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  • : Autofiction Inceste Résilience
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  • : SAUVER NOTRE VIE est une forme de devoir que nous avons chacun à l'égard de nous mêmes. Le travail d'autofiction après les viols par inceste peut-il faire œuvre de Résilience ?
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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 07:26

logo Nouvel obs rouge21-07-2009
Sous l'effet du passage au matriarcat et de la crise économique, il entrerait dans  les relations humaines de plus en plus de perversité, c'est-à-dire un rapport à l'autre purement utilitaire. Telle est la thèse de Dominique Barbier, expert-psychiatre au contact de ces nouvelles pathologies.
Criminologue et expert-psychiatre, Dominique Barbier est l'auteur de nombreux livres de psychiatrie et de psychanalyse, comme « la Dépression » (Odile Jacob), et de nombreux articles comme « la Rédemption du pervers » dans la revue « Synapse ». Il prépare un nouvel ouvrage sur la fabrique de l'homme pervers dans la société contemporaine.
Propos recueillis par Anne Crignon
Pour lire l'interview, cliquez sur le logo du nouvel Observateur

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Published by Dominique Barbier - dans Psychanalystes
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 17:19
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Published by E.T. Documentaliste - dans Psychanalystes
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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 08:40

CAIRN.INFO.jpgCahiers critiques de thérapie familiale et de pratiques de réseaux

2007/2 (n° 39)

182 pages

Editeur De Boeck Université

I.S.B.N. 9782804154264

DOI 10.3917/ctf.039.0093

 

Les enfants victimes de violences précoces ont été exposés à la haine de leur agresseur. Cette expérience fondamentale entraîne un bouleversement profond de leur personnalité.

L’état de stress post-traumatique dont ils souffrent implique que les thérapeutes puissent prendre en considération à la fois leurs capacités de résilience et dans le même temps la haine intériorisée et interdite d’expression qui s’oppose à leur évolution.

La fragmentation de leur identité et l’existence d’une identification à l’agresseur chez ces enfants victimes risquent de contaminer les membres de la protection de l’enfance à leur insu, en maintenant une soumission à la relation d’emprise créée par l’agresseur.

L’injonction thérapeutique de créer avec humour un surnom qui caricature l’auteur des faits criminels et de l’utiliser dès la première séance va libérer petit à petit ces enfants de la peur. Par ce procédé thérapeutique activateur de résilience, la haine symbolique est autorisée, favorisant le deuil du parent idéalisé en légitimant la perception des émotions négatives profondes. Des émotions positives vont alors être libérées et s’exprimer : jubilation, soulagement, plaisir des apprentissages.


The children early victims of violence were exposed to the hatred of their attacker. This fundamental experiment involves a major upheaval of their personality.

The state of post-traumatic stress of which they suffer implies that the therapists have to take into account at the same time their capacities of impact strength and the interiorized and prohibited hatred expression which is opposed to their evolution.

The fragmentation of their identity and the existence of an identification of these young victims with the aggressor will likely contaminate the members of the child welfare without their knowledge, by maintaining a submission to the relation of influence created by the attacker.

The therapeutic injunction to create with humor a nickname which caricatures the author of the criminal facts and to use it from the first meeting will gradually release these children of the fear. This therapeutic process activator of impact strength authorizes hatred symbolic system authorized, supporting the mourning of the idealized relative by legitimating the perception of the major negative emotions. Positive emotions will then be released and expressed: jubilation, relief, and pleasure of learning.

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Published by Martine Nisse - dans Psychanalystes
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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 07:35

alice-miller.jpgLogo les enfants d'abordDisparition d'Alice Miller, la pédopsychiatre spécialiste de l'enfance maltraitée

