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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 03:31

Logo-Hommes-et-Faits.jpgSamedi 30 juin 2012

par Marc André Cotton

Certains concepts font tout particulièrement obstacle à la résolution de nos souffrances. C’est le cas de la « résilience » qui prône l’adaptation sociale au détriment de notre besoin légitime de vérité. Et cet obstacle est souvent préjudiciable aux victimes de graves traumatismes subis dans l’enfance.

Dans un article consacré à la résilience, le psychanalyste et psychiatre Serge Tisseron s’interroge sur l’extraordinaire engouement que cette notion suscite actuellement auprès du public francophone.

« La résilience, écrit-il, qui est en Amérique une vertu sociale associée à la réussite, est devenue en France une forme de richesse intérieure… » 1

Et le critique d’énumérer les « habits neufs » dont on pare aujourd’hui le concept, né de la psychologie sociale américaine : c’est un « merveilleux bijou », longuement secrété et poli par l’organisme de celui qui cultive « l’art de rebondir ». Pourtant, constate encore cet auteur, le résilient peut lui-même devenir une source de traumatismes pour les autres, en particulier ses proches, et « même parfois déployer une grande énergie destructrice ». Alors pourquoi l’idée de résilience paraît-elle si séduisante ?
__________________

1 Serge Tisseron, « Résilience » ou la lutte pour la vie, Le Monde diplomatique, août 2003, http://www.monde-diplomatique.fr/2003/08/TISSERON/10348.

Pour lire l'article, cliquez sur le logo de Hommes et Faits

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Published by Marc André Cotton - dans Résilience critique du concept
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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 09:39

Paris le 29 octobre 2011
Monsieur,
Par la présente, je me vois dans l’obligation de vous écrire sur le champ à la suite d’un courriel reçu hier à 21 heures provenant de Pôle emploi, (voir la copie ci-dessous), sinon je risque de me faire radier, pour la deuxième fois en trois mois.
J’obéis aux ordres du travailler plus pour gagner plus, dans un climat de tension extrême. Pourquoi me proposez-vous un emploi à 35 heures ? puisque notre président nous assène qu’elles sont responsables de tous les mots en omettant que nos petits soucis franco-français sont misères à côté de ce qui s’est passé en 2001, outre les 35 heures : l’entrée de la Chine à l’OMC – organisation mondiale du commerce.
Je commence à très bien connaitre le monde juridique, étant donné que j’ai rendez-vous le 17 novembre aux Prud’hommes pour réclamer la coquette somme de 45 000 euros à mon ancien patron, que Pôle emploi m’avait forcée à rejoindre et que j’ai quitté en juillet, pour rupture abusive de contrat, mise à pied d’un travailleur handicapé (ce qui coûte le double) requalification de contrat à temps plein etc.
D’autre part, j’attends depuis plus d’un mois la fourniture par Pôle emploi d’une attestation de non payement d’une formation à Paris PRES Sorbonne Cité Master 1 d’arts thérapies, qui me permettra de m’inscrire officiellement aux cours que je suis depuis le mois de septembre. Avec l’argent des Prud’hommes, je me paierai ma formation et peut-être aussi un conseiller juridique pour convaincre Pôle emploi de me faire cette attestation.
Ensuite, j’expliquerais à ma conseillère pôle emploi qu’un-e documentaliste a une ou des spécialité-s et qu’il est temps perdu de proposer un emploi en juridique à une personne tournée vers les arts et le handicap.
Ah pardon ! j’oubliai, « c’est la faute à l’ordinateur » que j’ai commencé à pratiquer à Boston University en 1986, mais on entend toujours « les petits français » chanter cette rengaine sans prendre conscience que derrière l’ordinateur, il y a un bonhomme.
Cordialement,

