma jambe est cassée  ».

 
Récit n° 2 (une semaine après)
– « Je suis dans la voiture sans pouvoir bouger et j'attends les secours. Je sais que j'ai la jambe cassée. Durant les minutes d'attente, un autre véhicule a le même accident et je l'ai vu arriver sur le capot du mien. J'ai cru pendant un instant qu'elle ne s'arrêterait pas. Ce sentiment d'impuissance face à la mort a été extrêmement pénible. Ce n'est que quand le SAMU m'a pris en charge que j'ai pensé être sauvée car j'avais peur qu'un autre véhicule n'arrive.  »
On remarque que le récit commence bien au présent mais que dès que l'on arrive à un moment fort, à nouveau le temps est au passé. Cette fois, elle parle plus ouvertement de sa peur, la peur de mourir qu'elle a naturellement ressentie. On voit aussi que le souvenir se remet en place et que l'accident « est plus grave émotionnellement » qu'elle ne se le disait. Durant la semaine, elle s'est sentie souvent anxieuse, triste et plutôt irritable.

À la fin de la séance, je lui demande de reprendre à nouveau son récit en partant du moment où elle constate que sa jambe est cassée ; de se souvenir des bruits, du décor éventuellement, de ce qu'elle s'est dit. Les consignes habituelles sont répétées.


Récit n° 3
– « Je suis dans la voiture, je ne peux pas bouger. J'entends une autre voiture freiner, puis un bruit sourd et je la vois arriver sur moi. Je veux sortir. 
Elle s'immobilise, mais j'ai peur qu'il en arrive une autre. Il me semble que j'aperçois le conducteur. Est-il grièvement blessé ou mort ? »
Elle a été très mal cette semaine et se demande si cela sert à quelque chose. Elle est sur la défensive, mais reste confiante. Je la félicite d'avoir fait sa tâche bien qu'elle se sente mal et triste, et d'avoir bien utilisé le temps présent...

On reprend son récit. Je lui demande de relire et régulièrement, je l'aide à retrouver quelques détails:  « à quoi pensez-vous à ce moment ? qu'est-ce que vous craignez ? comment vous sentez-vous physiquement ? 
comment est l'homme blessé ? » Cette question provoque une anxiété très forte et elle dit qu'elle ne se souvient pas.

Je lui demande si elle veut bien relire le récit pendant la semaine, rajouter ce dont elle se souviendra. Les consignes sont les mêmes.


Récit n° 4
– « Je suis bloquée dans la voiture comme cet homme. Il ferme les yeux et a la tête penchée, j'ai peur pour lui et il m'impressionne. Il me semble que j'entends quelqu'un dire qu'il est gravement blessé. Et moi ? Ces minutes d'attente sont trop longues,. j'aimerais que 'le temps passe plus vite pour ne plus être là. Être rassurée, entourée ».
À partir de cette séance, les souvenirs sont plus clairs et précis. Elle peut les évoquer sans angoisse. Pendant l'entretien, elle se laisse aller à pleurer, à parler de ses émotions et de ses sensations physiques. On s'aperçoit que le premier accident, celui qui l'a blessé physiquement n'est pas celui qui a eu la signification traumatique, mais c'est en fait le deuxième qui a été le plus angoissant, le moment où elle pense avoir vu quelqu'un mourir devant elle ; quelqu'un qui aurait pu être elle aussi.

Elle associe cette angoisse avec le sentiment de panique qu'elle a ressenti en apprenant la mort de son père sur le quai de la gare juste après lui avoir rendu une visite à l'hôpital (« j'aurai pu le voir mourir »).

Deux mois après le premier entretien, il n'y a plus de symptômes dépressifs. Pendant les séances suivantes, on utilisera les techniques de gestion de soi pour augmenter ses compétences relationnelles au travail (perte de la confiance en soi, souvent malade... ).