Alice Miller, la pédopsychiatre suisse, célèbre pour ses écrits sur l'enfance maltraitée, est décédée le 14 avril à l'âge de 87 ans dans sa maison du sud de la France.
Elle laisse derrière elle une œuvre considérable consacrée à la violence exercée sur les enfants et à ses "conséquences dévastatrices "dans la société." Alice Miller a écrit 13 livres en allemand dont la quasi-totalité a été traduite en 30 langues", a rappelé la porte-parole Tanja Postpischil. 
Ses constatations reposent sur les récits de ses patients, de nombreuses études sur les biographies des dictateurs et d'artistes très connus. La pédopsychiatre estimait que la racine de la violence résidait dans le fait que des enfants du monde entier sont battus dans les premières années de leur vie et qu'ils reproduisent ensuite cet abus du pouvoir de l'adulte sur l'enfant. 
En 1980, dans son ouvrage intitulé C'est pour ton bien ( en allemand Am Anfang war Erziehung, littéralement Au commencement était l'éducation ),  elle avait illustré son propos des exemples d'Hitler et Staline et avancé notamment l'idée que le père d'Adolf Hitler, en frappant son fils et en le persécutant moralement, l'aurait poussé à se dévaloriser et à mépriser les Juifs. Il aurait ainsi reproduit, en arrivant au pouvoir, les sévices que lui avait fait subir son père. 
Si Alice Miller s'oppose à la théorie freudienne de la pulsion et récuse l'idée que la violence pourrait se trouver dans les gènes, elle considère que cette dernière prend sa source dans les premiers jours, mois et semaines de la vie et émet l'idée que des enfants victimes puissent neanmoins échapper à un destin de bourreaux en croisant sur leur route ce qu'elle appelle un "temoin secourable". Ainsi précisait-elle : 
"Il est intéressant que dans les enfances de tous ces dictateurs, comme aussi dans ceux des criminels en série, on ne trouve pas de personnes que j'appelle "les témoins secourables ". Il s'agit de personnes que presque chacun de nous connaît, quelqu'un qui nous a aimé, qui nous a donné un peu de chaleur, un peu de confiance en nous. Grâce à la présence d'une telle personne (même très passagère), nous pouvions développer l'espoir de trouver l'amour dans notre vie. Mais si une telle personne ne partage jamais la vie de l'enfant en le réconfortant, celui-ci ne connaîtra que la violence. Il la glorifiera et la perpétuera."
Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo des Enfants d'abord

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Published by Les enfants d'abord - dans Psychanalystes
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 00:45
La fin de la plainte

Page 29

Champions de la plainte, les Narcisses ferment les yeux à ce parcours fatal et tentent de justifier par une répétition inlassable la direction erronée qu'ils ont prise. Ils pensent soulager la souffrance qui s'exhale de leur recherche folle, alors qu'ils s'enferment dans ce dont ils prétendent sortir. Il n'y a plus d'issue pour eux que l'appel à la pitié ou à la compassion. Les plaintes qui se prolongent au-delà de la décence d'un chagrin ou d'un deuil se développent comme un cancer qui va tout dévorer, parce que, au lieu de se multiplier comme les cellules à la naissance, elles prolifèrent sur le vide de l'intérêt pour soi.

Ainsi les amours qui ne se peuvent sont faits par leur plus grand côté des amours de soi. Les amours possibles sont de l'autre bord. Ils sont ce soutien qui se soutient de soutenir, ils se forment parce qu'ils informent les multiples formes des détails de la vie, ils suivent les méandres infinis d'une douce pente. Ils ne craignent rien, puisqu'ils sont le réel même. Nulle répétition ne peut en sortir, puisque la vie qu'ils épousent ne cesse de les faire inventer. Mais Psyché tiendra-t-elle plus que quelques nuits ? Elle veut voir, et par là donne à Narcisse de nouvelles chances de se mourir.

Page 67

Impossible de sentir juste si l'on n'habite pas sa place, mais impossible de trouver sa place si la justesse du sentir n'est pas donnée. Que la place propre soit solitaire, familiale ou sociale, la base du rapport aux autres qu'est le sentir est donc la même dans tous ces cas. L'opération du thérapeute, par son sentir, sera donc toujours la création d'un espace fermé-ouvert au sein duquel les êtres, les choses, les événements pourront se mouvoir les uns les autres à partir de leurs places respectives. Le thérapeute pourrait bien n'être alors qu'un batteur muni d'un tambourin qui rythme l'espace de tous et de chacun pour le leur rendre familier et pour qu'ils s'y mettent à leur place.

Page 79

L'attirance pour le malheur est souvent donnée comme explication du refus de changer, alors que c'est le contexte familial ou social qui interdit le bonheur.