————————————————————

Le 28/10/11 21:07, « Pole Emploi » <ape.75018@pole-emploi.fr> a écrit :
POLE EMPLOI PARIS VAUGIRARD
14 RUE YVART  75015 PARIS
Tél : 3949 (0,11 € TTC max. l’appel hors éventuel surcoût de l’opérateur)                 
N° de dossier 8735797G/92156
 Objet : PROPOSITION D’EMPLOI (offre n°944978L 75018) 20AM Le 28/10/2011
Madame,
 A la recherche d’un emploi, vous vous êtes adressé(e) à Pôle Emploi.  Vous trouverez ci-après le descriptif d’une offre susceptible de vous convenir.  Je vous invite à  envoyer votre CV par mail à
…/…

En cas d’empêchement de votre part, veuillez nous retourner dans les meilleurs délais la présente lettre dûment remplie(1). Au cas vous ne donneriez pas suite à ce courrier, vous vous exposez à être radié(e) de la liste des demandeurs d’emploi (cf. art L5412-1 du code du travail).
Veuillez agréer, Madame, l’assurance de ma considération distinguée.
Le directeur ou la directrice d’agence.
(1) Si vous ne donnez pas suite à cette proposition, veuillez préciser le motif et nous retourner immédiatement la présente lettre.
 Motif : ....................................................................................................................................... ..................................................................................................................................................
 Si un changement est intervenu dans votre situation (travail du .......... au .........., maladie, formation, ....................), cochez obligatoirement l’une des cases suivantes :

Je ne recherche plus d’emploi depuis le : .....................

Je suis toujours à la recherche d’un emploi
 Date : ...../...../.....     Signature
 
OE N°944978L 75018 / 20AM
OFFRE NO : 944978L
ETABLISSEMENT DE 20 A 49 SALARIES
SECTEUR:ACTIVITE TRAVAIL TEMPORAIRE
RECHERCHE POUR UN CONTRAT A DUREE INDETERMINEE
HORAIRES: 35H00 HEBDO
LIEU DE TRAVAIL :
75  PARIS
DOCUMENTALISTE JURIDIQUE                                                                                                                              RECHERCHONS POUR UN CLIENT, CABINET D’AVOCATS, UN(E) DOCUMENTALISTE JURIDIQUE H/F ;
MISSION : GESTION DU FONDS DOCUMENTAIRE, VEILLE, RECHERCHE, ASSISTANTE ET CONSEIL AUX AVOCATS ETC.
PROFIL REQUIS : EXPERIENCE MINIMUM DE 5 ANS EN CABINET D’AVOCATS,
LANGUES : ANGLAIS COURANT EXIGE
TRAIT. TEXTES :  UTILISATION EXPERTE   TABLEUR :  UTILISATION EXPERTE
EXPERIENCE  EXIGEE   DE  3 A  5 ANS
SALAIRE ANNUEL   DE    35000 A    45000 E INDICATIF

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 09:10

Logo-Cyberstrategie-Est-Ouest.jpg

samedi 20 novembre 2010


Pour la provenance de ce terme nouveau dans le lexique des sciences sociales, je ne résiste pas au plaisir de citer M. Cadiou, intervenant régulier sur EGEA, à travers ce passage non dénué d'humour La résilience se définit d’abord dans le domaine de la physico-chimie, où l’on sait exactement ce que ça veut dire parce qu’elle est mesurable. Puis ce mot des sciences dures a été copié par les sciences molles, psychologie, psychiatrie, sociologie, qui espéraient peut-être ainsi acquérir la dureté qui leur manque.
A titre personnel, et pour être parfaitement honnête, je dois l'apprentissage de ce mot à Alliance GéoStratégique (comme quoi je ne fais pas qu'y écrire en pur autiste) après la lecture de l'article Résilience : les sociétés occidentales face à la violence du monde. Il revient d'autant plus à la charge avec la sortie du livre de Joseph Henrotin, La résilience dans l’antiterrorisme aux éditions L'Esprit du livre.

Le rapport avec la choucroute, ou la cyberstratégie de préférence ?
A priori si l'on s'en tenait à la surface des évènements, pas grand chose. A y regarder de plus près, l'on peut déjà comprendre que les deux vont être amenés à s'entremêler.

Faisons par exemple un retour en arrière récent avec le petit bijou qu'était Stuxnet et imaginons-nous ce qu'il pourrait advenir dans le cas d'une attaque majeure paralysant nombre d'installations stratégiques du pays (je vise en particulier la source de toute notre vie économique, l'énergie).

