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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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20 février 1986 4 20 /02 /février /1986 07:36

Fractal goutte détourée

Le 22/07/07 20:33, « Georg… » <georg@….de> a écrit :

> Ma chère Camille

> tu m'écris : il manquait des lettres dans le livre. Mon relecteur les veut. J'étais incapable de les relire. Je t'envoie celle-là insérée dans mon livre parce que je ne comprends toujours pas ce qui s'est  passé entre nous…"

> Je ne veux pas que tu cite mes lettres ou mon nom dans ton livre ou quoi que soit que fasse référence a mon identité.

> J'ai un droit a ma vie privée. Et malgré le grand amour qui nous a lié dans le passée (et que je n'ai pas oublié) j'avais et j'ai le droit a choisir une autre vie. Excuse moi le Français très mauvais, mais je croix que tu me comprends au moins par rapport a ce désir.

> Georg.


Freud évoque le rôle joué dans la honte par le passage du privé au public. « un auto-reproche se transforme en honte si quelqu'un d'autre vient à l'entendre ».



  Kleinstadt, 20 février 1986   

Voilà ma première lettre à toi, c’est très difficile et très facile en même temps : je t’aime. Pour le moment, j’ai décidé de ne pas utiliser un dictionnaire, alors je t’écris comme je parle, c’est pire, parce qu’il y a beaucoup de mots en français que je connais seulement phonétiquement. Alors, prépare-toi à de vraies merveilles (miracles) en orthographe et en lexicologie. Si c’est trop difficile pour toi de temps en temps de déchiffrer mes lettres, rappelle-toi que je veux uniquement te dire une seule chose : je t’aime.

Tu avais raison hier à la gare du Nord, la fille à côté de moi était intéressée de commencer une conversation avec moi. Après le contrôle des billets – à cette occasion, j’avais dit quelques mots en français – elle m’a demandé si j’étais belge. Imagine-toi ! de cette façon, on a commencé une conversation très intéressante. Elle était effectivement belge et elle travaille en psychothérapie. En parlant avec elle, le temps d’arriver à Bruxelles, est rapidement passé. Le soir, avec mes parents, j’ai raconté mon aventure parisienne, la visite de Sebastian, mon travail avec le professeur GG et avec Franscesco, Sylvie, Béatrice, Paola etc. Je n’ai rien dit sur toi.

Plus tard, après le dîner on était encore ensemble. Mes parents m’ont parlé de ma grand-mère qui est à l’hôpital, des difficultés de trouver une place permanente pour elle dans une clinique, parce qu’il est impossible de la garder avec nous après l’hôpital. Ma mère est déjà assez occupée avec mon père et mon autre grand-mère qui sont malades tous les deux. Vers la fin de la soirée, j’ai recommencé : il y a quelque chose que je veux vous dire encore. La réponse sèche de ma mère : « J’ai déjà attendu, et Sebastian que pense-t‑il de ta nouvelle amie ? » Effectivement, Sebastian n’avait rien dit, mais d’habitude, il avait toujours critiqué mes amies et il aime jouer le rôle de mon grand frère, alors de temps en temps il téléphonait à ma mère en disant : écoutez madame, Georg et sa nouvelle amie, ça ne va pas, je pense qu’il va être malheureux, etc. Finalement, j’ai brièvement parlé de toi.

Qu’ai-je à dire de toi ? Tu peux le demander ? Je t’aime.

Aujourd’hui (tu vois ? je n’utilise vraiment pas mon dictionnaire pour ne pas parler d’une grammaire !) on a visité ma grand-mère à l’hôpital. D’un côté, c’était très triste, parce que cette fois-ci, on a l’impression que c’est la fin. Quand même, malgré sa faiblesse, malgré sa maladie elle n’était pas changée, la mort proche elle était quand même chaleureuse, de bonne humeur et pleine de tendresse. Après, je suis allé dans le centre de Kleinstadt pour faire des courses et surtout pour organiser deux voyages en Amérique, le tien et le mien. Depuis un jour et demi que je suis ici, je n’ai cessé de répondre au téléphone pour moi, de l’Amérique, de l’Italie et j’ai téléphoné à Franscesco en France. Pour le moment, il y a un mélange bizarre d’atmosphère ici, celle d’une petite famille dans une petite ville avec celle d’un centre international de recherche. Avec un de ces coups de fil, il m’est arrivé une bonne nouvelle pour moi, pour toi et pour Franscesco aussi. J’ai trouvé un grand appartement pour deux personnes à Boston. L’appartement sera libre du quinze mars à la fin juin. Je crois vraiment : Dieu est avec nous ! Camille, j’ose penser au futur, tu vois. Si je pense au passé, il faut seulement fermer les yeux (et voilà, je sais) pour être avec toi, ta « petite » sœur et son mari dans votre petit appartement de la rue Blanche. Je pense à ta sœur et son mari et leur force tranquille.

Je pense à toi, mon amour.

Georg 


Autres lettres des Interdits ordinaires

21 février 1986 – deuxième lettre et Georg parle d'argent 
23 février 1986 – Va trouver les Français où le destin t’appelle
11 mars 1986 – Tu verras, on peut très bien vivre ensemble ici
12 juin 1986 – Boston, lettre manuscrite de Camille
Août 1989 – Il n’y a plus de nous dans ce qu’il dit, il y a je et il y a tu
6 décembre 1990  — "C’était trop pour moi et c’est toujours trop"
20 février 1990 – Tortionnaire !
28 juillet 1991 — Lettre syndrome d'anniversaire
27 juillet 2005 – Renouer des liens – syndrome d'anniversaire

 

 

 

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