…/…

Le malheur, la façon de souffrir, le mal-être révèlent toujours un système social et une insertion desquels le patient ou la patiente n'a pas la force de se détacher. Les limites du bonheur ont été tracées par l'entourage. Les franchir fait courir le risque du rejet dans des abîmes de solitude. Parler de conflits psychiques est une erreur, il n'y a de conflits que relationnels. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de souffrance ou de malheur personnels, cela signifie que la manière de souffrir et d'être malheureux est un produit de relations, pas seulement avec papa ou maman, mais avec tout un milieu dans la suite des générations.

Page 87

La névrose avait été construite par un système de relations qui avait étouffé le patient et l'avait réduit à l'état de mort vivant ou de momie. C'est une relation modifiée et modifiante qui va opérer le changement. De quelle nature est donc cette relation qui fait vivre ou exister ? C'est un échange, une influence mutuelle acceptée et transformée par chacun à sa guise, un processus ininterrompu de configurations nouvelles, alors que le rapport névrotique semblait établi une fois pour toutes pour se reproduire à l'identique. C'est un don et un recevoir réciproques où chacun des protagonistes ne cesse de changer. Échanger et changer ne sont pas seulement deux mots homophones ou relevant de la même étymologie, ils ont le même sens : on ne peut changer que par l'échange, on ne peut échanger les paroles, les gestes ou la présence si l'on ne change pas, si l'on n'entre pas dans le double mouvement d'ouverture sur le dehors et de fermeture en dedans par quoi l'être humain s'humanise.


Autres billets sur La fin de la plainte de François Roustang
1/ La fin de la plainte
2/ La manipulation thérapeutique
4/ La dissociation, le trauma, l'amnésie
5/ Le système sélectif de reconnaissance ou l'imagination
6/ Un obstacle vous interdisant l'accès à une vie mieux aboutie
7/ Impossible donc de parler et de ne pas parler
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Published by François Roustang - dans Psychanalystes
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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 12:09
Page 61
Un beau jour, ou peut-être une nuit

Près d'un lac, je m'étais endormie

Barbara rêve de Barbara, allongée au bord du miroir, elle convie celui qui l'écoute à partager les images nées de son sommeil. Le sommeil, ce triomphe absolu du narcissisme, le souvenir de celui qui, à trop se mirer dans les eaux planes d'un lac, s'y est noyé.

Quand soudain, semblant crever le ciel

Et venant de nulle part

Surgit un aigle noir

Elle est violente, la vision de l'oiseau faisant effraction mais à qui, ou à quoi renvoie-t-elle ? À un message sans doute, un langage à déchiffrer, celui que les anciens avaient pressenti lorsqu'ils cherchaient sous forme d'augure le chiffre de leur destinée dans le vol compliqué des rapaces.

Lentement, les ailes déployées

Lentement, je le vis tournoyer

Près de moi, dans un bruissement d'ailes

Pour l'inconscient, ni le temps ni la mort n'existent, les vivants côtoient les disparus, le passé vaut le présent, l'heure la seconde, c'est pourquoi la lenteur peut coexister avec la chute, le plané menaçant et suspendu s'accommoder de l'abrupt :

Comme tombé du ciel

L'oiseau vint se poser

Aimant ou menaçant, le messager est tout proche maintenant de la chanteuse endormie, le feu de son regard est perceptible, ainsi que la nuit profonde de son plumage.

Il avait les yeux couleur rubis

et des plumes couleur de la nuit

A son front, brillant de mille feux

L'oiseau roi couronné

Portait un diamant bleu

Freud l'a clairement énoncé, tous les personnages d'un rêve, indépendamment de leur personnalité propre, sont des incarnations du rêveur lui-même. Le noir, si présent dans son univers, est indissociablement lié à l'image de Barbara. Sa silhouette, son visage aigu suggèrent l'aigle noir de la chanson. Barbara serait donc cet aigle noir, mais qui d'autre que la chanteuse pourrait se cacher sous l'oiseau fondu des cieux ? Qui peut bien darder sur elle cet œil rougeoyant et porter en diadème les insignes de la royauté ? La rêveuse ne va pas tarder à découvrir qui se cache, avec elle, sous les plumes de l'oiseau. Encore quelques vers et le nom de l'aigle lui sera révélé, mais cette découverte, elle ne nous la fera pas partager.