 


Autres billets sur la Psychothérapie des victimes 

1/ Psychothérapie des victimes : Traitements, évaluations, accompagnement. Gérard Lopez, Aurore Sabouraud-Séguin, Louis Jehel
2/ Le concept de résilience peut être confondu avec la "résistance" par Gérard Lopez & Arianne Casanova
3/ L'état de stress post-traumatique – ESPT (F43.1)
4/ La dissociation péritraumatique et les troubles dissociatifs (F44) par Gérard Lopez & Arianne Casanova
5/ Les troubles graves de la personnalité : Desnos (F60.31)
6/ Evaluation auprès d'une personne souffrant d'un trouble psychotraumatique par Louis Jehel, Marc Sylvestre, Patrice Louville
7/ La combinaison entre psycho et chimiothérapie par François Ducrocq, Guillaume Valva & Olivier Cottencin
8/ La prochaine version de DSM devait introduire la catégorie de l'état de stress post-traumatique par Jean-Michel Thurin
9/ huit thèmes qui accompagnent un traumatisme sévère par M. J. Horowitz
10/ Les évitements après un ESPT par Aurore Séguin-Sabouraud
11/ Les indications de la thérapie EMDR – Eye Movement Desensitization Reprocessing par Patrick Zilhardt
13/ L'hypnose dans le traitement du psychotraumatisme par Victor Simon
14/ le sujet a été victime d'une prise de pouvoir par son agresseur par Victor Simon
15/ Le phénomène de vigilance parallèle par M. Yapko 
16/ Une technique hypnotique spécifique pour traiter les viols par inceste par Victor Simon
17/ Les 8 C dans le traitement de l'agression sexuelle par Victor Simon
18/ De nombreuses victimes échappent à tout traitement par Gilbert Vila
19/ Les conséquences de la maltraitance ne s'arrêtent pas avec la fin des actes pervers par Gilbert Vila

 

• Les groupes de paroles par Catherine Morbois et Marie-France Casalis dans Psychothérapie des victimes

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1 septembre 1994 4 01 /09 /septembre /1994 10:02

L'écriture ou la vie de Jorge SemprunPage 172
« Je n'ai pas voulu dire autre chose que ceci : c'est que la littérature est possible seulement au terme d'une première ascèse et comme résultat de cet exercice par quoi l'individu transforme et assimile ses souvenirs douloureux, en même temps qu'il se construit sa personnalité... »
Je m'enfonce dans le silence, dans l'épuisement du désir de Vivre.
– Vous êtes revenu il y a trois mois, poursuit-elle. Jamais vous ne m'avez dit un mot de Buchenwald. Du moins directement. C'est étrange, exceptionnel même ... Je connais d'autres résistants revenus de déportation... Ils sont tous saisis par un véritable vertige de communication ... De tentative de communication, en tout cas ... Un délire verbal du témoignage... Vous, c'est le silence le plus lisse...


Autres billets sur L'écriture ou la vie
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1 septembre 1994 4 01 /09 /septembre /1994 08:30

 

L'écriture ou la vie de Jorge SemprunPage 45

J'ai raconté cette histoire du soldat allemand dans un bref roman qui se nomme L'évanouissement.

C'est un livre qui n'a presque pas eu de lecteurs. C'est sans doute pour cette raison que je me suis permis de raconter une nouvelle fois l'histoire du jeune Allemand qui chantait La Paloma. Mais pas seulement pour cela. Aussi pour rectifier la première version de cette histoire, qui n'était pas tout à fait véridique. C'est-à-dire, tout est vrai dans cette histoire, y compris dans sa première version, celle de L'évanouissement. La rivière est vraie, Semur-en-Auxois n'est pas une ville que j'aie inventée, l'Allemand a bien chanté La Paloma, nous l'avons bien abattu.
Mais j'étais avec Julien, lors de cet épisode du soldat allemand, et non pas avec Hans. Dans L'évanouissement, j'ai parlé de Hans, j'ai mis ce personnage de fiction à la place d'un personnage réel.

Julien était un personnage réel : un jeune Bourguignon qui disait toujours « les patriotes », pour parler des résistants. Cette survivance du langage jacobin me ravissait. 
Julien était mon copain de randonnée dans les maquis de la région, où nous distribuions les armes parachutées pour le compte de « Jean-Marie Action », le réseau d'Henri Frager pour lequel je travaillais.

Julien conduisait les tractions avant et les motocyclettes à tombeau ouvert sur les routes de l'Yonne et de la Côte-d'Or, et c'était une joie que de partager avec lui l'émotion des courses nocturnes. Avec Julien, on faisait tourner en bourrique les patrouilles de la Feld. Mais Julien a été pris dans un guet-apens, il s'est défendu comme un beau diable. Sa dernière balle de Smith and Wesson a été pour lui : il s'est tiré sa dernière balle dans la tête.