Pour lire la suite du billet, cliquez sur le logo de Cyberstratégie Est-Ouest

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 13:25

Octologo_main_final.pngber 16, 2010

 

Une étude ayant porté sur 2400 personnes a permis de montrer que ceux qui ont dû affronter des évènements négatifs dans leur vie ont une meilleure santé mentale et un meilleur bien-être que ceux qui n'ont pas eu cette confrontation.

Adversity Is Linked to Life Satistaction A certain amount of negative life events is correlated with an overall sense of life satisfaction and happiness. Christie Nicholson reports

.../...

Negative events included serious illness, violence, bereavement, social stress, relationship stress, and disasters like fires, floods, etc. 

Pour lire l'article, cliquez sur le logo de Scintific American

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 20:44

Logo-Le-figaro.fr.jpgAnne Jouan

24/09/2010

…/…

« Dans une société qui fragilise les individus, analyse le sociologue Jean-Claude Kauffman, ces derniers, pour dépasser leurs problèmes, préfèrent des lectures qui ne leur prennent pas la tête aux propos universitaires froids et analytiques. »

Les psychanalystes se montrent plus réservés face à ce concurrent qui vient marcher sur leurs plates-bandes. Certains voient en la résilience la négation de l'inconscient. « Cette notion est sympathique, juge Guy Sapriel, psychiatre et psychanalyste. Mais d'où vient-elle? Du Saint-Esprit ? De la grâce ? Certes, certains d'entre nous disposent d'une forte capacité à rebondir après s'être retrouvés dans des conditions très difficiles. Mais, théoriquement, ce concept n'est pas étayé. »

…/…

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo du Figaro.fr

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 14:46

Logo-de-Sandra-Verdrel.jpgDe prime abord, la notion de résilience évoque la faculté qu’a l’individu de refouler les traumas qui lui sont infligés, afin d’assurer sa survie à court terme.[10] De fait, la résilience n’est jamais absolue et définitive. Elle est modulable par les circonstances de la vie et par le vécu psychique du sujet blessé. Elle peut donc s’effondrer à tout moment en cas de nouveau choc.[11]  Si la personne en détresse, n’a pas acquis «  un Moi suffisamment fort » pour faire face à la perte, par un travail de mentalisation qui permette de donner du SENS  à  la douleur. En prenant le recul nécessaire, pour être à même de répondre à la fameuse question de Sartre :  On ne te demande pas ce qu’on t’a fait !Mais ce que tu as fait avec ce qu’on t’a fait.

[10] Marc-andré  Cotton article « les pièges de la résilience » in  Association française de Pansémiotique. 8/2/2004

[11] Boris Cyrulnik ibidem.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 15:27

mondial-france.jpg

Mercredi 30 juin 2010

Par lepantheongaulois

Dans le vocabulaire scientifico-technocratique d'aujourd'hui, le mot "résilience" fait merveille. Largement galvaudé, il a permis à nombre d'experts de mettre un simple nom sur des concepts souvent flous et difficilement mesurables.

Désormais on trouve cette notion dans des domaines aussi variés que l'informatique, la médecine (notamment la psychologie), l'écologie, l'économie, l'étude des sociétés, le monde de l'entreprise.

 

Quel est le dénominateur commun entre toutes ces utilisations possibles ?

De nos jours la résilience serait une sorte d'aptitude pour un système (objet, personne, groupe) à absorber un choc et à retrouver sa situation initiale. Cette nouvelle définition s'est nettement éloignée de sa première acception tirée de l'industrie car la résilience pourrait même s'appliquer à l'équipe de France de football...

 

D'un côté il est possible de mesurer physiquement et précisemment la résilience en métallurgie : rapport exprimé en joules par cm2, de l'énergie cinétique absorbée qui est nécessaire pour provoquer la rupture d'un métal à la surface de la section brisée : cela a le mérite d'être presque clair.