De son bec il a touché ma joue

Dans ma main il a glissé son cou

C'est alors que je l'ai reconnu

Surgissant du passé

Il m’était revenu

Barbara n'en dira pas plus : « C'est alors que je l'ai reconnu... Il m'était revenu... » De qui s'agit-il ? Quelle rencontre l'image de l'oiseau commémore-t-elle ? Faudra-t-il se contenter de cette ellipse ? Oui, sans doute, puisque Barbara l'a souhaité ainsi et c'est ce qui fera le succès de la chanson, ce message en apparence indéchiffrable qui saura se faire entendre ailleurs, à l'insu de l'auditeur, sur une autre scène.



Autres billets sur Barbara
Barbara : Lecture analytique de l'introduction d' Il était un piano noir … – mémoires interrompus – de Barbara
Barbara : Il était un piano noir…
L'aigle noir par Philippe Grimbert
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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 17:03
Broché
Paru le : 01/04/2009
Editeur : Payot
ISBN : 978-2-228-90396-7
EAN : 9782228903967
Nb. de pages : 273 pages
Poids : 255 g
Dimensions : 12cm x 19,5cm x 2cm

 

Savoir saisir, pour soi-même ou pour autrui, ce qui survient comme par la chance d'un hasard heureux, c'est faire l'expérience de la " sérendipité ".
Entre espérance et action, cette ouverture d'esprit, qui s'apprend et s'entretient, peut renverser les situations et vous sauver la vie. À 90 ans, Anne Ancelin Schützenberger revient sur un incroyable parcours marqué par la sérendipité et le plaisir de vivre. Elle aborde de nouveau les transmissions invisibles. Elle montre tout ce que l'analyse transgénérationnelle peut apporter aux malades, en particulier à ceux qui souffrent d'un cancer.
Et elle explique pourquoi la guérison passe si souvent par les petits plaisirs que l'on doit ne jamais oublier de s'offrir.

Autres billets sur Le plaisir de vivre :
Le pardon
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 10:57
De l'emprise à la résiliencePage 290

SPIP : Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation

Contenu du programme et des séances avec les participants

• La première séance est consacrée à la présentation des objectifs et règles de fonctionnement régissant le groupe de parole (en effet, même si ces règles auront fait l'objet d'une présentation individuelle dans le cadre d'un entretien avec le travailleur social référent, il semble important de les reprendre de manière collective).

• La seconde séance permet à chacun de se présenter, en précisant les motifs de sa condamnation et la raison de sa présence au sein du groupe (contrainte, motivation personnelle…).

• Phase de réflexion générale autour du phénomène de violence inrrafamiliale, à partir de différentes questions du type :

– qu'est-ce que les violences intrafamiliales ? Qualifications juridiques et répression pénale ;

– qu'est-ce qui, au sein de la famille, serait susceptible d'amener à adopter un comportement violent ? (nature de la relation à l'autre, jalousie…) ;

– dans quel contexte peur-on être amené à se montrer plus facilement violent au sein de la famille ? (alcoolisation, difficultés économiques ou professionnelles, fatigue, stress…) ;

– comment peut se manifester la violence? (réflexion violence physique – violence morale – violence sexuelle).

• Reconstitution pour chacun de la chaîne délictuelle. Ce travail d'investigation a pour vocation de décortiquer de manière précise le passage à l'acte, en mettant en lumière l'enchaînement des différentes actions en les rattachant au maximum à des sentiments ou émotions.

• Analyse des situations à risque - développement de techniques d'évitement ou de gestion du risque.

• Travail autour du déni et de la minimisation des faits : développement de techniques susceptibles de surmonter le déni avec des réflexions de type : « Sans parler de votre expérience personnelle, qu'est-ce qui pourrait, selon vous, justifier ce type d'actes ? »

• Matrice de décision : il s'agit de faire la balance entre les conséquences positives et les conséquences négatives susceptibles d'être générées à l'occasion de tels comportements.

• Développement de l'empathie à l'égard de la ou des victimes (victimes directes ou indirectes en tenant compte des conséquences éventuelles à l'égard des autres membres de la famille). Il s'agit d'un aspect important vis-à-vis des enfants exposés aux violences domestiques.