L'évanouissement :
Broché, Paru le : 01/04/1967, Editeur : Gallimard, Coll. : Blanche, ISBN : 2-07-025873-4,  EAN : 9782070258734


Autres billets sur L'écriture ou la vie
1/ L'écriture ou la vie de Jorge Semprun
2/ Le doute sur la possibilité de raconter
4/ À la fin de sa vie, dans Le miroir des limbes, Malraux a repris certains fragments du roman inachevé pour les intégrer dans ses écritures autobiographiques
5/ Comme si j'avais dit une inconvenance
6/ Le Mal est l'un des projets possibles de la liberté constitutive de l'humanité de l'homme... De la liberté où s'enracinent à la fois l'humanité et l'inhumanité de l'être humain...
7/ Comment il faudra raconter pour qu'on nous comprenne ?
8/ Les uns & les autres face au récit de l'indicible
9/ Le bonheur de vivre m'était fragile
10/ Mais qui aura été disponible à une écoute inlassable et mortelle
11/ l'individu transforme et assimile ses souvenirs douloureux, en même temps qu'il se construit sa personnalité
12/ Une fiction qui serait aussi éclairante que la vérité

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1 septembre 1994 4 01 /09 /septembre /1994 08:02

L-ecriture-ou-la-vie-de-Jorge-Semprun.jpgPoche
Paru le : 01/09/1994
Editeur : Gallimard (Editions)
Collection : NRF
ISBN : 2-07-074049-8
EAN : 9782070740499
Nb. de pages : 319 pages
Poids : 345 g
Dimensions : 14,1cm x 20,6cm x 2,2cm
Ce titre dans d'autres formats & éditions
L'écriture ou la vie
Poche (Gallimard (Editions)) 7,79 € Photo ci-jointe

Déporté à Buchenwald, membre d'un des réseaux anglais de résistance Buckmaster, devenu l'un des dirigeants des communistes espagnols du camp, Jorge Semprun est libéré par les troupes de Patton, le 11 avril 1945.
Ce récit, fait d'obsessions qui reviennent comme les thèmes d'une rhapsodie de cauchemar, montre comment il lui a fallu quinze ans pour accepter la vie. L'étudiant du lycée Henri IV, le lauréat du concours général de philosophie, le jeune poète qui connaît déjà tous les intellectuels parisiens, découvre à Buchenwald ce qui n'est pas donné à ceux qui n'ont pas connu les camps : vivre sa mort. Un temps, il va croire qu'on peut exorciser la mort par l'écriture.
Mais écrire renvoie à la mort. Pour s'arracher à ce cercle vicieux, il sera aidé par une femme, bien sûr, et peut-être par un objet très prosaïque : le parapluie de Bakounine, conservé à Locarno. Dans ce tourbillon de la mémoire, mille scènes, mille histoires rendent ce livre sur la mort extrêmement vivant. Citons seulement un voyage dans un wagon de la nomenklatura, entre Prague et Bucarest, au cours duquel Semprun, devenu un des dirigeants du parti communiste espagnol, va se faire exclure par la légendaire Pasionaria. Semprun aurait pu se contenter d'écrire des souvenirs, ou un document.
Mais il a composé une œuvre d'art, où l'on n'oublie jamais que Weimar, la petite ville de Goethe, n'est qu'à quelques pas de Buchenwald.

Autres billets sur L'écriture ou la vie
Autres billets sur L'écriture ou la vie
1/ L'écriture ou la vie de Jorge Semprun
2/ Le doute sur la possibilité de raconter 
3/ Réécrire pour approcher la vérité L'évanouissement repris dans L'écriture ou la vie
4/ À la fin de sa vie, dans Le miroir des limbes, Malraux a repris certains fragments du roman inachevé pour les intégrer dans ses écritures autobiographiques
5/ Comme si j'avais dit une inconvenance
6/ Le Mal est l'un des projets possibles de la liberté constitutive de l'humanité de l'homme... De la liberté où s'enracinent à la fois l'humanité et l'inhumanité de l'être humain...
7/ Comment il faudra raconter pour qu'on nous comprenne ?
8/ Les uns & les autres face au récit de l'indicible
9/ Le bonheur de vivre m'était fragile
10/ Mais qui aura été disponible à une écoute inlassable et mortelle
11/ l'individu transforme et assimile ses souvenirs douloureux, en même temps qu'il se construit sa personnalité
12/ Une fiction qui serait aussi éclairante que la vérité
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