 

De l'autre il me paraît illusoire de l'appliquer à d'autres domaines : la résilience fait-elle appel à la vitesse donc à une échelle de temps ? Faut-il y voir une notion de seuil ou de coefficient au-delà duquel le système fonctionne malgré des failles, des anomalies, des défaillances (comme en sûreté de fonctionnement) ? Comment mesurer la régénération ou la guérison spontanée d'un système vivant ? Quels indicateurs prendre pour évaluer la résilience d'une société ?  Est-ce qu'après une catastrophe naturelle, une nation souhaite revenir simplement à la situation ante ou bien profiter de l'expérience acquise ? La résilience d'un système est-elle une donnée absolue ou évolutive d'un système ?


Pour lire la suite du billet, cliquez sur le dessin de l'équipe de foot

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 15:45
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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 15:45

Aperçu de la page “Définition résilience” :

LaSerge Tisseron La résilience résilience par Serge Tisseron

Page 7

Le mot latin resilire, qui est à l'origine de « résiliation » et de « résilience », est fabriqué à partir du verbe salire, qui veut dire « sauter », et du…

Lire la page “Définition résilience”

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 07:48

Logo-Psychasoc.jpg

Texte paru dans Le Monde Diplomatique en août 2003

Par Serge Tisseron Psychanalyste et psychiatre, auteur de L’Intimité surexposée Hachette, Paris, 2002, et de Bienfaits des images, Odile Jacob, Paris, 2002

L’idée de quelque chose qui résiste aux pressions sans trop se déformer ou en pouvant retrouver sa forme, un peu comme un ressort, existe aux Etats-Unis depuis longtemps. Paul Claudel écrit d’ailleurs dans L’Elasticité américaine : « Il y a dans le tempérament américain une qualité que l’on traduit là-bas par le mot resiliency, pour lequel je ne trouve pas en français de correspondant exact, car il unit les idées d’élasticité, de ressort, de ressource et de bonne humeur (1). »

Dans le champ de la psychologie, Fritz Redl a introduit le concept d’« ego resilience » en 1969 ; puis a été décrit le phénomène appelé « invulnerable children ». Enfin, au milieu des années 1980, plusieurs ouvrages consacrés à la « résilience » ont été publiés, analysant le destin réussi d’individus que leur enfance catastrophique semblait pourtant promettre à un sombre avenir (2).

Aux Etats-Unis, cependant, rien de comparable à l’extraordinaire engouement que connaît aujourd’hui la France pour ce concept. Pourquoi ? D’abord grâce à un génial tour de passe-passe... La résilience, qui est en Amérique une vertu sociale associée à la réussite, est devenue en France une forme de richesse intérieure... Il ne s’agit plus, comme dans la version américaine, d’orienter sa vie pour connaître le succès, mais de « chercher la merveille (3) » ou encore de « cultiver l’art de rebondir (4) ». Pourtant, sous cette séduisante parure, le produit reste le même.

L’opération « habits neufs » commence avec la métaphore de la perle dans l’huître : celle-ci réagit à l’introduction d’une impureté dans son organisme – par exemple, un grain de sable – par un travail qui aboutit à la fabrication de ce merveilleux bijou qu’est une perle. Nourri par une métaphore aussi précieuse, le mot devient commercial : chacun veut avoir sa perle ! C’est ainsi qu’un collègue, qui évoquait le décès de son père et la « forme éblouissante » de sa mère, s’entendit répondre par une dame : « Oui, c’est vrai, nous autres, les femmes, nous sommes plus "résilientes". » La résilience assimilée à l’adaptation sociale sentirait le soufre, mais comparée à un bijou longuement « sécrété » et poli par l’organisme, elle suscite chez chacun le désir de s’en parer !

Autre exemple. Un tract, distribué à l’entrée d’une université, appelle à une société plus juste et plus égalitaire. Il se termine par cette phrase : « Battons-nous pour une société nouvelle où tout le monde aurait sa chance (grâce à la résilience). »

Le concept, né de la psychologie sociale américaine, n’a aucune difficulté à y retourner : le but n’est plus d’apporter à chacun l’eau courante, des logements salubres, la démocratie et un travail digne, mais... la « résilience » ! A la limite, la pression sociale n’a plus d’importance : ceux qui sont « résilients » rebondiront, les autres pourront toujours avoir affaire au psychologue, au psychiatre ou à un « tuteur » éventuellement bénévole.