 


 

Autres billets sur le livre de Jean-Pierre Vouche
1/ De l'emprise à la résilience
2/ Rupture des registres communicationnels
3/ Langage d'injonction en matière d’emprise
4/ Les violences intrafamiliales et les violences sexuelles dans les familles
6/ L'espoir de la résilience tient au fait que la parole va arriver à poindre hors de l'emprise
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Published by Jean-Pierre Vouche - dans Psychanalystes
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 18:08
Page 87
Je peux dire que cela leur permet de se décentrer de leur propre souffrance, d'en sortir dans une sorte de sublimation. Ils subissent un destin terrible, mais sont malgré tout ceux qui ne s'en plaignent pas pour protéger des personnes qu'ils aiment. Ils ne le pensent pas en ces termes, mais certains enfants jouent en quelque sorte le rôle de victimes expiatoires. Ils ont le sentiment protéger la famille en faisant en sorte que l'offense qu'ils connaissent ne se divulgue pas et n'éclabousse pas les leurs. Ida exprime dans son témoignage comment elle est parvenue à sublimer sa souffrance.
On sait que cette attitude noble, ce statut de victime psychique se transforment en détermination à parler s'ils ont l'impression que le père a touché une autre petite fille. Nombre de jeunes filles ont parlé après des années, en disant : « Je craignais qu'il touche une autre petite fille. Alors là, non ! »
Le sentiment de la famille, le souci des frères et sœurs plus jeunes, peuvent être assez vifs chez certains enfants pour qu'ils s'oublient eux-mêmes, mais en même temps, la complexité des choses oblige à dire que cette sensibilité n'est pas présente chez toutes les victimes. Certaines grandissent en disant : « Je ne le dis pas parce que cela ferait éclater ma famille », mais beaucoup ne le disent pas parce qu'elles ont ces craintes, ces peurs de la violence, de la menace, cette difficulté à dire, que je viens de développer.
Tous les pères incestueux sont-ils des tyrans ? Ne peuvent-ils jouer sur un autre registre que l'autorité ?
On est en effet parfois en présence de situations plus atypiques, dont je parlerai avec prudence toutefois. Si le père est le plus souvent un tyran détesté que l'on subit en silence, davantage par manque de maturité que par manque de détermination, il arrive aussi qu'il suscite des sentiments contradictoires, ambivalents. On l'aime bien quand même car il peut être attentionné, et l'on voudrait qu'il arrête. La difficulté à dire tient là à ce qu'au fond, on voudrait lui éviter d'être sanctionné, d'être détruit. Celles qui finissent par parler ont alors un discours tout à fait significatif : « Peut-être que s'il avait arrêté, je ne l'aurais pas dit. » On est là au cœur d'un rêve propre à la position de victime, que ce soit de violence sexuelle, conjugale ou autre, fantasme selon lequel l'agression, l'emprise pourraient s'arrêter d'elles-mêmes par une sorte d'autorégulation, ce qui permettrait de ne pas en parler à l'extérieur, ce qui éviterait la déflagration, l'éclatement de la famille, l'écrasement du père ou de l'époux auquel on reste attaché. Voilà un souhait un peu flou, mais qui serait économique pour tout le monde.

Voir aussi les billets concernant le livre de Roland Coutanceau :

1/ Vivre après l'inceste Haïr ou pardonner

2/ Peut-on pardonner ?
3/ Un silence difficile à rompre
4/ Désordres relationnels et sexuels
5/ Le père incestueux
*/ L'enfant investi d'une sorte de mission
6/Les milieux sociaux et culturels
7/ Quelques conséquences sur les survivantes
8/ Le dévoilement

9/ Trois profils des pères incestueux

10/ Les mères

 

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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 22:21
L'Alsace.fr – 1er août 2009

Le Dr Dominique
Provost, psychiatre d’enfants et d’adolescents : « Les agressions sexuelles provoquent chez les enfants une confusion totale : il n’y a plus de différence entre le bien et le mal, la position d’adulte et celle d’enfant. »
Ph
oto Jean-Marc Loos.

Les mises en examen et les condamnations pour viol et agressions sexuelles sur mineurs sont nombreuses, dans notre région et ailleurs. Quelles sont les conséquences pour les victimes ? Explications du Dr Dominique Provost, psychiatre d’enfants et d’adolescents à Strasbourg.