Le lecteur juge peut-être qu’il s’agit là d’usages caricaturaux et abusifs qui n’entament en rien la valeur du concept. Nous allons essayer de montrer le contraire.

Le mot « résilience » est d’abord ambigu, car il masque le caractère toujours extrêmement fragile des défenses développées pour faire face aux traumatismes. La résistance psychique s’apparente dans son évolution à la résistance physique face à un cancer connu. Le patient est aidé, traité au mieux, mais nul ne maîtrise ses rechutes possibles. Et c’est seulement lorsque le malade est mort que l’on peut dire, selon les cas, s’il a bien résisté ou non !

Dans le domaine de la résistance psychique aux traumatismes, tout peut toujours basculer de manière imprévisible, notamment sous l’effet d’une expérience existentielle comme le décès d’un proche, l’éloignement d’un être cher ou même un simple déménagement. La « résilience » est peut-être belle comme une perle, mais elle n’est jamais solide. Or le problème réside dans le fait qu’on a pourtant toujours tendance à la considérer comme un fait acquis, ou à acquérir.

Favoriser l’adaptation sociale

Le second reproche qu’on peut faire à l’usage de ce mot est de masquer la grande variété des mécanismes de défense destinés à lutter contre les conséquences d’un traumatisme (5). A un extrême, le traumatisme peut être évoqué répétitivement par des gestes symboliques, des images ou des mots, tandis qu’à l’autre extrême il peut être enfermé au fond de soi dans une sorte de « placard psychique » où on tente de l’oublier. Et dès que l’on prend en compte la vie sociale, tout se complique encore. Certains de ces mécanismes contribuent en effet à renforcer la capacité d’affirmer ses choix personnels, tandis que d’autres poussent à une adhésion inconditionnelle à son groupe.

Enfin, la troisième raison pour laquelle ce concept est discutable est qu’il recouvre des processus d’aménagement des traumatismes qui profitent à la fois à l’individu qui les pratique et à ses proches, et d’autres par lesquels l’ancienne victime d’un traumatisme « rebondit » aux dépens de ceux qui l’entourent.

Cette confusion n’est pas un hasard. La « résilience » est inséparable de la conception d’un « Moi autonome » développée par la psychologie américaine, et qui n’est autre qu’une instance favorisant la réussite des « plus aptes ». La « résilience » est de ce point de vue un concept qui évoque plus la « lutte pour la vie » chère à Darwin que la distinction morale. Et c’est bien là que la confusion menace.

Car, derrière ce mot, le mythe de la Rédemption n’est pas loin, le « résilient » étant censé avoir dépassé la part sombre de ses souffrances pour n’en garder que la part glorieuse et lumineuse. On entend de plus en plus de gens parler de leur « résilience » comme si c’était une qualité à porter à leur crédit, voire quelque chose qui pourrait nourrir l’estime d’eux-mêmes. Mais, à les écouter, on se prendrait parfois volontiers à plaindre leur entourage...

J’ai connu quelqu’un qui avait grandi dans une famille où existait un secret grave. Il en avait d’abord beaucoup souffert, mais avait finalement réussi une promotion fort rapide. Il se disait fier d’être capable de dissimuler avec beaucoup d’habileté le fonctionnement réel de son entreprise aux syndicats, et d’arriver, pour cette raison, à manipuler efficacement ses « employés » – qui étaient symboliquement ses enfants. Cet homme, avec la découverte du mot résilience, avait appris à décrire son parcours d’une manière qui le gratifiait. Réchappé du camp des humiliés et des perdants, où il avait failli basculer, il ne s’était pas laissé « écraser » par ses traumatismes d’enfant, il avait sécrété sa perle. Soit. Mais nous sommes ici du côté de valeurs qui n’ont rien à voir avec la psychologie et tout avec l’adaptation sociale qui fait, aux Etats-Unis, de la réussite l’équivalent de la vertu.