 
 

Vous êtes souvent sollicité comme expert auprès de la cour d’assises de Colmar et vous avez dirigé le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de l’hôpital de Rouffach. Quelles sont les conséquences des agressions sexuelles sur les enfants ?

Se faire agresser est toujours un traumatisme. L’agression au sein de la famille, par un père, un beau-père, un grand-père, un oncle est plus grave qu’une agression sur un parking par un inconnu. Ce qui est traumatisant, c’est le degré de perversion de l’acte.

L’agression n’est souvent pas violente dans les faits, elle peut se dérouler dans une ambiance de jeu. L’agresseur prédateur dit à l’enfant que ce qu’ils font ensemble est bien mais qu’il ne faut en parler à personne. Ces deux messages sont contradictoires et provoquent un conflit psychologique insurmontable chez l’enfant, une confusion totale. Il n’y a plus de différence entre le bien et le mal, entre la position d’adulte et celle d’enfant. L’enfant pense que l’adulte a toujours raison et que ce qui lui arrive est de sa faute.

De son côté, l’agresseur pervers connaît l’interdit mais nie l’avoir franchi : il dit que ce n’est pas lui qui est l’auteur de l’acte, et s’il l’a commis, c’est de la faute à l’enfant.

Quand deux enfants « jouent au docteur », ils pratiquent des jeux sexuels anodins qui font partie de la découverte de leur corps. Quand il y a relation entre un adulte et un enfant, il y a problème car ils ne jouent pas dans la même cour : l’adulte et l’enfant ne font pas la même chose, l’investissement psychique n’est pas le même.


Quels risques courent ces enfants agressés ou violés ?

La psychiatrie n’est pas une science prédictive, mais une science du passé. Quand les psychiatres prédisent, ils se trompent souvent. Ils ne peuvent qu’expliquer les parcours de vie du passé. Certes, il peut y avoir des suites graves pour un jeune soumis à un traumatisme important, mais il y a aussi possibilité de réparation. Il est vrai que des victimes peuvent devenir à leur tour agresseurs ou éprouver des difficultés dans leur vie sexuelle d’adulte, mais ce n’est pas le cas de toutes les victimes.

Il ne faut pas oublier la capacité de résilience de chaque personne, c’est-à-dire la capacité de rebondir, de dépasser l’événement. La thérapie n’est pas un passage obligé pour toutes les victimes, c’est plutôt une réponse à l’angoisse de l’entourage et de la société, un accompagnement. Les parents sont persuadés que leur enfant est détruit.


L’enfant ne révèle pas toujours les faits. Y a-t-il des signes qui indiquent qu’il a été abusé ?

Il peut y avoir des changements de comportement dans la famille, à l’école, avec les camarades. Mais aucune étude n’a pu mettre en évidence des signes réellement indicatifs. Le non-dévoilement des abus ne prédispose pas obligatoirement à de grandes difficultés. On observe que des personnes qui ont dévoilé très tardivement des viols, vingt ou trente ans après les faits, ont eu des parcours de vie pas trop mauvais.

Il n’y a pas de certitude absolue, si ce n’est que la reconstruction ne peut se faire qu’après la fin des abus.

Comment prévenir les enfants des risques d’abus ?

C’est compliqué parce que l’enfant ne peut recevoir l’information sexuelle que quand il y est lui-même préparé. Ce qui est important, c’est que les parents respectent la vraie place de chaque génération dans la famille et la juste place du corps. À partir du moment où ils demandent au jeune enfant de se laver seul, l’enfant apprend qu’il y a quelque chose de plus intime : des limites sont posées.


À qui s’adresser en cas d’agression ?

Toute personne qui a connaissance de sévices est tenue de les signaler au procureur de la République, au président du conseil général, à la police ou à la gendarmerie, sous peine de se rendre coupable de non assistance à personne en danger : on ne peut pas laisser un agresseur sexuel continuer ses agissements. Les parents peuvent aussi s’adresser aux associations Themis ou Accord 68 pour se faire accompagner, eux et l’enfant, dans un parcours long et difficile à vivre.

Propos recueillis par Elisabeth Schulthess


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