Enfin, non seulement le « résilient » peut devenir une source de traumatismes graves pour les autres, y compris sa propre famille, mais il peut même parfois déployer une grande énergie destructrice. N’oublions pas que les kamikazes du 11 septembre 2001 ont dans l’ensemble été décrits comme de bons maris, de bons parents et éventuellement de bons éducateurs, malgré des parcours personnels pour la plupart difficiles. Bref, ils étaient exemplaires, jusqu’à leur acte suicidaire et meurtrier, d’une solide résilience, comme l’était aussi David Hicks, celui qu’on a surnommé le « taliban australien (6) ».

Si ces auteurs d’attentats-suicides s’étaient sortis de leur passé douloureux, c’était à un prix, celui de devenir des sortes de « monstres dormants », adaptés et généreux, jusqu’à ce que des circonstances exceptionnelles les révèlent, comme cela s’est d’ailleurs passé en Allemagne entre 1933 et 1945, ou en ex-Yougoslavie plus récemment.

Dans la pratique clinique, il n’est pas rare de rencontrer des patients dont l’organisation psychique correspond à ce schéma. Du point de vue de leur existence familiale et sociale, ils semblent avoir parfaitement surmonté leurs graves traumatismes d’enfance. Ils sont « polis, respectueux, sérieux et honnêtes » comme l’était David Hicks (7). Pourtant, leur haine à l’égard de leurs parents ou de leurs éducateurs maltraitants reste intacte et ne demande qu’à être déplacée vers un ennemi que leur groupe leur désigne, permettant du même coup de mettre définitivement hors de cause ces parents ou ces éducateurs.

En pratique, pas plus qu’on ne peut savoir si une guérison apparente est stable ou pas, on ne peut déterminer à quoi correspond un altruisme apparent chez une personne qui a vécu un traumatisme. Il peut en effet résulter d’un dépassement réussi de celui-ci, mais aussi de la mise en sommeil d’une haine inextinguible pouvant conduire, plus tard, à réaliser un acte de violence inexplicable comme moyen de rendre vie à cette partie de soi à laquelle on n’a jamais voulu renoncer.

C’est pourquoi les différents psychanalystes qui se sont intéressés à la résistance aux traumatismes (8) ont renoncé à l’idée de ranger sous un même vocable des phénomènes qui résultent autant de l’environnement que des possibilités psychiques propres à chacun, et qui peuvent contribuer à des personnalités aussi différentes que Staline ou Mère Teresa.

Leur prudence semble avoir été fondée, surtout si l’on en juge par l’usage courant qui est fait maintenant du mot « résilience ». Il paraît correspondre à celui de ces mécanismes qui est à la fois le plus problématique et le plus trompeur, à savoir un clivage soutenu par un lien social capable d’ensommeiller, pour un temps indéterminé, le monstre tapi au creux de personnalités meurtries...

Pour lire la suite de l'article, cliquez sur le logo de Psychasoc

________________________

 

(1) Paul Claudel, Oeuvres en prose, Gallimard, coll.« La Pléiade », Paris, 1965, p. 1205.

(2) Notamment Julius Segal, Winning Life’s toughest Battles. Roots of human Resilience, Mac Grow Hill, New York, 1986 ; et James E. Anthony and Bertram J. Cohler, The Invulnerable Child, Guilford Press, New York, 1987.

(3) Selon l’expression de Boris Cyrulnik dans Un merveilleux malheur, Odile Jacob, Paris, 1999.

(4) Sous-titre de l’ouvrage de Rosette Poletti et Barbara Dobbs, La Résilience, Ed. Jouvence, Saint-Julien-en-Genevois, 2001.

(5) Citons les formes de clivage – compliquées ou non de projection –, le refoulement et les diverses modalités de symbolisation de l’événement traumatique, que ce soit avec des comportements, des images ou des mots.

(6) Le Monde, 29 décembre 2001.

(7) Ibid.

(8) Que ce soit Sandor Ferenczi avec la dynamique du clivage, Anna Freud avec l’étude des mécanismes de défense ou encore Winnicott avec la crainte de l’effondrement comme signe d’une catastrophe psychique qui a déjà eu lieu dans le passé du sujet.


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